Des vacances d'été raccourcies à sept semaines. Des congés d'automne, d'hiver de printemps passant de une à deux à deux semaines. Voilà l'essentiel de la modification fondamentale des rythmes scolaires annoncée cette semaine par Caroline Désir (PS), ministre francophone de l'Education. "L'année scolaire actuelle n'est pas adaptée aux besoins de l'enfant", justifie-t-elle. Cette réforme structrurelle, si tout va bien, doit entre en vigueur au début de l'année scolaire 2022-23.
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Des vacances d'été raccourcies à sept semaines. Des congés d'automne, d'hiver de printemps passant de une à deux à deux semaines. Voilà l'essentiel de la modification fondamentale des rythmes scolaires annoncée cette semaine par Caroline Désir (PS), ministre francophone de l'Education. "L'année scolaire actuelle n'est pas adaptée aux besoins de l'enfant", justifie-t-elle. Cette réforme structrurelle, si tout va bien, doit entre en vigueur au début de l'année scolaire 2022-23.De nombreuses réactions saluent l'initiative. "Tout changement provoque des résistances mais celui-ci est positif car il prend en compte les besoins des enfants", ramasse un internaute, qui résume un sentiment largement partagé. D'autres soulignent qu'il est heureux de voir que l'on continue à prendre des décisions de politique de fond, en dépit de cette pandémie qui occulte tout depuis un an. Même si, pour être de bon compte, il convient de rappeler que cette réforme sur les rythmes scolaires s'apparente à un Monstre du Loch Ness de la politique francophone et figurait au menu du Pacte d'excellence - le débat est, en réalité, arrivé à maturité politique.Dans les colonnes du Soir, ce vendredi, un chronopsychologue français, François Testu, exprime tout le bien qu'il pense de la réforme. "Le schéma proposé par votre gouvernement va permettre d'être au plus près des intérêts de l'élève, de favoriser les apprentissages via le respect des rythmes biologiques", dit-il.Ce spécialiste du tyhme biologique explique: "Les études épidémiologiques montrent qu'autour de la Toussaint la période est critique: les gens sont plus souvent malades, ils ont moins le moral, ils sont moins réceptifs, plus vite fatigués... C'est aussi chez l'adulte la période où l'on meurt le plus. On retrouve les mêmes symptômes - quoique moins marqués - fin février, début mars. Ce sont ces périodes que la Belgique francophone a choisies pour permettre aux élèves de lever le pied, et c'est très bien. En fait, le schéma '7 semaines de cours + 2 semaines de congé' permet de respecter les rythmes annuels des jeunes.Toutefois, des critiques vives sont adressées dans le même temps: manque de concertation avec les acteurs, impact négatif pour les parents ou les mouvements de jeunesse, absence de dialogue avec les autres Communautés du pays... Comme pour démontrer la difficulté de mener des réformes structurelles en mettant tout le monde d'accord.Dans l'opposition, le CDH relaie ce sentiment. "Travailler SANS les acteurs autour de l'école pour réformer les rythmes scolaires!!!, s'indigne François Desquesnes, chef de groupe humaniste au parlement wallon. Quelle manque de respect pour les acteurs du secteur de la jeunesse et de l'accueil extrascolaire." "Je me bats depuis des mois pour qu'il y ait une vraie concertation: écoles, parents, mouvements de jeunesse, familles séparées, autres régions..., appuie la députée Mathilde Vandorpe. Oui sur le principe au bénéfice des enfants mais pas n'importe comment."La Fédération des scouts est fâchée par le projet. "Le scénario retenu n'est vraiment pas favorable pour nous car juillet est déjà un mois sous pression pour les camps scouts", entend-on. Les parents se posent des questions: "si on veut que les enfants soient vraiment en vacances, il faut réduire le temps d'emploi de leurs parents". Bref, l'impact, non négligeable, de cette révolution, est pointé du doigt.Au cabinet de Ben Weyts (N-VA), ministre flamand de l'Enseignement, on utilise l'argument pour expliquer la prudence nordiste sur le sujet. "Ce n'est pas une question qui concerne uniquement le monde de l'éducation, précise-t-il à Het Laatste nieuws. La quasi-totalité de notre société est tournée vers les vacances scolaires actuelles. Si nous commençons à déplacer le calendrier, cela aura également des conséquences pour les parents et de nombreux autres secteurs." Et de préciser: "Ce débat ne doit pas avoir lieu au milieu de cette crise qui demande déjà beaucoup au domaine de l'éducation." Pour une fois que la Fédération Wallonie-Bruxelles prend les devant sur la Flandre, ce reproche de "cavalier seul" revient dans bien des bouches... "Le débat vit également en Flandre en ce moment, rétorque Caroline Désir. Quelques experts se sont exprimés en faveur d'une réforme des rythmes scolaires annuels. Ben Weyts dit qu'il n'est pas fermé au débat et qu'il y a de bons arguments pédagogiques derrière... je plaide bien sûr pour une concertation."Comme le dit le proverbe:"On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs."