Tout sur je suis charlie

Dans la foulée des attentats de janvier, des jeunes de quartiers sensibles s'étaient désolidarisés du mot d'ordre "Je suis Charlie", suscitant moult débats sur un "apartheid" à la Française. Après le nouveau carnage jihadiste, l'effroi règne en banlieue comme à Paris.

Sa voix grelottante de sanglots ravalés résonne encore en moi : " Tu as vu les infos ? Cabu ! Wolinski ! C'est pas possible... C'est toute ma jeunesse qu'on assassine ! Putain, NON ! " Deux jours plus tard, ma mère, comme beaucoup d'autres, battait le pavé bruxellois, en hommage aux dessinateurs français disparus. A son retour, compte-rendu téléphonique de rigueur : " Tu te rends compte, il n'y avait quasi pas de musulmans à la manif' ! C'est d'une tristesse... On dirait qu'ils ne se sentent tout simplement pas concernés. "