Tout sur Stéphane Moreau

Avec l'argent des pensionnés liégeois, Ogeo Fund a déboursé près de 100 000 euros en frais d'avocats pour tenter d'intimider Le Vif en 2019. Des factures suspectes au vu des montants et du travail accompli par le cabinet CEW & Partners, visé par une instruction.

La justice liégeoise enquête sur de discrets avantages en nature octroyés pendant dix ans par l'Intercommunale de gestion immobilière liégeoise (Igil) au socialiste Jean-Maurice Dehousse, alors président de l'asbl Le Grand Liège. Des avantages qui ont perduré 18 mois après la fin de son mandat, sans aucun contrôle de l'intercommunale. Préjudice minimum estimé pour l'Igil: 110.000 euros.

L'ancien patron de Nethys, Stéphane Moreau, a décidé de déposer plainte contre le directeur de la prison de Marche-en-Famenne pour "violation du secret professionnel, coalition de fonctionnaires, corruption publique, atteinte aux libertés et aux droits constitutionnels par un fonctionnaire public", a confirmé mercredi à Belga Frédéric de Thier, le directeur de la prison.

A lire leur défense, les ex-membres du comité de rémunération de Nethys - Fornieri, Meyers et Tison - n'auraient eu d'autre choix que de verser 14,7 millions d'euros d'indemnités de rétention au quatuor Moreau - Heyse - Bayer - Aquilina. En toute légalité, clament-ils.

Le Vif a pu consulter une des trois ordonnances de perquisition qui a visé l'actuel président du parlement wallon et ancien ministre wallon de l'Économie, Jean-Claude Marcourt (PS). On y lit que l'octroi des indemnités de rétention à des ex-managers de Nethys "aurait pu être commis notamment à l'intervention ou avec le concours de Monsieur Jean-Claude Marcourt (...) qui a le statut de suspect".

La justice liégeoise s'intéresse à sept avocats qui ont gravité de près ou de loin autour de Nethys ou de ses ex-dirigeants. Cinq d'entre eux sont épinglés dans le très confidentiel rapport forensique de Deloitte commandité par la nouvelle direction de l'entreprise liégeoise.

La chambre des mises en accusation de Liège a rendu un arrêt très rapidement après la comparution de Stéphane Moreau. Moins d'une heure après la fin de l'audience, Me Adrien Masset a confirmé la décision de remise en liberté sous conditions de son client.

Pour l'avocat Jean-Pierre Buyle, le rôle des politiques dans l'affaire Nethys doit être interrogé au plus haut niveau. Trop d'éléments troublants figurent au dossier.

"Je ne suis ni procureur, ni juge d'instruction", a rétorqué le ministre wallon des Pouvoirs locaux, Christophe Collignon, au chef de groupe du PTB, Germain Mugemangango, qui l'interrogeait, mardi, en commission du parlement régional, sur les raisons qui ont permis à Stéphane Moreau de rester aussi longtemps à la tête de Nethys.

Des perquisitions sont en cours au Parlement de Wallonie, à Namur, dans le cadre de l'instruction judiciaire du volet "rémunérations" de l'affaire Nethys. Selon nos informations, c'est le bureau du président de l'assemblée parlementaire, Jean-Claude Marcourt, qui est visé par les enquêteurs. Des perquisitions ont également lieu auprès du groupe PS de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Une instruction judiciaire pour corruption cible l'intercommunale Resa, sortie du giron de Nethys mi-2018. Des marchés publics pour le recouvrement de factures impayées sont dans le viseur de la justice. Des appels d'offres similaires chez Voo, également.

Le Vif révèle une nouvelle transaction pénale pour Stéphane Moreau: une transaction simple pour un prêt d'Ogeo Fund à un ami. Le point sur tout ce que l'on sait des transactions pénales de l'ex-homme fort de Nethys.