"Le sage change d'avis et le sot s'entête", dit un proverbe espagnol. Alexander De Croo est-il devenu plus sage ou plutôt sot ? Le Premier ministre semble, en tout cas, avoir changé d'avis concernant la vaccination obligatoire. Jusqu'à présent farouchement opposé, il a laissé entrevoir une évolution de sa position, le 26 décembre dernier, dans une interview accordée au journal flamand De Zondag. "Je crois davantage à la persuasion qu'à l'obligation, répondait-il à la question d'un lecteur. Mais quand on voit qu'il y a cinq fois plus de non-vaccinés en réanimation, on ne peut plus éviter cette question. L'objectif est clair : il faut vacciner tout le monde. Si la voie de la vaccination obligatoire peut aider, alors j'aimerais l'envisager."

Lire aussi: CDH pour, MR et PTB contre... La position des partis concernant la vaccination obligatoire

Cinq fois plus de personnes vaccinées en réanimation ? Le Vif a voulu vérifier cette affirmation, sur base des informations les plus récentes disponibles. Soit le dernier bulletin épidémiologique de Sciensano (l'institut de santé publique).

Premier constat : entre le 13 et le 19 décembre dernier, 2 609 patients hospitalisés pour cause de Covid (soit 20,7% de moins par rapport à la semaine précédente) et 743 personnes en unité de soins intensifs (en abrégé USI, soit en réanimation pour reprendre les termes d'Alexander De Croo).

Mais ces données ne mentionnent pas clairement le pourcentage, parmi ces personnes hospitalisées, de celles qui seraient vaccinées ou non.

Par contre, Sciensano indique deux types de données, dès la page 29 de son rapport : la moyenne journalière du nombre de nouvelles admissions Covid aux soins intensifs par statut vaccinal, ainsi que l'incidence cumulée sur 14 jours du nombre de nouvelles admissions en USI par statut vaccinal. L'incidence cumulée se définit comme le nombre total de cas par 100 000 personnes.

  1. La moyenne journalière du nombre de nouvelles admissions Covid aux soins intensifs : il y en a eu, en moyenne, 23,07 pour les vaccinés (toutes tranches d'âges confondues, la plus représentée étant les 65 ans et plus), entre le 6 et le 19 décembre. Tandis qu'il y a eu 19,79 admissions en moyenne pour les non-vaccinés (la tranche d'âge la plus représentée ici étant les 18-64 ans).
  2. L'incidence cumulée sur 14 jours du nombre de nouvelles admissions en USI par statut vaccinal : chez les vaccinés, cette incidence est de 11,72 admissions/ 100 000 habitants (toutes tranches d'âge confondues). Chez les non-vaccinés, cette incidence est de 81,95 admissions/100 000 habitants (idem). L'incidence chez les non-vaccinés est donc sept fois supérieure à celle chez les personnes vaccinées. Et non cinq fois, comme le sous-entendait le Premier ministre.
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null © Sciensano

Par ailleurs, Sciensano signale que la vaccination complète réduit le risque d'admission en USI par rapport aux personnes non-vaccinées. De 91% chez les 12-17 ans, de 89% chez les 18-64 ans et de 84% chez les +65 ans.

Sciensano mentionne, par contre, la proportion de personnes passées ou non sous l'aiguille parmi l'ensemble des hospitalisations (et non uniquement les soins intensifs). Durant ce mois de décembre, les non-vaccinés représentent 75% des hospitalisations, comme le souligne le graphique ci-dessous. Qui montre que, depuis le début de l'année 2021, ceux qui ont refusé les injections ont largement été majoritaires dans les hôpitaux.

Sciensano
© Sciensano

CONCLUSION

Alexander De Croo dispose peut-être de données non disponibles au public. Mais sur base des informations officielles consultables via Sciensano, l'affirmation selon laquelle il y aurait cinq fois plus de non-vaccinés en réanimation semble donc fausse. Par contre, l'incidence du nombre de nouvelles admissions en USI est 7 fois plus élevée chez les personnes non-vaccinées par rapport à celle chez les personnes vaccinées.

"Le sage change d'avis et le sot s'entête", dit un proverbe espagnol. Alexander De Croo est-il devenu plus sage ou plutôt sot ? Le Premier ministre semble, en tout cas, avoir changé d'avis concernant la vaccination obligatoire. Jusqu'à présent farouchement opposé, il a laissé entrevoir une évolution de sa position, le 26 décembre dernier, dans une interview accordée au journal flamand De Zondag. "Je crois davantage à la persuasion qu'à l'obligation, répondait-il à la question d'un lecteur. Mais quand on voit qu'il y a cinq fois plus de non-vaccinés en réanimation, on ne peut plus éviter cette question. L'objectif est clair : il faut vacciner tout le monde. Si la voie de la vaccination obligatoire peut aider, alors j'aimerais l'envisager."Lire aussi: CDH pour, MR et PTB contre... La position des partis concernant la vaccination obligatoireCinq fois plus de personnes vaccinées en réanimation ? Le Vif a voulu vérifier cette affirmation, sur base des informations les plus récentes disponibles. Soit le dernier bulletin épidémiologique de Sciensano (l'institut de santé publique). Premier constat : entre le 13 et le 19 décembre dernier, 2 609 patients hospitalisés pour cause de Covid (soit 20,7% de moins par rapport à la semaine précédente) et 743 personnes en unité de soins intensifs (en abrégé USI, soit en réanimation pour reprendre les termes d'Alexander De Croo). Mais ces données ne mentionnent pas clairement le pourcentage, parmi ces personnes hospitalisées, de celles qui seraient vaccinées ou non.Par contre, Sciensano indique deux types de données, dès la page 29 de son rapport : la moyenne journalière du nombre de nouvelles admissions Covid aux soins intensifs par statut vaccinal, ainsi que l'incidence cumulée sur 14 jours du nombre de nouvelles admissions en USI par statut vaccinal. L'incidence cumulée se définit comme le nombre total de cas par 100 000 personnes. Par ailleurs, Sciensano signale que la vaccination complète réduit le risque d'admission en USI par rapport aux personnes non-vaccinées. De 91% chez les 12-17 ans, de 89% chez les 18-64 ans et de 84% chez les +65 ans. Sciensano mentionne, par contre, la proportion de personnes passées ou non sous l'aiguille parmi l'ensemble des hospitalisations (et non uniquement les soins intensifs). Durant ce mois de décembre, les non-vaccinés représentent 75% des hospitalisations, comme le souligne le graphique ci-dessous. Qui montre que, depuis le début de l'année 2021, ceux qui ont refusé les injections ont largement été majoritaires dans les hôpitaux.