Métiers de contact

La réouverture des métiers de contact était au centre des discussions du Comité de concertation, qui s'est clôturé en fin d'après-midi, ce vendredi. Si les experts s'y opposaient majoritairement, la réouverture des salons de coiffure a été confirmée pour le 13 février, avec plusieurs mesures strictes à respecter.

- un temps d'attente de 10 minutes entre deux traitements, pour le nettoyage et la désinfection de la zone de traitement

- une obligation de travailler sur rendez-vous

- une obligation pour les clients d'attendre à l'extérieur

- une ventilation suffisante, par exemple en ouvrant les fenêtres et les portes

- le maintien de l'interdiction des services à domicile

- les coiffeurs devront aussi porter des masques chirurgicaux agréés CE (et non des FFP2 comme évoqué dans un premier temps).

Le Comité de concertation recommande en outre un "dépistage répété" pour les coiffeurs et il invite les fédérations et les organisations sectorielles à "élaborer une proposition de tests répétitifs pour les employés qui travaillent dans des circonstances où plusieurs professionnels et plusieurs clients peuvent travailler ou être dans la même pièce en même temps".

Concernant les autres métiers non-médicaux de contact, tels que les Instituts de beauté, les tatoueurs,... leur reprise sera autorisée le 1er mars. Cette information a été confirmée par Alexander De Croo.

La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) s'est réjouit du feu vert à la réouverture des coiffeurs à partir de samedi prochain. Mais elle réclame un plan de solvabilité solide.

Horeca

L'Horeca, qui a vu un nouveau recours rejeté par le Conseil d'Etat hier, a manifesté sa colère aujourd'hui dans les rues de Bruxelles et de Wallonie. Plusieurs représentants ont décidé de hausser le ton le jour même du Comité de concertation. La Fédération des cafés de Belgique (Fedcaf) dit apporter tout son soutien aux manifestations du secteur horeca et exige une réouverture immédiate des cafés, estimant que leur fermeture n'est pas justifiée.

Cependant, aucun assouplissement n'a été décidé ce vendredi pour le secteur Horeca, qui reste donc sans date de reprise en vue. Alexander De Croo l'avait déjà laissé entendre : "Si nous rouvrons les métiers de contact, il ne faut pas y voir l'annonce d'une série d'assouplissements".

"C'est un scandale, une honte. Il faut débloquer des aides et soutenir le secteur. Il n'y a aucune perspective pour la réouverture", a réagi vendredi Fabian Hermans, administrateur de la Fédération Horeca Bruxelles.

Parcs animaliers, campings et parcs de vacances

Conformément à un arrêt du Conseil d'Etat, les parcs de vacances, parcs de bungalow et campings pourront rouvrir à partir du 8 février selon les mêmes conditions que les autres types de logement, notamment la fermeture des bars, restaurants et installations communes. Le 13 février, les parcs animaliers pourront aussi rouvrir leurs portes mais seulement pour des activités en plein air et moyennant un contrôle strict de l'accès.

Culture

La cellule de crise Culture a demandé d'offrir au secteur l'opportunité de reprendre du service à partir du 13 mars - date anniversaire du confinement. "Selon les protocoles de sécurité affinés et sur la base d'un cadre clairement convenu". Le secteur demande également une extension des mesures de soutien.

Toutefois, le Comité de concertation n'a annoncé aucune perspective pour la reprise du secteur culturel. "Plus que de la déception, c'est de la lassitude" que ressentent les centres culturels après la conférence de presse tenue à l'issue du dernier Comité de concertation (Codeco) consacré à la gestion de l'épidémie de Covid-19, réagit vendredi soir Patricia Santoro, directrice de l'association des centres culturels.

La Belgique, un modèle européen?

Alexander De Croo et Frank Vandenbroucke n'ont pas manqué de mettre en avant "le modèle belge". Le Premier ministre a vanté les mérites de la gestion de crise belge comparée à celle de certains voisins européens, rappelant au passage la bonne maîtrise des nouveaux variants, l'ouverture maintenue des écoles et des magasins non essentiels, ainsi qu'un couvre-feu relativement peu sévère. "Ce sont des libertés que nous avons, que d'autres n'ont pas", a insisté Alexander De Croo. "L'éclosion des nouveaux variants beaucoup plus contagieux a eu un impact limité en Belgique, contrairement à ce que l'on observe chez des pays voisins. Les mesures fonctionnent bien car les gens les appliquent bien. Mais il faut rester sur nos gardes", rappelle De Croo. "La situation reste mitigée et nous avons pris des décisions avec une prudence extrême. Ce sont des mesures très contraignantes, mais on ne les gardera pas un jour trop. Le moment où l'on pourra faire des assouplissements, on le fera", a-t-il tenté de rassurer.

Frank Vandenbroucke va dans le même sens: "Il serait prétentieux de dire que la Belgique a trouvé le modèle gagnant, mais nous pouvons dire que nos efforts portent leurs fruits. Nous sommes en train de créer une approche du problème en Belgique, lorsqu'on compare avec nos voisins." Avant d'insister sur la "capacité de testing considérable" en Belgique.

Par ailleurs, lorsque les voyages non essentiels seront à nouveau autorisés (pas avant le 1er avril), les personnes qui reviennent en Belgique seront obligées de se faire tester à leur retour. Le ministre de la Santé a évoqué un nouveau système de sanctions pour ceux qui ne respecteraient pas la règle.

Frank Vandenbroucke et Alexander De Croo, belga
Frank Vandenbroucke et Alexander De Croo © belga

Santé mentale?

Un autre volet abordé est celui de la santé mentale des citoyens. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, avait d'ailleurs réaffirmé que le moral devait devenir "une priorité nationale".

Outre quelques mots de courage d'Alexander De Croo pour la jeunesse isolée, les grands-parents, les personnes travaillant de l'Horeca et le secteur culturel, aucune mesure concrète n'a été évoquée. Si ce n'est la réouverture des centres de soins, qui jouent un "rôle important pour faire face à situation difficile". La bulle de contacts sociaux rapprochés (une personne) n'est pas élargie.

Voyages non essentiels interdits jusqu'au 1er avril, couvre-feu, bulle, magasins

Le couvre-feu de 22h à 5h du matin (6h en fonction des régions) est toujours d'application. Aucun assouplissement à ce sujet n'a été évoqué. Les voyages non-essentiels sont désormais interdits jusqu'au 1er avril. La bulle de contacts rapprochés est toujours fixée à une personne. Les magasins non essentiels restent ouverts. Tout comme les écoles.

Etudiants

Alors qu'un accord était intervenu entre les Communautés et les experts sur une bulle élargie pour les étudiants koteurs, le Comité de concertation n'est finalement pas allé en ce sens vendredi.

Immo

Les agents immobiliers pourront reprendre les visites des biens à partir du 13 février.

Perspectives au long terme

Le comité de concertation s'est aussi penché sur les perspectives à plus long terme, un an après le début de la crise et des premières mesures de restriction. Le commissariat Covid-19 et le GEMS, groupe d'experts qui conseillent les gouvernements, ont été chargés de rédiger une feuille de route qui doit permettre un assouplissement en tenant compte de la situation épidémiologique et de la vaccination.

En attendant, l'arrêté ministériel qui contient les mesures est prolongé jusqu'au 1er avril afin de garantir la sécurité juridique du dispositif actuel au-delà du 1er mars. Des modifications pourront toutefois avoir lieu entretemps.

Les différents gouvernements ont durci le ton à propos du contrôle de l'obligation de se faire tester. A partir du 1er avril, la police disposera des données nécessaires pour sanctionner le non-respect de l'obligation, par exemple pour les voyageurs de retour d'une zone rouge.

Le prochain comité de concertation aura lieu le 26 février.

Il devrait, selon le ministre-président flamand Jan Jambon, examiner un plan de sortie que le groupe d'experts du GEMS est chargé d'élaborer pour les secteurs de la culture, du sport, de l'horeca et de la jeunesse.

Cela ne signifie pas que des assouplissements seront d'emblée possibles dès cette date. Il faudra voir alors l'évolution de l'épidémie pour, éventuellement, procéder à des assouplissements dans ces secteurs en fonction de ce plan de sortie.

"La propagation du virus déterminera l'agenda", a résumé M. Jambon pour la chaîne de télévision privée flamande VTM.

Frank Vandenbroucke et Alexander De Croo, belga
Frank Vandenbroucke et Alexander De Croo © belga
La réouverture des métiers de contact était au centre des discussions du Comité de concertation, qui s'est clôturé en fin d'après-midi, ce vendredi. Si les experts s'y opposaient majoritairement, la réouverture des salons de coiffure a été confirmée pour le 13 février, avec plusieurs mesures strictes à respecter. - un temps d'attente de 10 minutes entre deux traitements, pour le nettoyage et la désinfection de la zone de traitement - une obligation de travailler sur rendez-vous - une obligation pour les clients d'attendre à l'extérieur - une ventilation suffisante, par exemple en ouvrant les fenêtres et les portes - le maintien de l'interdiction des services à domicile - les coiffeurs devront aussi porter des masques chirurgicaux agréés CE (et non des FFP2 comme évoqué dans un premier temps).Le Comité de concertation recommande en outre un "dépistage répété" pour les coiffeurs et il invite les fédérations et les organisations sectorielles à "élaborer une proposition de tests répétitifs pour les employés qui travaillent dans des circonstances où plusieurs professionnels et plusieurs clients peuvent travailler ou être dans la même pièce en même temps".Concernant les autres métiers non-médicaux de contact, tels que les Instituts de beauté, les tatoueurs,... leur reprise sera autorisée le 1er mars. Cette information a été confirmée par Alexander De Croo.La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) s'est réjouit du feu vert à la réouverture des coiffeurs à partir de samedi prochain. Mais elle réclame un plan de solvabilité solide.L'Horeca, qui a vu un nouveau recours rejeté par le Conseil d'Etat hier, a manifesté sa colère aujourd'hui dans les rues de Bruxelles et de Wallonie. Plusieurs représentants ont décidé de hausser le ton le jour même du Comité de concertation. La Fédération des cafés de Belgique (Fedcaf) dit apporter tout son soutien aux manifestations du secteur horeca et exige une réouverture immédiate des cafés, estimant que leur fermeture n'est pas justifiée.Cependant, aucun assouplissement n'a été décidé ce vendredi pour le secteur Horeca, qui reste donc sans date de reprise en vue. Alexander De Croo l'avait déjà laissé entendre : "Si nous rouvrons les métiers de contact, il ne faut pas y voir l'annonce d'une série d'assouplissements"."C'est un scandale, une honte. Il faut débloquer des aides et soutenir le secteur. Il n'y a aucune perspective pour la réouverture", a réagi vendredi Fabian Hermans, administrateur de la Fédération Horeca Bruxelles. Conformément à un arrêt du Conseil d'Etat, les parcs de vacances, parcs de bungalow et campings pourront rouvrir à partir du 8 février selon les mêmes conditions que les autres types de logement, notamment la fermeture des bars, restaurants et installations communes. Le 13 février, les parcs animaliers pourront aussi rouvrir leurs portes mais seulement pour des activités en plein air et moyennant un contrôle strict de l'accès.La cellule de crise Culture a demandé d'offrir au secteur l'opportunité de reprendre du service à partir du 13 mars - date anniversaire du confinement. "Selon les protocoles de sécurité affinés et sur la base d'un cadre clairement convenu". Le secteur demande également une extension des mesures de soutien. Toutefois, le Comité de concertation n'a annoncé aucune perspective pour la reprise du secteur culturel. "Plus que de la déception, c'est de la lassitude" que ressentent les centres culturels après la conférence de presse tenue à l'issue du dernier Comité de concertation (Codeco) consacré à la gestion de l'épidémie de Covid-19, réagit vendredi soir Patricia Santoro, directrice de l'association des centres culturels.Un autre volet abordé est celui de la santé mentale des citoyens. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, avait d'ailleurs réaffirmé que le moral devait devenir "une priorité nationale". Outre quelques mots de courage d'Alexander De Croo pour la jeunesse isolée, les grands-parents, les personnes travaillant de l'Horeca et le secteur culturel, aucune mesure concrète n'a été évoquée. Si ce n'est la réouverture des centres de soins, qui jouent un "rôle important pour faire face à situation difficile". La bulle de contacts sociaux rapprochés (une personne) n'est pas élargie.Le couvre-feu de 22h à 5h du matin (6h en fonction des régions) est toujours d'application. Aucun assouplissement à ce sujet n'a été évoqué. Les voyages non-essentiels sont désormais interdits jusqu'au 1er avril. La bulle de contacts rapprochés est toujours fixée à une personne. Les magasins non essentiels restent ouverts. Tout comme les écoles.Alors qu'un accord était intervenu entre les Communautés et les experts sur une bulle élargie pour les étudiants koteurs, le Comité de concertation n'est finalement pas allé en ce sens vendredi. Les agents immobiliers pourront reprendre les visites des biens à partir du 13 février. Le comité de concertation s'est aussi penché sur les perspectives à plus long terme, un an après le début de la crise et des premières mesures de restriction. Le commissariat Covid-19 et le GEMS, groupe d'experts qui conseillent les gouvernements, ont été chargés de rédiger une feuille de route qui doit permettre un assouplissement en tenant compte de la situation épidémiologique et de la vaccination.En attendant, l'arrêté ministériel qui contient les mesures est prolongé jusqu'au 1er avril afin de garantir la sécurité juridique du dispositif actuel au-delà du 1er mars. Des modifications pourront toutefois avoir lieu entretemps. Les différents gouvernements ont durci le ton à propos du contrôle de l'obligation de se faire tester. A partir du 1er avril, la police disposera des données nécessaires pour sanctionner le non-respect de l'obligation, par exemple pour les voyageurs de retour d'une zone rouge. Le prochain comité de concertation aura lieu le 26 février. Il devrait, selon le ministre-président flamand Jan Jambon, examiner un plan de sortie que le groupe d'experts du GEMS est chargé d'élaborer pour les secteurs de la culture, du sport, de l'horeca et de la jeunesse. Cela ne signifie pas que des assouplissements seront d'emblée possibles dès cette date. Il faudra voir alors l'évolution de l'épidémie pour, éventuellement, procéder à des assouplissements dans ces secteurs en fonction de ce plan de sortie. "La propagation du virus déterminera l'agenda", a résumé M. Jambon pour la chaîne de télévision privée flamande VTM.