Alexander De Croo © belga

Face à l’urgence climatique, une gestion similaire à celle du Covid: on y songe…

Olivier Mouton
Olivier Mouton Journaliste

Comité de concertation, super-ministre, experts, codes couleurs…: rue de la Loi, on songe à utiliser le même mode de gouvernance pour tenter de forcer le pas, après le rapport alarmiste du GIEC.

Alerte rouge pour la planète: le rapport du groupe d’experts pour le climat (GIEC) a, une énième fois, tiré la sonnette d’alarme, lundi.

Le réchauffement climatique s’accélère, ses impacts désastreux sont annoncés et l’on doute de la capacité des politiques (et des citoyens) de mettre en place des formules pour y remédier. Le niveau de confiance envers les dirigeants est-il suffisant? La capacité des citoyens à réellement changer leur mode de vie est-il réel? Autant de quetions, parmi d’autres, qui suscitent le scepticisme.

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Les premières réactions politiques ont témoigné d’une volonté d’agir, mais aussi de tensions politiques susceptibles de créer des blocages, notamment entre partisans et opposants du nucléaire. Ce sera l’un des sujets épineux des mois à venir dans le domaine énergétique. Mais ce n’est là qu’un des aspects de la lutte contre le changement climatique.

Rue de la Loi, on songe désormais à un modèle de type Covid pour gérer la crise et coordonner l’action en Belgique. Alexander De Croo (Open VLD), Premier ministre, a avancé l’idée lors d’un récent entretien au Morgen d’une capacité à dépolitiser le débat à à agir de manière transversale. L’idée fait son chemin, selon Le Soir de ce mardi 10 août: « Les leçons tirées de la crise sanitaire doivent servir dans la crise climatique. »

Ce modèle de gestion permettrait de fédérer les énergies devant l’urgence, illustrée chez nous par les inondations dramatiques du mois de juillet. Concrètement, un Comité de concertation ad hoc pourrait réunir régulièrement tous les ministres concernés par la question et tenter d’acorder les violons: les récentes tensions entre N-VA (à la tête du gouvernement flamand) et écologistes témoignent de cette nécessité.

Un « commissariat Climat », composé d’experts, objectiverait les débats pour nourrir le Codeco, comme cela s’est fait pour le Climat. Tiens donc, la Wallonie a précisément nommé un commissaire pour coordonner l’aide après les inondations. De même, l’IRM a déjà adopté les codes couleurs pour mettre en garde contre les risques météoroliques, comme on le fait aussi pour la qualité de l’air.

Cela nécessiterait aussi un rôle moteur de la part d’une sorte de « super-ministre » du Climat, comme Frank Vandenbroucke l’a joué en matière de santé: Zakia Khattabi (Ecolo) devrait prendre cette place. En sachant que les arbitrages à faire seront délicats: n’a-t-elle pas présenté, au printemps, les différents scénarios pour faire face à ce changement climatique qui s’accélère?

Encore faudrait-il, pour reprendre une formule célèbre, qu’on la laisse faire: pas sûr que les libéraux francophones, notamment, verrait d’un bon oeil cette visibilité politique accrue. Et encore faudrait-il que la menance climatique permettre des actions concrètes: que diront les citoyens si on leur demande d’utiliser moins leur voiture ou de partir moins en vacances comme on leur a demandé de se confiner ou de porter le masque?

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