1. Collège électoral
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Ce système, très ancien, fixe les règles de l'élection présidentielle. Les pères fondateurs y voyaient un compromis entre une élection du président au suffrage universel direct et une élection par le Congrès, considérée comme trop peu démocratique.Il englobe les 538 grands électeurs qui élisent officiellement le président et le vice-président des États-Unis. Le système a été conçu avant l'existence des partis politiques et a été conçu pour permettre aux électeurs d'agir en tant qu'électeurs indépendants. Toutefois, il y a eu un certain nombre de cas lors d'élections récentes où au moins un électeur a voté pour un candidat autre que celui auquel il s'était engagé. Lire aussi : L'élection présidentielle américaine pour les nulsDes centaines de propositions d'amendements visant à modifier ou à supprimer le collège électoral ont été soumises au Congrès au fil des décennies, mais aucune n'a abouti. Un débat qui a été ravivé avec la victoire de Donald Trump en 2016, où Hillary Clinton avait perdu après avoir reçu près de trois millions de voix de plus que lui.Ce sont pour la plupart des élus et des responsables locaux de leurs partis. Leurs noms n'apparaissent pas sur les bulletins de vote et ils sont, dans leur écrasante majorité, inconnus du grand public. Chaque Etat a autant de grands électeurs que d'élus à la Chambre des représentants (un nombre qui dépend de leur population) et au Sénat (deux, nombre fixe dans tous les Etats). Ce qui explique pourquoi certains Etats sont beaucoup plus importants que d'autres et bénéficient d'une attention toute particulière de la part des candidats. La Californie en a par exemple 55 et le Texas 38. Le Vermont, l'Alaska, le Wyoming et le Delaware n'en ont que trois. La Constitution laisse les Etats fédérés libres de décider comment sont désignés les grands électeurs. Dans tous les Etats sauf deux (Nebraska et Maine départagent à la proportionnelle), le candidat à la présidentielle qui remporte la majorité des voix rafle tous les grands électeurs. Pour emporter l'élection, un candidat doit décrocher la majorité absolue, soit le nombre magique de 270 grands électeurs.États dans lesquels l'électorat est relativement divisé entre les républicains et les démocrates, ce qui en fait des cibles pour les campagnes agressives des deux côtés. Lors des dernières élections, les principaux États charnière ont été la Floride, l'Ohio et la Pennsylvanie. Ceux-ci ont un nombre élevé de votes électoraux, ce qui en fait des champs de bataille privilégiés pendant les élections.La liste des swing states change en fonction de leur démographie.Lire aussi : Elections USA: les dix Etats-clés qui vont départager Trump et Biden (carte interactive)La présidentielle devrait se jouer dans 10 Etats, susceptibles de basculer en faveur d'un parti ou d'un autre. Pennsylvanie, Wisconsin, Michigan, Floride, Iowa et Ohio ont été essentiels dans la victoire de Donald Trump en 2016. Et en Géorgie, Arizona, Caroline du Nord et au Texas, les sondages montrent cette année le démocrate Joe Biden en mesure de disputer la victoire au milliardaire républicain.En plus de désigner un président, les millions d'électeurs américains voteront sur le renouvellement du Congrès. Les sièges de 35 sénateurs et 435 élus de la Chambre des représentants sont en jeu. Les démocrates sont aujourd'hui majoritaires à la Chambre des représentants et un changement de majorité est peu probable, selon les prévisions des experts. Si Joe Biden était élu président et que les démocrates reprenaient aussi le contrôle du Sénat, le parti détiendrait tous les grands leviers du pouvoir fédéral à Washington pour la première fois depuis les débuts de la présidence de Barack ObamaLes débats entre les deux principaux candidats, ce sont les évènements politiques, mais aussi médiatiques, de la campagne. C'est généralement le seul moment où les rivaux ont l'occasion d'échanger, parfois vivement, devant les téléspectateurs américains sur des thématiques-clés. Quatre débats devaient avoir lieu en 2020 : trois entre Donald Trump et Joe Biden, et un entre leurs vice-présidents, Mike Pence et Kamala Harris. Mais, avec la pandémie de Covid et la contamination de Donald Trump, seuls deux débats Trump-Biden ont eu lieu. Les échanges ont tourné autour de la Cour Suprême, la pandémie de Covid, les tensions raciales qui divisent le pays, mais également la situation économique ou encore le climat. Lire nos analyses des deux débats entre Trump et Biden :> Elections USA: Trump en mâle dominateur, Biden en dirigeant responsable pour le premier débat> Elections USA: Trump domine le dernier débat, mais ne déstabilise pas Biden (analyse)Covid oblige, il revêt un caractère particulier lors de cette élection. 230 millions d'Américains sont invités à voter pour la présidentielle, scrutin souvent marqué par une importante abstention. Mais l'élection de cette année pourrait enregistrer une forte participation. Le vote anticipé a déjà battu des records, de nombreux électeurs préférant glisser leur bulletin en avance dans l'urne pour éviter les foules le jour de l'élection, en pleine pandémie de coronavirus. Quelque 138 millions d'Américains avaient voté en 2016.Lire aussi : Elections USA: record de votes anticipés, confusion en vue ?Entre les craintes de fraudes du vote par correspondance, largement attisées par Donald Trump, et les risques de résultat tardif, le vote anticipé risque bien de mettre la pagaille le Jour-J.Durant des mois, les instituts de sondage prennent le pouls des électeurs américains. Depuis le début, c'est Joe Biden qui tient la corde dans la plupart des sondages nationaux. Ces sondages sont un bon indicateur de la popularité d'un candidat dans l'ensemble du pays, mais ils ne sont pas nécessairement un bon moyen de prédire le résultat de l'élection. En 2016, Hillary Clinton était en tête des sondages et a remporté près de trois millions de voix de plus que Donald Trump, mais elle a quand même perdu. Lire aussi : Elections USA: Trump en retard dans les sondages nationaux, les Etats-clés disputés (infographie)Ce qui est crucial, ce sont les sondages dans les Etats-clés. Ils semblent, pour l'instant, encore favorables à Joe Biden, mais les choses peuvent changer très rapidement. Lire aussi : Elections USA: les sondages donnent Trump perdant, peut-on leur faire confiance ?En plus de désorganiser l'élection présidentielle américaine, le Covid est devenu un des sujets centraux de cette campagne, la gestion de la pandémie et de ses conséquences économiques cristallisant les divisions entre républicains et démocrates. La pandémie perturbera ainsi l'organisation des meetings, boostera les votes anticipés et obligera les traditionnelles conventions à se muer en tout ou en partie en évènement virtuel. Mais le Covid est devenu le sujet de campagne le plus important. Le 22 septembre, la barre des 200.000 Américains morts du coronavirus est dépassée. Le président a toujours minimisé en public la gravité de la pandémie. Son gouvernement a stoppé un plan de distribution générale de masques et contraint les autorités sanitaires à édulcorer leurs consignes pour encourager le retour à la normale. Le coronavirus, qui a laminé une économie jusque-là florissante, prive aussi Donald Trump de son principal argument électoral. De son côté, Joe Biden joue la prudence et la prévention, en réduisant les meetings et faisant du port du masque une de ses images fortes.Début octobre, Donald Trump annonce être positif au coronavirus, tout comme sa femme Melania. Sa campagne est arrêtée net. Pendant ses neuf jours de confinement, Joe Biden occupe seul, mais à un rythme très ralenti, le terrain des Etats-clés et continue de creuser son avance dans les sondages. De retour à la Maison-Blanche, Donald Trump appelle les Américains à ne pas laisser le virus les "dominer". Se disant immunisé, toujours réticent à porter un masque, il reprend ses voyages à un rythme effréné.Lire aussi : Pour Trump, la campagne n'attend pas (analyse)Les meetings sont un moment important pour les candidats. Au début de la campagne, et malgré la pandémie, Donald Trump sillonnait déjà les différents Etats, tandis que Joe Biden préférait rester plus prudent. Un exercice sur mesure pour Donald Trump, véritable showman qui adore galvaniser les foules de supporters, qui répondent bien présents. A quelques jours du scrutin, les deux hommes ont multiplié les apparitions, surtout dans les Etats les plus indécis. Deux styles de candidats, deux stratégies de campagne, deux approches radicalement différentes face à l'épidémie de coronavirus. Joe Biden met en avant la nécessité de donner l'exemple face à la pandémie meurtrière du coronavirus. A l'opposé, Donald Trump se montre désormais ouvertement ulcéré par l'attention trop grande accordée, à son goût, à ce virus qui a fait plus de 228.000 morts aux Etats-Unis. Le président américain, qui mobilise partout où il passe des foules importantes, le plus souvent peu soucieuses du port du masque et de la distanciation physique, fait de la taille de ces rassemblements son principal atout de campagne et moque à la moindre occasion son adversaire, incapable selon lui de susciter un tel enthousiasme.Lire aussi : La Pennsylvanie, l'Etat qui pourrait faire gagner Trump? (reportage)Dans le jargon politique américain, la "surprise d'octobre" représente un événement d'actualité qui peut influencer le résultat d'une élection à venir en novembre, qu'elle soit délibérément planifiée ou spontanée. Les nouvelles de dernière minute peuvent soit changer le cours d'une élection, soit renforcer l'inévitable. Le terme a été inventé par William Casey lorsqu'il était directeur de campagne pour la campagne présidentielle de Ronald Reagan en 1980. Lors de cette campagne, cela a commencé avec la publication par le New York Times, deux jours avant le mois d'octobre, d'une enquête sur les impôts du président Trump.Lire aussi : Révélations sur les impôts de Trump: quelles conséquences sur la campagne électorale?Mais ce que bon nombre d'observateurs pointent comme étant la véritable "surprise" d'octobre, c'est bien l'annonce de la contamination de Donald Trump, et de son épouse Mélania, au Covid le 2 octobre. L'évènement a été un moment clé pour le président, qui n'a pas manqué d'en faire une véritable opération de communication à un mois de l'élection... avant de reprendre la campagne de plus belle et de se poser en survivant et connaisseur du coronavirus. Aux États-Unis, la presse a pour habitude de soutenir publiquement un candidat à l'élection présidentielle. Divers journaux et magazines soutiennent ainsi publiquement Joe Biden ou Donald Trump. C'est ce qu'on appelle le "media endorsement" (soutien des médias). En général, les journaux américains sont estampillés conservateurs ou progressistes, et leur choix électoral respecte souvent cette tendance. Mais le cas de Donald Trump est différent. Même au sein du camp conservateur, médiatique ou politique, tous ne voient pas d'un bon oeil sa candidature pour représenter le parti républicain. Ainsi, en 2016, plus de trois quarts des quotidiens, hebdomadaires et magazines ont apporté leur soutien à Hillary Clinton, sans succès. Lire aussi : Élections USA: quand les médias américains choisissent leur campCette année encore, rares sont les journaux ou magazines offrant leur soutien à Trump. Certains ont préféré ne pas se prononcer. Mais chose rare : en pleine pandémie de Covid, des revues scientifiques, qui d'ordinaire restent politiquement neutres, ont fustigé Donald Trump pour sa gestion de la crise du Covid.Donald Trump et Joe Biden ne se présentent pas seuls : ils ont chacun un bras droit, un "running mate", destiné à devenir vice-président(e) et qui fait campagne à ses côtés. Le poste de vice-président(e) des Etats-Unis est mal connu. Au niveau institutionnel, son rôle est assez faible. Mais au fil du temps, le "numéro deux" a pris de plus en plus de place dans l'administration américaine. Outre sa future fonction, c'est bel et bien lors de la campagne qu'il peut se révéler un atout précieux. Lire aussi : Élections américaines: bien choisir son colistier, une décision stratégique crucialeSa nomination fait l'objet d'une longue réflexion, au coeur de la stratégie de campagne électorale. D'autant que son profil sert souvent à combler les manquements et/ou les faiblesses du candidat-président. Derrière le bouillant Donald Trump, on retrouve ainsi le flegmatique Mike Pence, ultra conservateur et fervent chrétien, qui pourrait convaincre les électeurs religieux indispensables pour remporter un second mandat. La démocrate Kamala Harris pourrait, elle, entrer dans l'Histoire des Etats-Unis en devenant la première femme noire à accéder à la vice-présidence.Lire aussi : Elections USA: Mike Pence assure, Kamala Harris rassure (analyse)Ce mouvement de lutte contre les brutalités policières et le racisme connaît un regain de mobilisation aux Etats-Unis depuis la mort de l'Afro-Américain George Floyd, tué par un policier blanc en mai. En août, la colère s'était ravivée après une apparente bavure policière dont Jacob Blake, un homme noir, avait été victime dans le Wisconsin. Les candidats avaient réagi à ce drame, et aux nombreuses manifestations dans les grandes villes du pays, de manière très différente. Alors que Joe Biden avait exigé une enquête "immédiate, poussée et transparente" et que les policiers répondent de leurs actes, le président Donald Trump, en pleine convention républicaine, ne souhaitait pas d'exprimer sur le sujet. Lire aussi : Tirs de la police sur Jacob Blake: la colère citoyenne ravivée aux États-UnisLe mouvement #BLM, plus vif que jamais en 2020, va-t-il influencer les votes ? De nombreux observateurs estiment que le vote revêt également un test à cet égard. Le décès de la juge Ruth Bader Ginsburg a provoqué un séisme politique. Donald Trump a souhaité la remplacer le plus rapidement possible, faisant pencher la balance de l'institution du côté républicain. Son décès a offert au président l'occasion de nommer pour la remplacer une magistrate défenseuse des valeurs chrétiennes conservatrices : Amy Coney Barrett. Un choix, vite réalisé avant le scrutin, qui n'est pas anodin. La Cour suprême est notamment censée se prononcer dans les mois à venir sur l'avenir de la réforme de l'assurance santé Obamacare, qui a étendu les couvertures maladie de millions d'Américains, mais que les républicains veulent démanteler. La Cour peut également avoir à trancher les litiges électoraux, lui conférant un rôle crucial dans la finalité de l'élection. C'est elle qui devrait trancher en cas de contestations du résultat, comme cela avait été le cas en 2000, entre George W. Bush et Al Gore.Lire aussi : Elections USA: le trumpisme existe et perdureraDonald Trump a accusé sur tous les tons Joe Biden de corruption et reproche régulièrement aux "fake news media" de ne pas suffisamment questionner son rival sur les affaires de son fils, Hunter Biden. Le turbulent cadet de Joe Biden a fait des affaires en Chine et en Ukraine notamment, quand son père était le numéro deux de Barack Obama entre 2009 et 2017. Le journal conservateur New York Post a notamment publié des emails récupérés sur un ordinateur portable censés prouver qu'il a mêlé son père à ses entreprises en Ukraine.Ces accusations, que Joe Biden a balayées sans en faire grand cas, sont devenues le nouveau cri de ralliement des partisans du président qui, en meeting, a lui-même qualifié la famille Biden "d'entreprise criminelle." Joe Biden a vigoureusement démenti toute malversation.