Le PTB élira son président le 5 décembre lors d'un congrès statutaire. Seul candidat à la fonction, Raoul Hedebouw, est la personnalité la plus populaire du parti, mais il n'en était "que" le porte-parole, ce qui pouvait, dit-on parfois, créer quelques tensions, dans les hautes-sphères d'une formation qui préserve chèrement le secret de ses discussions. Il en deviendra donc le président. Les attributs de la présidence et des autres fonctions de direction seront également revus, notamment en déchargeant la présidence d'une série de tâches plutôt administratives, et en obligeant son occupant futur à davantage d'interventions médiatiques que son actuel. Ca tombe bien : Peter Mertens n'aimait pas ça, et Raoul Hedebouw adore ça.

Mais pour autant, Peter Mertens, président depuis 2008, n'est pas près de prendre sa retraite après le congrès du 5 décembre. Selon nos informations, il deviendra alors secrétaire général du parti, un autre poste-clé, moins médiatique mais pas vraiment moins décisionnel, tandis que David Pestieau, président du service d'études du PTB et vice-président, serait, lui, installé comme directeur politique. "Pour Peter, c'est sûr. Pour David, ça sera tranché en janvier, notamment par rapport aux autres fonctions, comme celle de chef de groupe à la Chambre qu'occupe Raoul Hedebouw", nous dit-on.

"Pas à l'ordre du jour"

Au parti, officiellement, on ne commente pas la nouvelle distribution des tâches, "c'est quelque chose qui n'est pas à l'ordre du jour : aujourd'hui, nous avons communiqué sur le nom de Raoul". Elle n'est, du reste, surtout nouvelle que dans les dénominations, puisque David Pestieau était déjà celui qui composait la partition politique du parti, Peter Mertens était déjà celui qui l'imprimait, et Raoul Hedebouw celui qui la mettait en musique.

La candidature de "Raoul" n'est à cet égard pas une surprise. Par sa gouaille et son talent de tribun, le Liégeois a largement contribué à faire du PTB le parti politique montant dans la partie francophone du pays. Comme d'autres figures du PTB, Raoul Hedebouw est l'un des "princes rouges" du parti. Son père Hubert, psychologue limbourgeois parti travailler en usine, a participé à la fondation d'AMADA (Alle Machten Aan De Arbeiders), ancêtre du parti.

Licencié en botanique de l'Université de Liège, ce passionné d'ornithologie participe en 1996 aux grèves étudiantes contre les plans du gouvernement de la Communauté française de l'époque. Il fait également une apparition remarquée un an plus tard durant la marche multicolore pour l'emploi organisée à Clabecq aux côtés du syndicaliste Roberto D'Orazio.

En 2012, Raoul Hedebouw décroche son premier mandat électoral en devenant conseiller communal à Liège. Aux élections législatives de 2014, il est l'un des deux élus du PTB à la Chambre aux côtés de Marco Van Hees. Il s'impose rapidement comme l'une des voix de l'opposition au gouvernement Michel. Les vidéos des interventions de ce parfait bilingue largement diffusées par le parti d'extrême gauche sur les réseaux sociaux connaissent un franc succès et assoient sa notoriété au sud du pays. Énergique, éloquent, à la fois comique et grave, il a le verbe cinglant et le sens de la formule. Le succès du PTB bouleverse l'échiquier politique francophone. Sa figure de proue essuie une série de critiques: héraut de la classe laborieuse pour les uns, populiste et démagogue pour les autres.

En 2019, il est réélu à la Chambre dans un mouvement qui porte 12 députés dans l'assemblée. Il en devient le chef de groupe. Le style de ses interventions ne change guère -pour ses détracteurs, elles se muent en "shows" à destination des réseaux sociaux- mais le néerlandais y est plus présent, signe sans doute d'un parti communiste qui lorgne les électeurs du nord du pays. Parti fondé en Flandre et dont bon nombre de cadres et même d'élus wallons sont flamands, le PTB vit ce paradoxe de connaître son succès au sud du pays, dans des bastions dominés jusqu'à présent par le PS.

Raoul Hedebouw est porte-parole du PTB. Fidèle aux méthodes de son parti, il s'affiche dans les grandes manifestations syndicales. Au parlement, il porte la voix des marxistes surtout dans les matières liées à l'emploi. Il doit aussi répondre des ambiguïtés du parti d'origine maoïste dans certains dossiers, par exemple celui de la minorité ouïghoure en Chine.

En devenant président, le Liégeois aux origines limbourgeoises aura la tâche de poursuivre l'essor d'un parti commencé sous la direction de Peter Mertens. Si le succès est celui que prédisent les sondages, une question existentielle devra être résolue, celle de la participation au pouvoir dont le PTB se tient jusqu'à présent soigneusement éloigné.

Le PTB élira son président le 5 décembre lors d'un congrès statutaire. Seul candidat à la fonction, Raoul Hedebouw, est la personnalité la plus populaire du parti, mais il n'en était "que" le porte-parole, ce qui pouvait, dit-on parfois, créer quelques tensions, dans les hautes-sphères d'une formation qui préserve chèrement le secret de ses discussions. Il en deviendra donc le président. Les attributs de la présidence et des autres fonctions de direction seront également revus, notamment en déchargeant la présidence d'une série de tâches plutôt administratives, et en obligeant son occupant futur à davantage d'interventions médiatiques que son actuel. Ca tombe bien : Peter Mertens n'aimait pas ça, et Raoul Hedebouw adore ça. Mais pour autant, Peter Mertens, président depuis 2008, n'est pas près de prendre sa retraite après le congrès du 5 décembre. Selon nos informations, il deviendra alors secrétaire général du parti, un autre poste-clé, moins médiatique mais pas vraiment moins décisionnel, tandis que David Pestieau, président du service d'études du PTB et vice-président, serait, lui, installé comme directeur politique. "Pour Peter, c'est sûr. Pour David, ça sera tranché en janvier, notamment par rapport aux autres fonctions, comme celle de chef de groupe à la Chambre qu'occupe Raoul Hedebouw", nous dit-on.Au parti, officiellement, on ne commente pas la nouvelle distribution des tâches, "c'est quelque chose qui n'est pas à l'ordre du jour : aujourd'hui, nous avons communiqué sur le nom de Raoul". Elle n'est, du reste, surtout nouvelle que dans les dénominations, puisque David Pestieau était déjà celui qui composait la partition politique du parti, Peter Mertens était déjà celui qui l'imprimait, et Raoul Hedebouw celui qui la mettait en musique. La candidature de "Raoul" n'est à cet égard pas une surprise. Par sa gouaille et son talent de tribun, le Liégeois a largement contribué à faire du PTB le parti politique montant dans la partie francophone du pays. Comme d'autres figures du PTB, Raoul Hedebouw est l'un des "princes rouges" du parti. Son père Hubert, psychologue limbourgeois parti travailler en usine, a participé à la fondation d'AMADA (Alle Machten Aan De Arbeiders), ancêtre du parti.Licencié en botanique de l'Université de Liège, ce passionné d'ornithologie participe en 1996 aux grèves étudiantes contre les plans du gouvernement de la Communauté française de l'époque. Il fait également une apparition remarquée un an plus tard durant la marche multicolore pour l'emploi organisée à Clabecq aux côtés du syndicaliste Roberto D'Orazio.En 2012, Raoul Hedebouw décroche son premier mandat électoral en devenant conseiller communal à Liège. Aux élections législatives de 2014, il est l'un des deux élus du PTB à la Chambre aux côtés de Marco Van Hees. Il s'impose rapidement comme l'une des voix de l'opposition au gouvernement Michel. Les vidéos des interventions de ce parfait bilingue largement diffusées par le parti d'extrême gauche sur les réseaux sociaux connaissent un franc succès et assoient sa notoriété au sud du pays. Énergique, éloquent, à la fois comique et grave, il a le verbe cinglant et le sens de la formule. Le succès du PTB bouleverse l'échiquier politique francophone. Sa figure de proue essuie une série de critiques: héraut de la classe laborieuse pour les uns, populiste et démagogue pour les autres.En 2019, il est réélu à la Chambre dans un mouvement qui porte 12 députés dans l'assemblée. Il en devient le chef de groupe. Le style de ses interventions ne change guère -pour ses détracteurs, elles se muent en "shows" à destination des réseaux sociaux- mais le néerlandais y est plus présent, signe sans doute d'un parti communiste qui lorgne les électeurs du nord du pays. Parti fondé en Flandre et dont bon nombre de cadres et même d'élus wallons sont flamands, le PTB vit ce paradoxe de connaître son succès au sud du pays, dans des bastions dominés jusqu'à présent par le PS.Raoul Hedebouw est porte-parole du PTB. Fidèle aux méthodes de son parti, il s'affiche dans les grandes manifestations syndicales. Au parlement, il porte la voix des marxistes surtout dans les matières liées à l'emploi. Il doit aussi répondre des ambiguïtés du parti d'origine maoïste dans certains dossiers, par exemple celui de la minorité ouïghoure en Chine.En devenant président, le Liégeois aux origines limbourgeoises aura la tâche de poursuivre l'essor d'un parti commencé sous la direction de Peter Mertens. Si le succès est celui que prédisent les sondages, une question existentielle devra être résolue, celle de la participation au pouvoir dont le PTB se tient jusqu'à présent soigneusement éloigné.