Tout sur Vincent Delcorps

Bien sûr, on s'attendait à des modifications profondes. Il semblait probable que les catholiques perdent leur majorité absolue. Le triomphe des socialistes était attendu. On prédisait aussi la percée de l'un ou l'autre parti nouveau - qu'il soit le fait de militants flamands ou carrément d'antipolitiques. Personne, pourtant, n'avait imaginé pareil séisme.

Il semblait avoir été conçu pour résister à tout. Aux victoires politiques comme aux défaites électorales. Aux crises gouvernementales comme aux conflits d'intérêts. Aux affaires de moeurs comme aux scandales sexuels. Aux bancs solaires comme aux implants capillaires. Cet homme politique, pourtant, n'était pas immortel.

Record battu ! Dans l'histoire du pays, jamais un gouvernement (de plein exercice) n'avait eu vie si courte. Après six jours, voilà Wilfried Martens contraint de présenter sa démission. Une surprise ? Pas vraiment. L'espérance de vie de son exécutif était brève.

A plusieurs hectomètres de la plage, un hydravion dépose quelques jolies sirènes sur un petit canoé. Les photographes ont été prévenus ; ils immortalisent l'instant. Le lendemain, les beautés se retrouvent sur du papier glacé. Car Cannes, c'est déjà du strass et des paillettes. Des vedettes aussi : Edith Piaf, Michèle Morgan, Jean Cocteau... Ils sont tous là.

On nous avait dit que c'était un malheureux accident. La faute à pas de chance... Per Hallonquist, le pilote du Douglas DC-6, n'était pas des plus expérimentés. En plus, il était fatigué. On nous avait dit aussi que la région était propice aux accidents. Qu'il y avait de hautes collines, qu'il ne fallait pas voler trop bas. Qu'une erreur de pilotage ne pardonnait pas...

"Je ne démissionnerai pas, parce que le peuple est avec moi". Il est 8 h 10 et Salvador Allende est confiant. Ou, en tout cas, optimiste. Le président chilien rassure ses compatriotes sur les ondes de la radio nationale : il ne compte pas les abandonner. Mais il est bientôt interrompu. Brutalement, une autre voix se fait entendre.

Dans deux jours, ils ont examen. Mais cet après-midi, ils sont dans leur salon. Ou sur la Grand-Place de Bruxelles. Ou ailleurs... Pas plongés dans leurs syllabi mais devant un écran. Les yeux rivés vers Paris, les étudiants du royaume sentent le souffle de l'histoire. Et ils ne sont pas les seuls.

Il est 19 heures, ce 2 juin, et la conférence est un échec. Ils n'y parviennent pas : les Six se révèlent incapables de s'accorder sur un texte. Leurs conceptions divergent trop. Que faire, alors ? Se divertir ! L'hôte italien a prévu d'emmener les négociateurs au théâtre.

L'Europe est en fête ! De quinze, elle passe à vingt-cinq. D'une ampleur inédite, cet élargissement permet de définitivement tourner la page de la guerre froide. De réunifier un continent trop longtemps divisé. De manifester la victoire de la démocratie libérale et de l'économie de marché.

Un "prince de l'esprit". Mieux : "l'un des hommes les plus intelligents de France". Voilà comment le philosophe Raymond Aron qualifie alors le trentenaire Maurice Lauré. Et pourtant, si le premier a accédé à la notoriété, ce ne fut pas le cas du second. C'est que Lauré est homme de l'ombre

Décédé le 3 décembre à l'âge de 92 ans, l'homme d'affaires carolo devenu l'homme le plus riche de Belgique aura souvent mis fin à l'aura belge des grandes entreprises entre ses mains. Même si les négligences de l'Etat et les mutations de l'Europe l'y ont bien aidé, comme le rappelle l'historien Vincent Delcorps (UCLouvain et Ihecs).

C'est un secret d'Etat à la belge. Une information que tout le monde devine, mais que l'on s'efforce de garder secrète. Une bombe que l'on conserve au frigo avec le ridicule espoir que le temps seul finira par la désamorcer. En ce beau mois de juin, enfin, le gouvernement passe à l'action. Il dévoile les chiffres du dernier recensement linguistique. Mais comment expliquer que pour ce faire, pas moins de sept années aient été nécessaires ?