Le poste de vice-président(e) des Etats-Unis est mal connu. Au niveau institutionnel, son rôle est assez faible. Mais au fil du temps, le "numéro deux" a pris de plus en plus de place dans l'administration américaine. Outre sa future fonction, c'est bel et bien lors de la campagne qu'il peut se révéler un atout précieux. Sa nomination fait donc l'objet d'une longue réflexion, au coeur de la stratégie de campagne électorale. D'autant que son profil sert souvent à combler les manquements et/ou les faiblesses du candidat-président.
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Le poste de vice-président(e) des Etats-Unis est mal connu. Au niveau institutionnel, son rôle est assez faible. Mais au fil du temps, le "numéro deux" a pris de plus en plus de place dans l'administration américaine. Outre sa future fonction, c'est bel et bien lors de la campagne qu'il peut se révéler un atout précieux. Sa nomination fait donc l'objet d'une longue réflexion, au coeur de la stratégie de campagne électorale. D'autant que son profil sert souvent à combler les manquements et/ou les faiblesses du candidat-président. Pendant longtemps, les Américains eux-mêmes n'avaient pas trop d'idées de ce que pouvait bien faire leur vice-président. Pire : il faisait bien souvent l'objet de railleries. Et son influence était relativement minime. Il faut dire que la Constitution américaine lui confie un rôle limité: elle stipule qu'il présidera le Sénat mais n'aura pas de vote, sauf si les 100 sénateurs élus ne peuvent se départager. Mais au fil des décennies, ce poste a gagné en visibilité. "Si ces rôles demeurent, ils ne reflètent pas vraiment ce que fait un vice-président à notre époque", explique à l'AFP Joel Goldstein, professeur de droit à Saint Louis University. Longtemps, le vice-président fut physiquement éloigné du pouvoir exécutif: son bureau était au Sénat. Le tournant, sur le fond comme la forme, a eu lieu avec la présidence de Jimmy Carter (1977-1981) qui fera une véritable place permanente au sein de la prestigieuse West Wing à Walter Mondale. Depuis, plus personne n'y a touché: le "VP" a son bureau entre le secrétaire général et le conseiller à la sécurité nationale. Au-delà d'un accès beaucoup plus direct au président, la symbolique est forte.Mais que fait-il, au juste, le VP ? Presqu'oublié hier, le vice-président d'aujourd'hui est "un super conseiller", et ce sur tous les sujets.Ronald Reagan s'est ainsi largement appuyé sur les connaissances en politique étrangère de George H. W. Bush, ancien ambassadeur à l'ONU et ancien directeur de la CIA. Tandis que Bill Clinton a pu compter sur Al Gore, un des vice-présidents les plus influences de l'Histoire, pour nombre de combats politiques. Avec la vice-présidence Dick Cheney, un cap majeur, considéré comme excessif, a été franchi: l'influence du vice-président, particulièrement après le 11 septembre, est telle qu'elle suscite des interrogations sur le rôle exact du président George W. Bush. Sous les deux mandats de Barack Obama, Joe Biden a lui aussi été très influent, se présentant comme l'un de ses plus intimes conseillers, lui qui brigue à son tour la présidence. En travaillant pendant huit ans ensemble, ils ont franchi un autre cap en affichant une véritable complicité, souvent qualifiée de "bromance" par les médias américains. Une complicité que Biden a clairement indiqué comme étant un élément-clé de sa campagne et de son éventuel futur mandat. Il faut dire que les deux postes sont intimement liés. Ainsi, le VP doit remplacer le président s'il décède ou démissionne. Dans l'histoire américaine, neuf vice-présidents sont devenus présidents dans ces conditions. Les derniers en date: Lyndon Johnson après l'assassinat de Kennedy, Gerald Ford après le départ de Nixon lié au Watergate.Mais le rôle de bras droit est aussi un moyen de se positionner politiquement en vue d'un futur mandat présidentiel. Certains avec plus de succès que d'autres. Si Al Gore et Walter Mondale ont échoué, on peut notamment citer Richard Nixon et Bush père comme transitions réussies.