Le président américain Donald Trump est à la traîne dans les sondages à moins d'un mois de l'élection présidentielle. Des sondages chaque jour plus inquiétants pour l'ancien homme d'affaires. Si l'on se penche sur la carte des Etats-clés susceptibles de faire basculer l'élection, comme la Floride ou le Michigan, l'avance du candidat démocrate est moins nette, mais elle est réelle, et constante.
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Le président américain Donald Trump est à la traîne dans les sondages à moins d'un mois de l'élection présidentielle. Des sondages chaque jour plus inquiétants pour l'ancien homme d'affaires. Si l'on se penche sur la carte des Etats-clés susceptibles de faire basculer l'élection, comme la Floride ou le Michigan, l'avance du candidat démocrate est moins nette, mais elle est réelle, et constante. "Aux Etats-Unis, il y a trois modèles de prédiction du vote", nous explique Pierre Baudewyns, professeur de Sciences politiques à l'UCLouvain. "Les sondages mais aussi deux autres modèles qui tentent de prédire le vote des deux candidats en fonction de la popularité et de manière plus récente sur des facteurs plus institutionnels.""En ce qui concerne les sondages, on peut leur faire confiance si la méthodologie est cadrée et que le sondage est probabiliste c'est à dire qu'il a été fait sur un échantillon représentatif (age, sexes, communautés...) dans lequel chacun a une chance d'être tiré au sort. Si c'est le cas, on a un certain nombre de garanties pour que le sondage soit valide. Il existe plusieurs instituts aux Etats-Unis, pas tous dans la même zone et probablement avec différents modes de recrutement. Les résultats sont parfois différents et c'est la qu'on voit tout l'intérêt des instituts comme ClearPolitics qui font la moyenne des sondages et qui donnent quelque chose de stable."L'expert pointe la transparence de ces outils. "On a une tentative de transparence et de comprendre. Avec ce type d'outil, on est dans cette idée d'avoir une information la plus objective possible par rapport à des informations qu'on pourrait voir par ailleurs. C'est un outil sain parce que ça met en discussion des informations qui pourraient être utilisées par ailleurs."Cette semaine, Hogan Gidley, l'un des porte-parole du président, a nié la validité d'un sondage, estimant que "les mêmes sondeurs annonçaient sa défaite en 2016", contre Hillary Clinton. Il y a quatre ans en effet la candidate avait été donnée gagnante dans les sondages. Une erreur liée en partie au mode d'élection américain qui fonctionne avec des grands électeurs mais aussi aux réseaux sociaux. "Avant, l'information venait des journalistes qui mettaient l'information en balance, en l'objectivant", explique Pierre Baudewyns. "Aujourd'hui, si vous manipulez bien les réseaux sociaux, vous pouvez faire retourner la situation. Avec les réseaux sociaux, tout le monde balance de l'information avec la présentation de certains faits fortement orientés. Via ces réseaux, on peut toucher des parties d'électeurs et les amener à avoir un positionnement sur certains enjeux de la campagne. Il y a une altération de la compétition politique par des fakenews, des fake data."> Pour Trump, la campagne n'attend pas (analyse)"On l'a vu se produire en Belgique en 2019, au niveau des média, on essaie de contourner le Vlaams Belang, mais leur stratégie a été de payer des contenus Facebook et quand on voit le résultat aux élections, le retour sur investissement est énorme. On pourrait avoir cette situation aux Etats-Unis. Sur les derniers jours, cette gestion des réseaux pourrait avoir un fort impact mais le fait d'étaler le vote va peut-être altérer l'effet des réseaux sociaux."