Selon une vaste enquête du New York Times, Donald Trump n'est pas bon en affaires, mais doué pour éluder l'impôt. Autre point important : il aurait de nombreux conflits d'intérêts avec des puissances étrangères. "Fake news", rétorque le principal intéressé. "J'ai payé beaucoup, et j'ai payé beaucoup d'impôts sur le revenu au niveau de l'Etat aussi." Ces révélations peuvent-elles avoir une conséquence sur sa campagne de réélection, juste avant le premier débat télévisé face à Joe Biden ?
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Selon une vaste enquête du New York Times, Donald Trump n'est pas bon en affaires, mais doué pour éluder l'impôt. Autre point important : il aurait de nombreux conflits d'intérêts avec des puissances étrangères. "Fake news", rétorque le principal intéressé. "J'ai payé beaucoup, et j'ai payé beaucoup d'impôts sur le revenu au niveau de l'Etat aussi." Ces révélations peuvent-elles avoir une conséquence sur sa campagne de réélection, juste avant le premier débat télévisé face à Joe Biden ? "Milliardaire new-yorkais", "magnat de l'immobilier", "homme d'affaires fructueux"... Depuis l'annonce de sa candidature pour la présidentielle de 2016, Donald Trump se présente en business man, capable de diriger son pays - et son économie - comme il dirige ses florissantes affaires. Cette image d'homme d'affaires puissant avait déjà été cultivée auprès de l'opinion publique via la téléréalité The Apprentice, avec son célèbre "You're fired". Mais tout cela n'était-il qu'un masque ? Le NYT s'est procuré les données fiscales de Donald Trump sur plus de vingt ans et les centaines de sociétés qui composent son groupe. Donald Trump a déclaré des pertes faramineuses de 1,4 milliard de dollars pour ses activités principales en 2008 et 2009. Il semble avoir garanti personnellement des prêts d'un montant total de 421 millions de dollars, dont la plupart sont maintenant dus dans les quatre ans. "S'il est réélu, ses prêteurs pourraient se retrouver dans la situation sans précédent de devoir décider s'il convient de saisir un président en exercice", note le NYT. "Donald J. Trump a payé 750 dollars d'impôt fédéral sur le revenu l'année où il a remporté la présidence", en 2016, et autant "sa première année à la Maison Blanche", en 2017, écrit le journal. "Il n'a pas du tout payé d'impôt sur le revenu au cours de 10 des 15 années précédentes, car il a déclaré plus de pertes d'argent que de gains". Selon le quotidien, il a également appliqué des déductions pour ses résidences, son avion privé et, à hauteur de 70.000 dollars, pour ses frais de coiffeur avant ses apparitions à la télévision.Outre son cas précis, cela en dit aussi beaucoup sur l'évasion fiscale de l'élite fortunée des Etats-Unis. "Il sait mieux que quiconque qu'il existe un ensemble de règles pour les riches et les grandes entreprises et un autre pour les Américains qui travaillent dur - et au lieu d'utiliser son pouvoir pour y remédier, il en a profité à chaque instant", dénonce la sénatrice démocrate Elizabeth Warren. Du pain bénit pour les Démocrates qui peuvent désormais clamer haut et fort qu'il n'est pas celui qu'il prétend être. "Il prétend être un homme d'affaires prospère, qui s'est construit à partir de rien, et ses dossiers fiscaux révèlent qu'il est en fait le contraire. C'est un bon à rien qui paie peu d'impôts", réagit le démocrate texan Joaquin Castro. Cela montre "le mépris total de Trump pour les familles de travailleurs américaines", a réagi la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. "Le président a joué avec le code des impôts à son avantage et s'est servi de combats juridiques pour retarder ou éviter de payer ce qu'il doit", a estimé le représentant démocrate Richard Neal, qui demande inlassablement, mais sans succès que les déclarations de revenus de M. Trump soient publiées.Dans un tweet, l'équipe de campagne de Joe Biden s'est contentée de rappeler le montant moyen de l'impôt fédéral sur le revenu payé par un enseignant (7.239 dollars), un pompier (5.283 dollars) ou un infirmier (10.216 dollars), professions durement frappées par la crise sanitaire ou par les récents incendies géants dans l'Ouest américain.En mauvaise posture, Donald Trump ? Ce serait bien mal le connaitre. Ce n'est pas la première fois que le président est dans la tourmente. En octobre 2016, quelques semaines avant sa victoire contre Hillary Clinton, une vidéo était publiée où on l'entendait se vanter d'une agression sexuelle. D'autant que, si les révélations du NYT sont bien exclusives, le débat sur les impôts de Trump est loin d'être nouveau. Les déclarations d'impôt de Donald Trump sont au coeur d'une bataille judiciaire, Donald Trump ayant toujours refusé de les publier contrairement à tous ses prédécesseurs depuis les années '70. Lors du premier débat électoral face à sa rivale, elle avait laissé sous-entendre que Donald Trump refusait peut-être de rendre ses déclarations d'impôts publiques parce qu'il n'en avait en réalité pas payé. Si ces scandales animent largement les Démocrates, ils n'émeuvent pas vraiment la base électorale de Donald Trump. Le business man devenu président a rarement payé le prix des scandales, des outrages et des insultes, qui auraient pourtant condamné un politicien classique. Cela fait d'ailleurs partie de sa "marque" : il transgresse les règles et balaie d'un revers de la main toute attaque ou révélation des médias à son encontre. Le New York Times a promis d'autres articles. S'ils ne secoueront pas les fidèles de Trump, ils pourraient néanmoins toucher suffisamment d'électeurs pour faire une différence importante, à l'heure où la bataille semble plus serrée que jamais selon les sondages.