En Belgique, forcément, le nouveau rapport du groupe des experts sur le climat (GIEC) a suscité un émoi certain. Parce que ses prévisions sont, encore une fois, alarmistes avec une augmentation de +1,5C° annoncée pour 2030 et des phénomènes extrêmes annoncés.
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En Belgique, forcément, le nouveau rapport du groupe des experts sur le climat (GIEC) a suscité un émoi certain. Parce que ses prévisions sont, encore une fois, alarmistes avec une augmentation de +1,5C° annoncée pour 2030 et des phénomènes extrêmes annoncés. Mais aussi parce que cette confirmation d'une réaction insuffisante survient après l'épisode des inondations catastrophiques qui ont ravagé la Wallonie en juillet. De toutes parts, les messages ont appelé à une réaction à la hauteur, cette fois. Singulièrement dans les rangs écologistes."Le rapport du GIEC est plus alarmant que jamais, mais nous avons encore la possibilité de changer le cours des choses!", souligne Zakia Khattabi (Ecolo), ministre fédérale du Climat. Selon elle, ce rapport doit donner le ton lors des discussions à venir autour du paquet européen "Fit For 55", mais aussi lors de la 26ème conférence internationale sur le climat qui se tiendra début novembre à Glasgow. "Nous entendons depuis longtemps que la lutte contre le changement climatique est trop coûteuse., ajoute-t-elleNous savons désormais que non seulement l'inaction est coûteuse sur le plan économique, elle l'est aussi en termes de vies humaines. Ce qui me fait dire que l'inaction est criminelle"Georges Gilkinet, vice-Premier Ecolo, appelle lui aussi à une action rapide: "Contenir le réchauffement, c'est urgent et nécessaire, scande-t-il. Et cela passera par une réduction drastique des émissions de CO2, nous répète le GIEC. Place aux actes!" L'expression est toutefois accompagnée de vives critiques. Au sujet du comportement personnel du ministre, que l'on a fustigé de façon un peu simpliste pour ses images symboliques dans les trains ou en vélo lors de son voyage en Italie. Mais surtout en raison de l'orientation prise par le gouvernement. "En l'état, le plan national énergie climat 2021-2030 contredit cette affirmation en indiquant très clairement que l'utilisation de centrales au gaz fera augmenter les émissions de CO2", souligne un internaute."Place aux actes?". Comment prendre au sérieux ce bavardage: ses amis et lui vont faire financer par les contribuables de nouvelles centrales électriques à gaz qui émettront 30 fois plus de CO2 que le nucléaire qu'ils vont fermer!", s'exclame Jean-Pol Poncelet (CDH), ancien ministre de l'Energie.Le bras de fer politique annoncé est au rendez-vous. Dans les rangs libéraux, on relance, sur fond d'alarme du GIEC, le débat sur le mix énergitique du futur et la nécesité d'envisager un prolongement du nucléaire.Georges-Louis Bouchez, président du MR, le fait à pas feutrés. "Travailler à réduire les émissions de CO2 en choisissant les bonnes énergies, à l'opposé du gaz, souligne-t-il. Promouvoir le renouvelable qui ne bétonne pas davantage les sols. L'intelligence, la recherche et le savoir sont nos meilleurs atouts."Certains le disent plus franchement. "Monsieur Gilkinet, souligne ainsi Damien Ernst, professeur à l'ULG, spécialiste de l'énergie et expert écouté au MR, je sais que votre engagement pour le climat est sincère. Mais il implique aussi à moment donné qu'Ecolo et Groen mettent de côté leur vieille lutte contre le nucléaire pour en faire un allié dans la lutte pour le climat. C'est essentiel pour la planète."