Hausse "sans précédent" des événements extrêmes

La planète va subir une augmentation "sans précédent" des événements météo extrêmes comme les canicules ou les pluies diluviennes, même si le monde parvient à limiter le réchauffement à +1,5°C, prévient le rapport.

Ces événements seront sans précédent pour l'humanité en terme d'"ampleur, de "fréquence", du moment de l'année où ils frappent ou de la zone géographique touchée, précisent les scientifiques dans un résumé technique, mettant aussi en garde contre des extrêmes groupés - canicule plus sécheresse, pluie plus inondations- pouvant provoquer des "impacts importants et sans précédent".

La capacité des océans et des forêts à absorber le CO2 s'affaiblit

La capacité des forêts, des sols et des océans à absorber le CO2 émis par les hommes risque de s'affaiblir avec la poursuite des émissions, menaçant les efforts pour limiter le réchauffement de la planète à des niveaux acceptables, mettent en garde les experts climat de l'ONU. Sur les six dernières décennies, ces puits de carbone ont réussi à retirer de l'atmosphère 56% du CO2 émis par les activités humaines, limitant le réchauffement. Mais ils risquent de devenir "moins efficaces" à l'avenir, selon le rapport choc du Giec.

La "circulation méridienne de retournement atlantique" (AMOC), système complexe de courants océaniques qui permettent de réguler la chaleur entre les tropiques et l'hémisphère nord, se ralentit, une tendance qui va "très probablement" se poursuivre pendant tout le siècle. Le Giec estime également, avec un niveau de confiance "moyen", que l'AMOC pourrait complètement s'arrêter, ce qui entrainerait notamment des hivers plus durs en Europe et une perturbation des moussons en Afrique et en Asie.

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Certains impacts "irréversibles", comme la montée des mers

Certaines conséquences du réchauffement de la planète, notamment la fonte des glaces et la hausse du niveau de la mer, sont désormais "irréversibles pour des siècles ou des millénaires", estiment-ils encore. Quel que soit le rythme des futures émissions de gaz à effet de serre, le niveau des océans va continuer à augmenter pendant "des siècles, voire des millénaires", notamment sous l'impulsion de la fonte des calottes glaciaires.

Le niveau des océans a augmenté d'environ 20 cm depuis 1900, et le rythme de cette hausse a triplé ces dix dernières années sous l'influence grandissante de la fonte des calottes glaciaires. Même si le réchauffement est limité à +2°C, les océans pourraient gagner environ 50 cm au XXIe siècle et cette hausse pourrait atteindre près de 2 mètres d'ici 2300 - deux fois plus qu'estimé par le Giec en 2019. En raison de l'incertitude liée aux calottes, dans le scénario du pire, les experts ne peuvent pas exclure une augmentation de 2 mètres d'ici 2100.

Les modifications abruptes du système climatique à "faible probabilité" mais "impact important", appelés "point de ruptures" quand ils deviennent irréversibles, "ne peuvent pas être exclus". L'effondrement des calottes glaciaires capable de faire monter la mer de dizaines de mètres, le dégel du permafrost qui renferme des volumes immenses de carbone ou la transformation de l'Amazonie en savane en font partie.

La responsabilité de l'humanité "sans équivoque"

La responsabilité de l'humanité dans le réchauffement climatique est "sans équivoque", martèle le nouveau rapport, qui estime que les activités humaines ont provoqué la quasi-totalité des +1,1°C gagnés depuis le 19e siècle. "Il est clair depuis des décennies que le système climatique de la Terre change, et le rôle de l'influence humaine sur le système climatique est incontesté", a déclaré Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe d'experts ayant élaboré ce texte.

Le seuil de +1,5°C atteint 10 ans plus tôt que prévu

Le réchauffement de la planète devrait atteindre +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle autour de 2030, dix ans plus tôt que les dernières estimations il y a trois ans. Et la hausse des températures se poursuivrait ensuite pour dépasser ce seuil - une des limites-clés de l'Accord de Paris - d'ici 2050, même si le monde parvenait à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.

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Océans, terres, atmosphère, toute la planète se réchauffe mais certaines zones plus vite que d'autres. En Arctique par exemple, la température moyenne des jours les plus froids devrait augmenter trois fois plus vite que le réchauffement mondial. Et si le niveau de la mer monte partout, il pourrait gagner jusqu'à 20% de plus que la moyenne sur de nombreux littoraux.

Le méthane sous les projecteurs

Le Giec n'avait jamais autant parlé du méthane, avec cette mise en garde: si les émissions de CH4, deuxième gaz à effet de serre le plus important après le CO2, ne sont pas réduites, cela pourrait saper les objectifs de l'Accord de Paris. Les concentrations de CH4 dans l'atmosphère - auxquelles contribuent les fuites venues de la production de gaz, les mines, le traitement des déchets et le bétail - dans l'atmosphère sont à leur plus haut depuis 800.000 ans. Et il a un pouvoir de réchauffement bien plus important que le CO2, même s'il reste bien moins longtemps que lui dans l'atmosphère.

"Une alerte rouge pour l'humanité"

Le rapport des experts climat de l'ONU (Giec), véritable "alerte rouge" pour l'humanité, doit "sonner le glas" des énergies fossiles qui "détruisent la planète", a réagi le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres. Ce rapport d'évaluation scientifique, le premier complet depuis sept ans, "doit sonner le glas du charbon et des énergies fossiles, avant qu'ils ne détruisent la planète", a-t-il déclaré dans un communiqué, en plaidant pour qu'aucune centrale à charbon ne soit construite après 2021. "Les pays devraient également mettre un terme aux nouvelles explorations et production d'énergies fossiles et déplacer les subventions aux énergies fossiles vers les renouvelables", a ajouté le secrétaire général, qui s'en prend encore plus frontalement qu'à l'habitude à ces industries.

Le rapport du Giec estime notamment que le seuil de +1,5°C de réchauffement par rapport à l'ère pré-industrielle sera atteint autour de 2030, dix ans plus tôt que dans les précédentes projections, menaçant l'humanité de nouveaux désastres "sans précédent". C'est "une alerte rouge pour l'humanité", a commenté Antonio Guterres. "Les sonnettes d'alarme sont assourdissantes: les émissions de gaz à effet de serre créées par les énergies fossiles et la déforestation sont en train d'étouffer notre planète", a-t-il ajouté. Il a également appelé les dirigeants du monde à s'assurer que la conférence climat COP26 de Glasgow (Ecosse) en novembre soit un "succès" pour conduire à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. "Si nous unissons nos forces maintenant, nous pouvons éviter la catastrophe climatique. Mais comme le rapport d'aujourd'hui le dit clairement, il n'y a pas le temps d'attendre et pas de place pour les excuses".

La planète va subir une augmentation "sans précédent" des événements météo extrêmes comme les canicules ou les pluies diluviennes, même si le monde parvient à limiter le réchauffement à +1,5°C, prévient le rapport. Ces événements seront sans précédent pour l'humanité en terme d'"ampleur, de "fréquence", du moment de l'année où ils frappent ou de la zone géographique touchée, précisent les scientifiques dans un résumé technique, mettant aussi en garde contre des extrêmes groupés - canicule plus sécheresse, pluie plus inondations- pouvant provoquer des "impacts importants et sans précédent".La capacité des forêts, des sols et des océans à absorber le CO2 émis par les hommes risque de s'affaiblir avec la poursuite des émissions, menaçant les efforts pour limiter le réchauffement de la planète à des niveaux acceptables, mettent en garde les experts climat de l'ONU. Sur les six dernières décennies, ces puits de carbone ont réussi à retirer de l'atmosphère 56% du CO2 émis par les activités humaines, limitant le réchauffement. Mais ils risquent de devenir "moins efficaces" à l'avenir, selon le rapport choc du Giec.La "circulation méridienne de retournement atlantique" (AMOC), système complexe de courants océaniques qui permettent de réguler la chaleur entre les tropiques et l'hémisphère nord, se ralentit, une tendance qui va "très probablement" se poursuivre pendant tout le siècle. Le Giec estime également, avec un niveau de confiance "moyen", que l'AMOC pourrait complètement s'arrêter, ce qui entrainerait notamment des hivers plus durs en Europe et une perturbation des moussons en Afrique et en Asie.Certaines conséquences du réchauffement de la planète, notamment la fonte des glaces et la hausse du niveau de la mer, sont désormais "irréversibles pour des siècles ou des millénaires", estiment-ils encore. Quel que soit le rythme des futures émissions de gaz à effet de serre, le niveau des océans va continuer à augmenter pendant "des siècles, voire des millénaires", notamment sous l'impulsion de la fonte des calottes glaciaires.Le niveau des océans a augmenté d'environ 20 cm depuis 1900, et le rythme de cette hausse a triplé ces dix dernières années sous l'influence grandissante de la fonte des calottes glaciaires. Même si le réchauffement est limité à +2°C, les océans pourraient gagner environ 50 cm au XXIe siècle et cette hausse pourrait atteindre près de 2 mètres d'ici 2300 - deux fois plus qu'estimé par le Giec en 2019. En raison de l'incertitude liée aux calottes, dans le scénario du pire, les experts ne peuvent pas exclure une augmentation de 2 mètres d'ici 2100.Les modifications abruptes du système climatique à "faible probabilité" mais "impact important", appelés "point de ruptures" quand ils deviennent irréversibles, "ne peuvent pas être exclus". L'effondrement des calottes glaciaires capable de faire monter la mer de dizaines de mètres, le dégel du permafrost qui renferme des volumes immenses de carbone ou la transformation de l'Amazonie en savane en font partie. La responsabilité de l'humanité dans le réchauffement climatique est "sans équivoque", martèle le nouveau rapport, qui estime que les activités humaines ont provoqué la quasi-totalité des +1,1°C gagnés depuis le 19e siècle. "Il est clair depuis des décennies que le système climatique de la Terre change, et le rôle de l'influence humaine sur le système climatique est incontesté", a déclaré Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe d'experts ayant élaboré ce texte.Le réchauffement de la planète devrait atteindre +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle autour de 2030, dix ans plus tôt que les dernières estimations il y a trois ans. Et la hausse des températures se poursuivrait ensuite pour dépasser ce seuil - une des limites-clés de l'Accord de Paris - d'ici 2050, même si le monde parvenait à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.Océans, terres, atmosphère, toute la planète se réchauffe mais certaines zones plus vite que d'autres. En Arctique par exemple, la température moyenne des jours les plus froids devrait augmenter trois fois plus vite que le réchauffement mondial. Et si le niveau de la mer monte partout, il pourrait gagner jusqu'à 20% de plus que la moyenne sur de nombreux littoraux.Le Giec n'avait jamais autant parlé du méthane, avec cette mise en garde: si les émissions de CH4, deuxième gaz à effet de serre le plus important après le CO2, ne sont pas réduites, cela pourrait saper les objectifs de l'Accord de Paris. Les concentrations de CH4 dans l'atmosphère - auxquelles contribuent les fuites venues de la production de gaz, les mines, le traitement des déchets et le bétail - dans l'atmosphère sont à leur plus haut depuis 800.000 ans. Et il a un pouvoir de réchauffement bien plus important que le CO2, même s'il reste bien moins longtemps que lui dans l'atmosphère.