Tout sur GSDT

Le prince Laurent a fait part dimanche de son empressement à reprendre les activités de son ASBL et ses projets de renouvelable et reboisement, maintenant que le gouvernement a décidé de notifier aux Nations unies sa volonté de dégeler des fonds libyens en vue d'honorer une créance due à cette association.

Deux ans et demi après la saisie par le juge Claise de 15 milliards d'euros de fonds libyens chez Euroclear Bank, la justice juge légale cette saisie que la banque avait contestée. Mais la chambre des mises en accusation a mystérieusement saucissonné le dossier, et un ultime coup de théâtre n'est pas à exclure dans deux mois. Pour l'heure, Euroclear n'est pas au-dessus des lois.

La chambre des mises en accusation de Bruxelles a procédé à une simple mise en état du dossier des fonds libyens jeudi en début d'après-midi et a fixé une prochaine audience le 16 janvier 2020. La chambre des mises en accusation devra, à terme, se prononcer sur la légalité de la décision qu'avait prise le juge d'instruction Michel Claise d'opérer une saisie des fonds libyens gelés chez Euroclear Bank.

Un belgo-égyptien inculpé pour trafic d'armes avec la Libye. Un Français condamné pour fraude fiscale. Un Hollandais avide basé à Gibraltar. Depuis deux ans, l'entourage du prince Laurent reçoit d'étranges propositions émanant d'intrigants personnages qui se font fort de récupérer, moyennant de plantureuses commissions, les 50 millions d'euros que la Libye a été condamnée à verser à son asbl GSDT.

Le prince Laurent vient de créer Environment Network, une nouvelle asbl destinée notamment à récupérer les 48 millions d'euros que l'État libyen doit à une autre de ses asbl, en liquidation. Avec ce pactole et cette nouvelle structure, le frère du Roi voudrait enfin réaliser de grands projets environnementaux. À 54 ans, il est déterminé à prendre son envol, malgré l'hostilité du gouvernement à son égard. Quitte à s'exiler.

Me Laurent Arnauts, qui défend les intérêts du prince Laurent dans le litige opposant son client à l'Etat libyen, a tenu à dénoncer vendredi soir, par voie de communiqué, la réaction du Premier ministre Charles Michel au courrier par lequel le frère du roi Philippe demandait fin janvier au gouvernement belge d'intervenir en sa faveur afin qu'une des ses ASBL, la GSDT, récupère l'argent qu'elle avait investi en Libye, en 2008.

Dans une lettre inédite au Premier ministre, le Prince de Belgique met en demeure le gouvernement d'enfin l'aider à récupérer les 50 millions d'euros que la Libye a été condamnée à payer à son ex-asbl. Il évoque des "vautours" qui tournent autour de cette créance, accuse le ministre Reynders de le discriminer et dit redouter des rétrocommissions en Belgique... Du jamais-vu dans l'histoire de notre monarchie.

Le long combat judiciaire entamé en 2011 par GSDT, une ex-asbl du prince Laurent, vient de connaître un épilogue heureux pour le frère cadet du roi. Le recours ultime intenté par la Libye en 2017 pour éviter de dédommager l'ex-asbl suite à une rupture de contrat a échoué. La Libye va donc devoir payer quelque 50 millions d'euros au liquidateur de GSDT.

Pendant cinq ans, les intérêts produits par les milliards libyens gelés chez Euroclear Bank ont quitté la Belgique sans qu'on n'en connaisse les réels bénéficiaires. Des faits dénoncés par les experts de l'ONU. Réaction exclusive de MMes Jean-Pierre de Bandt et Robert Wtterwulghe qui, comme conseillers juridiques de l'ex-asbl du prince Laurent, ont découvert le pot aux roses.

Depuis fin 2014, une ex-asbl du prince Laurent dispose d'une décision judiciaire définitive forçant l'Etat libyen à lui verser 48 millions d'euros de dommages et intérêts. Mais la Libye, un des pays les plus corrompus de la planète (1), refuse de payer. Avec l'étonnant soutien, en Belgique, des Affaires étrangères et des Finances.