1. "Nous ne serons pas réduits au silence" Donald Trump (6 janvier)

Pourtant, deux jours après ce tweet - envoyé le 6 janvier -, Donald Trump était banni "de façon permanente" de Twitter. L'ancien président américain n'en était pas à sa première outrance, mais cette provocation aura été celle de trop. En refusant de reconnaître sa défaite à l'élection de novembre 2020 face à Joe Biden, Trump et ses petits messages auront incité des milliers d'émeutiers radicaux à envahir le Capitole, le 6 janvier. Un assaut qui aura provoqué cinq décès.

2. "Le royaume de la liberté est en vue" Frank Vandenbroucke (10 janvier)

La vaccination des Belges venait tout juste de débuter et le ministre de la Santé, dans la presse, avait emprunté cette formule à Marx. Frank Vandenbroucke considérait alors que le "pays fatigué" serait bientôt au bout de ses peines covidiennes, grâce à la double injection tant attendue. Plus tard, le socialiste flamand fera son mea culpa, admettant qu'il s'agissait d'une "déclaration spontanée" lancée "dans un moment d'euphorie" depuis retombé. Les Belges l'avaient probablement remarqué.

3. "Très soulagé..." François Fornieri (27 janvier)

Six jours et six nuits en prison. L'ancien CEO de l'entreprise pharmaceutique Mithra - qui démissionnera peu après - n'aura dit que deux mots à sa libération, le 27 janvier, mais c'est toujours deux de plus que Stéphane Moreau, également incarcéré cet hiver-là à la suite de l'affaire Nethys, comme d'autres anciens responsables de l'entreprise publique, tous cernés par une enquête menée par le juge d'instruction Frédéric Frenay. Toujours en cours.

4. "Ils disent que je suis folle" Britney Spears (11 février)

Free Britney! Depuis 2008, la chanteuse américaine était placée sous la tutelle de son père. Une décision qu'elle avait fini par contester en justice. En février, dans un message Instagram, elle avait fait passer ce message caché dans une vidéo, adressée à ceux qui l'estimaient incapable de gérer ses avoirs. Elle finira, fin d'année, par remporter cette bataille judiciaire.

5. "Je ne respecte plus la bulle de un" Jean-Marc Nollet (25 février)

Homme politique inconscient ou homme tout court, à bout lors de ce deuxième confinement qui n'en finissait plus, depuis l'automne 2020? La sortie de Jean-Marc Nollet sur La Première, le 25 février, n'était sans doute pas un dérapage incontrôlé ; pas le genre du très contrôlé coprésident d'Ecolo. Le débat politique sur la pertinence des mesures était rouvert, mais il aura fallu attendre le... 8 mai pour que la fameuse "bulle de un" éclate.

6. "Le dossier ne permet pas de démontrer un enrichissement personnel" Affaire Mathot, 25 février

En 2018, à Liège, 12 hommes étaient condamnés dans le dossier Intradel. Accusés, entre autres, d'avoir corrompu Alain Mathot, ancien député et bourgmestre de Seraing, qui n'était lui pas sur le banc des accusés, protégé par son immunité. Le jugement ira même jusqu'à affirmer que le socialiste avait empoché 700 000 euros. Pourtant, 3 ans plus tard, lors de son procès (n'étant plus élu donc plus couvert par une quelconque immunité), la justice liégeoise affirmera qu'il n'y a pas eu corruption. Bien que le corrupteur avait été condamné pour ces faits... 13 ans de procédure et deux vérités judiciaires.

7. "Je ne baisserai pas la tête. C'est une injustice" Nicolas Sarkozy (début mars)

Trois ans de prison, dont un ferme, pour corruption et trafic d'influence: la sentence est tombée début mars, dans l'affaire des écoutes. D'autres auraient marché la tête moins haute. D'autant que, six mois plus tard, Nicolas Sarkozy était à nouveau condamné à un an de prison ferme, lors du procès Bygmalion, suite au financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Une autre injustice ?

8. "Il y a eu des conversations quant à savoir à quel point sa peau serait foncée une fois qu'il serait né" Meghan Marckle (8 mars)

Shocking! Oprah Winfrey l'était aussi, choquée, en entendant cette confidence de l'ancien couple princier britannique dans son émission, le 8 mars, faisant référence à la couleur de peau du premier enfant de Harry et Meghan, Archie. Apparemment, la Couronne anglaise n'aime que la couleur de ses propres joyaux.

9. "Hum?!?" Ursula von der Leyen (6 avril)

Une onomatopée vaut parfois plus qu'un long discours. Sous les flashs et les caméras, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Charles Michel, président du Conseil européen, entouraient le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 6 avril, lors d'une rencontre à Istanbul. Au moment de s'asseoir, les deux hommes s'avancent, une chaise chacun autour des drapeaux. Et Ursula von der Leyen reste debout. Manifestement très irritée de devoir s'installer à l'écart, sur un canapé. Le #sofagate était né.

10. "Le virus s'en fiche, des déclarations politiques. Et la population aussi, je crois" Frank Vandenbroucke (17 avril)

Bulle de un, Horeca fermé, activités très limitées... Souvenez-vous, le printemps dernier. Dans L'Echo, le 17 avril, le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) donnait une (rare) interview sur les mesures sanitaires en vigueur. Et prononçait cette phrase, de son ton professoral. Les déclarations politiques, elles, se fichent apparemment peu du virus...

11. "J'ai dîné dans la semaine dans 2-3 restaurants clandestins" Pierre-Jean Chalençon (avril)

12. "Ils vont vite rentrer chez eux manger des frites" Des chroniqueurs sportifs français (début juin)

Oui, et alors ? Alors la France était reconfinée, le printemps dernier. Et tous les restaurants étaient censés être fermés depuis plusieurs mois. Pierre-Jean Chalençon, personnalité médiatique mineure jusqu'alors, déclarera même y avoir croisé "quelques ministres", dans ces restaurants clandestins. Une émission de M6, filmée en caméra cachée, l'accusait d'avoir lui-même organisé quelques sauteries non-autorisées. Il sera perquisitionné et placé en garde à vue.

Effectivement, les Diables Rouges sont rentrés chez eux rapidement, lors de l'Euro de foot en juin. Plus vite qu'espéré par l'équipe nationale, soit en quart de finale face à l'Italie, qui remportera la compétition. N'en déplaise à ces chroniqueurs télé qui, le 12 juin, s'étaient allègrement moqués de Thomas Meunier, qui affichait les ambitions belges.

13. "La discussion n'est pas : "Est-ce qu'on remet en cause la séparation de l'Eglise et de l'Etat ?" mais plutôt : "Comment la décline-t-on avec un changement démographique ?"" Ihsane Haouach (5 juillet)

Six semaines: la nomination d'Ihsane Haouach au poste de commissaire au gouvernement à l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes n'a pas résisté à la pression suite à cette interview que l'intéressée avait accordée au Soir, le 5 juillet. Elle avait démissionné dans la foulée, également après que des soupçons de proximité avec les Frères musulmans aient été portés. Mais les polémiques sur le port du voile, elles, auront perduré plus longtemps.

14. "C'est le plus beau jour de la vie" Jeff Bezos (22 juillet)

Le voyage dans l'espace du milliardaire Jeff Bezos, le 22 juillet dernier, n'aura duré que 11 minutes. Ce qui n'a pas empêché l'américain, de retour sur le plancher des civils désargentés, de déclarer qu'il s'agissait-là du "plus beau jour de sa vie".

15. "La guerre est terminée, tout le monde est pardonné" Zabihullah Mujahid (17 août)

Les talibans ont peut-être pardonné, comme l'a assuré Zabihullah Mujahid, leur porte-parole, lors de leur prise de pouvoir le 17 août. Mais le monde pourra-t-il leur pardonner leur politique répressive, discriminante et peut-être même violente à l'égard des femmes et des opposants politiques?

16. "On tire sur le pianiste alors qu'il a bien joué sa partition" Hervé Jamar (12 août)

Alors que les affluents de la Meuse prenaient possession de quartiers entiers dans tant de communes liégeoises, Hervé Jamar rentrait de vacances, le 15 juillet. Plutôt que de reprendre tout de suite la main dans la gestion de crise, le gouverneur de la Province de Liège la laissera à sa remplaçante. Mais le libéral ne comprendra jamais les critiques qui lui seront adressées ensuite, en témoigne cet extrait de l'interview qu'il avait accordée au Vif en août.

Inondations à Liège, le 15 juillet 2021. En quelques heures, certain·e·s ont beaucoup voire tout perdu.
Inondations à Liège, le 15 juillet 2021. En quelques heures, certain·e·s ont beaucoup voire tout perdu.

17 "Je refuse que l'on glisse vers une société du pass" Georges-Louis Bouchez (12 août)

Avec le MR, pas de pass sanitaire ! Le président des libéraux, Georges-Louis Bouchez, l'avait scandé sur Twitter, puis répété lors d'une interview à la DH le 12 août. Le 1er novembre, le Covid Safe Ticket était imposé en Belgique...

18. "Dans un an, pour la première fois, la rentrée se fera le 29 août" Caroline Désir (fin août)

La crise sanitaire aura au moins eu cet effet bénéfique-là: accélérer une réforme qui traînait depuis plus de vingt ans. Soit celle des rythmes scolaires, qui allongera les vacances d'automne et de printemps, mais réduira celles d'été dès la rentrée des classes 2022, annonçait, fin août, la ministre de l'Education en Fédération Wallonie-Bruxelles. La Flandre, elle, a préféré rester à l'ancien système. La Covid ne permet pas non plus tous les miracles institutionnels.

19. "On verra ça plus tard" Jean-Louis Périès (8 septembre)

Tout le monde pensait qu'il se tairait, mais le placement à l'isolement de Salah Abdeslam à la suite des attentats de Paris du 13 novembre 2016 lui avait apparemment donné envie de s'exprimer, à l'ouverture du procès le 8 septembre dernier. Pas pour formuler remords ou regrets, mais bien pour "témoigner qu'il n'y a pas d'autre dieu qu'Allah, et [que] Mohamed est son prophète". Une déclaration vite balayée par le placide "On verra ça plus tard", du président de la cour d'assises, Jean-Louis Périès.

20. "Cette épidémie devient une épidémie de non-vaccinés" Alexander De Croo (17 septembre)

17 septembre. Dix-septième Codeco de l'année. Ou était-ce le seizième? Le dix-huitième? L'automne sanitaire allait débuter et le taux de vaccination était encore trop bas (surtout en Wallonie et à Bruxelles) au goût du Premier ministre, qui paraphrase alors Joe Biden. Pas de chance: trois mois plus tard, les communes les mieux vaccinées sont désormais celles où l'incidence du virus est la plus importante.

21. "Facebook affaiblit les démocraties" Frances Haugen (début octobre)

Octobre, un sale mois pour Facebook. Une panne mondiale de plusieurs heures et de fracassantes révélations de l'une de ses anciennes cadres, Frances Haugen. En démissionnant, elle avait emporté dans ses cartons des millions de documents compromettants pour l'entreprise américaine, accusée d'être parfaitement consciente des dégâts sociaux qu'elle cause et de ne pas agir, pour préserver ses profits. Mais ces révélations n'auront pas égratigné la popularité du réseau social auprès de ses utilisateurs...

22. "On n'est pas riche avec 6 000 euros par mois" Georges-Louis Bouchez (17 octobre)

Evidemment, Georges-Louis Bouchez en gagne plus de 18 000 par mois, des euros. N'empêche que, statistiquement, n'en déplaise au président du MR qui se prononçait le 17 octobre sur l'avantage fiscal des secondes résidences, 90% de la population belge gagne mensuellement moins de 5 886 euros. Si ce n'est pas de la richesse, ça y ressemble.

23. "La Belgique n'est pas le Far West des données mais parfois, on y croise quelques cowboys" Mathieu Michel (20 octobre)

Interrogé par des députés sur les failles du système Helena et les dangers concernant la protection de la vie privée, le secrétaire d'Etat Mathieu Michel (MR) avait eu ces mots imagés. Pan, Frank Robben, grand manitou des données belges ?

24. "On voyait des régions entières qui brûlaient" Thomas Pesquet (4 novembre)

Même à quatre cents kilomètres d'altitude, Thomas Pesquet voyait les flammes, depuis le hublot de la station spatiale où l'astronaute français a passé six mois. Celles qui ravageaient le Canada, puis la Californie, puis la Grèce, a-t-il expliqué au président Emmanuel Macron, quelques jours avant son retour sur Terre, le 4 novembre.

25. "Bla, bla, bla" Greta Thunberg (début novembre)

Qu'aura-t-on retenu de la COP26 de Glasgow, début novembre? Rien (ou si peu), si ce n'est ce tweet de Greta Thunberg au lendemain du grand raout climatique. Beaucoup de paroles, peu d'actes, si ce n'est cette décision des pays participants: se retrouver l'année prochaine pour la COP27. Avec des objectifs plus ambitieux. Promis! Cette punchline de la Suédoise a, par ailleurs, été élue "phrase de l'année 2021" par les lecteurs du Vif.

26. "Les vaccins actuels ne permettent pas d'envisager une obligation" Yves Coppieters (16 novembre)

Publiée le 16 novembre, l'interview d'Yves Coppieters (ULB) aura directement été l'un des articles les plus lus de l'année sur levif.be. L'épidémiologiste y évoque le fait qu'avant de rendre un vaccin obligatoire pour toute une population, il faut d'abord s'assurer de son innocuité, ce qui, selon lui, n'est pas le cas pour l'instant. Ce qui n'empêche pas la thématique de la vaccination obligatoire de revenir à intervalles (très) réguliers dans les discussions politiques.

Lire aussi: CDH pour, MR et PTB contre... La position des partis concernant la vaccination obligatoire

27. "J'ai maintenant reçu tellement de menaces de mort que je peux tapisser la maison" JK Rowling (22 novembre)

En novembre, trois activistes se prenaient en photo devant une maison avant de divulguer l'adresse de celle-ci sur Twitter. Cette habitation, c'était celle de JK Rowling, auteure et créatrice de la saga Harry Potter. Dont les livres font désormais moins réagir que certaines déclarations jugées transphobes. Mais qui, malgré ces menaces de mort à répétition, a aussi tweeté le 22 novembre qu'elle "continuerait à s'exprimer".

J.K. Rowling à la première de la pièce Harry Potter and the Cursed Child., REUTERS/Neil Hall
J.K. Rowling à la première de la pièce Harry Potter and the Cursed Child. © REUTERS/Neil Hall

28. "Le danger aujourd'hui, pour les femmes, ce n'est pas un hypothétique patriarcat blanc" Eric Zemmour (30 novembre)

Et si le danger, pour la France, était la candidature d'Eric Zemmour à l'élection présidentielle, officialisée le 30 novembre dernier, et les idées d'extrême droite que l'ancien journaliste défend?

29. "On ne faisait pas grand-chose en classe" Jan Jambon (3 décembre)

Quatre comités de concertation rien que pour le seul mois de décembre: sans doute un record, pour les autorités du pays. Lors de celui du vendredi 3 décembre, la fermeture anticipée des écoles une semaine avant les vacances de Noël fut décidée. Et, lors de la conférence de presse annonçant cette mesure, le ministre-président flamand N-VA, Jan Jambon, avait voulu ironiser. "Soyons honnêtes: cela n'aura pas un grand impact éducatif [...] Je me souviens, quand j'étais moi-même élève, on ne faisait pas grand-chose en classe". Le corps enseignant avait tellement apprécié que l'élu s'était ensuite excusé...

30. "Nous ne fermerons pas" Les Grignoux (23 décembre)

22 décembre. Avant dernier Codeco de l'année, mais les Belges l'ignorent encore. Ils pensent que ce sera le dernier, puis les congés, puis 2022. Ils craignaient le retour de la bulle, ils auront... la fermeture des cinémas et des théâtres. Mais certains de ceux-ci font de la résistance, à commencer par les Grignoux (4 salles à Liège et Namur). Et bientôt suivis par une nonantaine d'autres. Le Conseil d'Etat finira par annuler les mesures sanitaires et le Codeco devra une dernière fois se réunir pour annuler ses propres décisions. Même pas un communiqué de presse pour expliquer ce rétropédalage. Ou comment finir politiquement l'année 2021 la queue entre les jambes.

Pourtant, deux jours après ce tweet - envoyé le 6 janvier -, Donald Trump était banni "de façon permanente" de Twitter. L'ancien président américain n'en était pas à sa première outrance, mais cette provocation aura été celle de trop. En refusant de reconnaître sa défaite à l'élection de novembre 2020 face à Joe Biden, Trump et ses petits messages auront incité des milliers d'émeutiers radicaux à envahir le Capitole, le 6 janvier. Un assaut qui aura provoqué cinq décès.La vaccination des Belges venait tout juste de débuter et le ministre de la Santé, dans la presse, avait emprunté cette formule à Marx. Frank Vandenbroucke considérait alors que le "pays fatigué" serait bientôt au bout de ses peines covidiennes, grâce à la double injection tant attendue. Plus tard, le socialiste flamand fera son mea culpa, admettant qu'il s'agissait d'une "déclaration spontanée" lancée "dans un moment d'euphorie" depuis retombé. Les Belges l'avaient probablement remarqué.Six jours et six nuits en prison. L'ancien CEO de l'entreprise pharmaceutique Mithra - qui démissionnera peu après - n'aura dit que deux mots à sa libération, le 27 janvier, mais c'est toujours deux de plus que Stéphane Moreau, également incarcéré cet hiver-là à la suite de l'affaire Nethys, comme d'autres anciens responsables de l'entreprise publique, tous cernés par une enquête menée par le juge d'instruction Frédéric Frenay. Toujours en cours.Free Britney! Depuis 2008, la chanteuse américaine était placée sous la tutelle de son père. Une décision qu'elle avait fini par contester en justice. En février, dans un message Instagram, elle avait fait passer ce message caché dans une vidéo, adressée à ceux qui l'estimaient incapable de gérer ses avoirs. Elle finira, fin d'année, par remporter cette bataille judiciaire. Homme politique inconscient ou homme tout court, à bout lors de ce deuxième confinement qui n'en finissait plus, depuis l'automne 2020? La sortie de Jean-Marc Nollet sur La Première, le 25 février, n'était sans doute pas un dérapage incontrôlé ; pas le genre du très contrôlé coprésident d'Ecolo. Le débat politique sur la pertinence des mesures était rouvert, mais il aura fallu attendre le... 8 mai pour que la fameuse "bulle de un" éclate. En 2018, à Liège, 12 hommes étaient condamnés dans le dossier Intradel. Accusés, entre autres, d'avoir corrompu Alain Mathot, ancien député et bourgmestre de Seraing, qui n'était lui pas sur le banc des accusés, protégé par son immunité. Le jugement ira même jusqu'à affirmer que le socialiste avait empoché 700 000 euros. Pourtant, 3 ans plus tard, lors de son procès (n'étant plus élu donc plus couvert par une quelconque immunité), la justice liégeoise affirmera qu'il n'y a pas eu corruption. Bien que le corrupteur avait été condamné pour ces faits... 13 ans de procédure et deux vérités judiciaires.Trois ans de prison, dont un ferme, pour corruption et trafic d'influence: la sentence est tombée début mars, dans l'affaire des écoutes. D'autres auraient marché la tête moins haute. D'autant que, six mois plus tard, Nicolas Sarkozy était à nouveau condamné à un an de prison ferme, lors du procès Bygmalion, suite au financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Une autre injustice ?Shocking! Oprah Winfrey l'était aussi, choquée, en entendant cette confidence de l'ancien couple princier britannique dans son émission, le 8 mars, faisant référence à la couleur de peau du premier enfant de Harry et Meghan, Archie. Apparemment, la Couronne anglaise n'aime que la couleur de ses propres joyaux.Une onomatopée vaut parfois plus qu'un long discours. Sous les flashs et les caméras, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Charles Michel, président du Conseil européen, entouraient le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 6 avril, lors d'une rencontre à Istanbul. Au moment de s'asseoir, les deux hommes s'avancent, une chaise chacun autour des drapeaux. Et Ursula von der Leyen reste debout. Manifestement très irritée de devoir s'installer à l'écart, sur un canapé. Le #sofagate était né.Bulle de un, Horeca fermé, activités très limitées... Souvenez-vous, le printemps dernier. Dans L'Echo, le 17 avril, le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) donnait une (rare) interview sur les mesures sanitaires en vigueur. Et prononçait cette phrase, de son ton professoral. Les déclarations politiques, elles, se fichent apparemment peu du virus...Oui, et alors ? Alors la France était reconfinée, le printemps dernier. Et tous les restaurants étaient censés être fermés depuis plusieurs mois. Pierre-Jean Chalençon, personnalité médiatique mineure jusqu'alors, déclarera même y avoir croisé "quelques ministres", dans ces restaurants clandestins. Une émission de M6, filmée en caméra cachée, l'accusait d'avoir lui-même organisé quelques sauteries non-autorisées. Il sera perquisitionné et placé en garde à vue. Effectivement, les Diables Rouges sont rentrés chez eux rapidement, lors de l'Euro de foot en juin. Plus vite qu'espéré par l'équipe nationale, soit en quart de finale face à l'Italie, qui remportera la compétition. N'en déplaise à ces chroniqueurs télé qui, le 12 juin, s'étaient allègrement moqués de Thomas Meunier, qui affichait les ambitions belges. Six semaines: la nomination d'Ihsane Haouach au poste de commissaire au gouvernement à l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes n'a pas résisté à la pression suite à cette interview que l'intéressée avait accordée au Soir, le 5 juillet. Elle avait démissionné dans la foulée, également après que des soupçons de proximité avec les Frères musulmans aient été portés. Mais les polémiques sur le port du voile, elles, auront perduré plus longtemps.Le voyage dans l'espace du milliardaire Jeff Bezos, le 22 juillet dernier, n'aura duré que 11 minutes. Ce qui n'a pas empêché l'américain, de retour sur le plancher des civils désargentés, de déclarer qu'il s'agissait-là du "plus beau jour de sa vie". Les talibans ont peut-être pardonné, comme l'a assuré Zabihullah Mujahid, leur porte-parole, lors de leur prise de pouvoir le 17 août. Mais le monde pourra-t-il leur pardonner leur politique répressive, discriminante et peut-être même violente à l'égard des femmes et des opposants politiques?Alors que les affluents de la Meuse prenaient possession de quartiers entiers dans tant de communes liégeoises, Hervé Jamar rentrait de vacances, le 15 juillet. Plutôt que de reprendre tout de suite la main dans la gestion de crise, le gouverneur de la Province de Liège la laissera à sa remplaçante. Mais le libéral ne comprendra jamais les critiques qui lui seront adressées ensuite, en témoigne cet extrait de l'interview qu'il avait accordée au Vif en août.Avec le MR, pas de pass sanitaire ! Le président des libéraux, Georges-Louis Bouchez, l'avait scandé sur Twitter, puis répété lors d'une interview à la DH le 12 août. Le 1er novembre, le Covid Safe Ticket était imposé en Belgique...La crise sanitaire aura au moins eu cet effet bénéfique-là: accélérer une réforme qui traînait depuis plus de vingt ans. Soit celle des rythmes scolaires, qui allongera les vacances d'automne et de printemps, mais réduira celles d'été dès la rentrée des classes 2022, annonçait, fin août, la ministre de l'Education en Fédération Wallonie-Bruxelles. La Flandre, elle, a préféré rester à l'ancien système. La Covid ne permet pas non plus tous les miracles institutionnels.Tout le monde pensait qu'il se tairait, mais le placement à l'isolement de Salah Abdeslam à la suite des attentats de Paris du 13 novembre 2016 lui avait apparemment donné envie de s'exprimer, à l'ouverture du procès le 8 septembre dernier. Pas pour formuler remords ou regrets, mais bien pour "témoigner qu'il n'y a pas d'autre dieu qu'Allah, et [que] Mohamed est son prophète". Une déclaration vite balayée par le placide "On verra ça plus tard", du président de la cour d'assises, Jean-Louis Périès.17 septembre. Dix-septième Codeco de l'année. Ou était-ce le seizième? Le dix-huitième? L'automne sanitaire allait débuter et le taux de vaccination était encore trop bas (surtout en Wallonie et à Bruxelles) au goût du Premier ministre, qui paraphrase alors Joe Biden. Pas de chance: trois mois plus tard, les communes les mieux vaccinées sont désormais celles où l'incidence du virus est la plus importante. Octobre, un sale mois pour Facebook. Une panne mondiale de plusieurs heures et de fracassantes révélations de l'une de ses anciennes cadres, Frances Haugen. En démissionnant, elle avait emporté dans ses cartons des millions de documents compromettants pour l'entreprise américaine, accusée d'être parfaitement consciente des dégâts sociaux qu'elle cause et de ne pas agir, pour préserver ses profits. Mais ces révélations n'auront pas égratigné la popularité du réseau social auprès de ses utilisateurs...Evidemment, Georges-Louis Bouchez en gagne plus de 18 000 par mois, des euros. N'empêche que, statistiquement, n'en déplaise au président du MR qui se prononçait le 17 octobre sur l'avantage fiscal des secondes résidences, 90% de la population belge gagne mensuellement moins de 5 886 euros. Si ce n'est pas de la richesse, ça y ressemble.Interrogé par des députés sur les failles du système Helena et les dangers concernant la protection de la vie privée, le secrétaire d'Etat Mathieu Michel (MR) avait eu ces mots imagés. Pan, Frank Robben, grand manitou des données belges ? Même à quatre cents kilomètres d'altitude, Thomas Pesquet voyait les flammes, depuis le hublot de la station spatiale où l'astronaute français a passé six mois. Celles qui ravageaient le Canada, puis la Californie, puis la Grèce, a-t-il expliqué au président Emmanuel Macron, quelques jours avant son retour sur Terre, le 4 novembre.Qu'aura-t-on retenu de la COP26 de Glasgow, début novembre? Rien (ou si peu), si ce n'est ce tweet de Greta Thunberg au lendemain du grand raout climatique. Beaucoup de paroles, peu d'actes, si ce n'est cette décision des pays participants: se retrouver l'année prochaine pour la COP27. Avec des objectifs plus ambitieux. Promis! Cette punchline de la Suédoise a, par ailleurs, été élue "phrase de l'année 2021" par les lecteurs du Vif.Publiée le 16 novembre, l'interview d'Yves Coppieters (ULB) aura directement été l'un des articles les plus lus de l'année sur levif.be. L'épidémiologiste y évoque le fait qu'avant de rendre un vaccin obligatoire pour toute une population, il faut d'abord s'assurer de son innocuité, ce qui, selon lui, n'est pas le cas pour l'instant. Ce qui n'empêche pas la thématique de la vaccination obligatoire de revenir à intervalles (très) réguliers dans les discussions politiques.Lire aussi: CDH pour, MR et PTB contre... La position des partis concernant la vaccination obligatoireEn novembre, trois activistes se prenaient en photo devant une maison avant de divulguer l'adresse de celle-ci sur Twitter. Cette habitation, c'était celle de JK Rowling, auteure et créatrice de la saga Harry Potter. Dont les livres font désormais moins réagir que certaines déclarations jugées transphobes. Mais qui, malgré ces menaces de mort à répétition, a aussi tweeté le 22 novembre qu'elle "continuerait à s'exprimer". Et si le danger, pour la France, était la candidature d'Eric Zemmour à l'élection présidentielle, officialisée le 30 novembre dernier, et les idées d'extrême droite que l'ancien journaliste défend?Quatre comités de concertation rien que pour le seul mois de décembre: sans doute un record, pour les autorités du pays. Lors de celui du vendredi 3 décembre, la fermeture anticipée des écoles une semaine avant les vacances de Noël fut décidée. Et, lors de la conférence de presse annonçant cette mesure, le ministre-président flamand N-VA, Jan Jambon, avait voulu ironiser. "Soyons honnêtes: cela n'aura pas un grand impact éducatif [...] Je me souviens, quand j'étais moi-même élève, on ne faisait pas grand-chose en classe". Le corps enseignant avait tellement apprécié que l'élu s'était ensuite excusé...22 décembre. Avant dernier Codeco de l'année, mais les Belges l'ignorent encore. Ils pensent que ce sera le dernier, puis les congés, puis 2022. Ils craignaient le retour de la bulle, ils auront... la fermeture des cinémas et des théâtres. Mais certains de ceux-ci font de la résistance, à commencer par les Grignoux (4 salles à Liège et Namur). Et bientôt suivis par une nonantaine d'autres. Le Conseil d'Etat finira par annuler les mesures sanitaires et le Codeco devra une dernière fois se réunir pour annuler ses propres décisions. Même pas un communiqué de presse pour expliquer ce rétropédalage. Ou comment finir politiquement l'année 2021 la queue entre les jambes.