Pour le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD), il est trop tôt pour rouvrir d'autres secteurs. "Si demain nous décidons que les métiers de contact non médicaux peuvent rouvrir, il ne faudra pas y voir l'annonce de toute une série d'assouplissements. La situation épidémiologique ne le permettrait absolument pas. Il y a encore de grands éléments d'incertitude. Si vous voulez ouvrir certaines perspectives, il faut prendre en compte les chiffres de contaminations et voir comment évolue la campagne de vaccination, elle aussi liée à un facteur d'incertitude important", a déclaré De Croo à la Chambre. Il est également trop tôt pour avancer une date concrète. "Ce serait donner de faux espoirs. Il est difficile de donner des perspectives alors qu'il y a autant d'incertitude.

"Nous allons axer notre réflexion sur deux aspects, le comment et le pourquoi", a-t-il développé. "Sur le comment, la sécurité aura la plus grande priorité. Les experts ont ainsi développé des protocoles qui vont plus loin pour ce qui avait été édicté après la première vague" de la pandémie. Sur le pourquoi, Alexander De Croo a indiqué que l'intention restait de maintenir les écoles et les entreprises ouvertes.

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a également souligné qu'un éventuel feu vert pour les métiers de contact ne doit pas être interprété comme le début d'une nouvelle série d'assouplissements. "C'est une question isolée."

Pour Vandenbroucke, il est toutefois certain que la vie pourra reprendra "pas à pas" et "de manière sûre" une fois que les groupes vulnérables seront vaccinés. "C'est une certitude, mais l'incertitude, c'est quand, ce qu'il va encore se passer, et le chemin pour y arriver", a-t-il déclaré.

Outre les métiers de contact, les exploitants des centres de vacances, des campings et des zoos peuvent également s'attendre à de bonnes nouvelles. Le Conseil d'État a en effet donné raison à Recread, qui représente des exploitants de campings et parcs de vacances au nord du pays, dans un arrêt rendu mardi. La fédération avait introduit un recours fin janvier afin d'obtenir les mêmes conditions que les hôtels, bed & breakfast et maisons et appartements de vacances non collectifs à la Côte, qui ont pu, eux, rester ouverts. Le Conseil d'État "constate qu'à première vue, la ministre (de l'Intérieur) ne donne pas de justification adéquate" pour cette discrimination. Le comité de concertation se penchera dès lors sur les mesures à prendre afin de se conformer à cet arrêt du Conseil d'État.

Prolongation de la fermeture de l'horeca

Pour les autres secteurs, comme l'horeca et l'événementiel, la prolongation de la fermeture se profile, l'objectif affiché par les autorités - atteindre un nombre d'infections inférieur à 800 par jour pendant trois semaines - n'étant pas rencontré.

Vandenbroucke a évoqué les problèmes de livraison de vaccins Pfizer/BioNTech et AstraZeneca, même s'il n'a pas voulu critiquer l'Union européenne qui a négocié les contrats avec les géants pharmaceutiques au nom des états membres. "L'UE a misé sur une palette large de fournisseurs, ce qui réduit les risques. Les contrats conclus fournisseur par fournisseur ne sont peut-être pas étanches, mais si nous les voulons rapidement, et à moindre prix, c'est peut-être un choix qui se défend."

"Il faut arrêter de dire que les autres pays sont plus rapides que nous"

"Il faut arrêter de dire que les autres pays sont plus rapides que nous" en matière de vaccination, s'est emporté jeudi Frank Vandenbroucke. Le ministre de la Santé publique a bien relevé certaines difficultés dans le suivi de la campagne, tout en niant tout retard par rapport aux pays voisins.

Frank Vandenbroucke était interrogé en séance plénière de la Chambre par les députés Catherine Fonck (cdH), Melissa Depraetere (sp.a), Caroline Taquin (MR), Peter De Roover (N-VA), Kathleen Depoorter (N-VA) et Sofie Merckx (PTB).

"Notre rythme de vaccination est bien trop lent", a estimé Mme Fonck. "C'est bien de dire qu'il faut vacciner, vacciner, vacciner, mais il faut surtout accélérer, accélérer, accélérer".

"Pendant que les uns sont en pénurie, il y en a qui sont en train de compter leurs sous", a relevé Sofie Merckx, pointant les bénéfices annoncés par la firme pharmaceutique Pfizer.

"La perspective est claire: quand les plus vulnérables seront vaccinés, il sera possible de reprendre une vie normale. C'est une certitude. L'incertitude, c'est quand (on pourra la reprendre)", a répondu Frank Vandenbroucke.

"Mais il faut arrêter de dire que les autres pays sont plus rapides que nous. Ce n'est pas correct, vous pouvez vérifier cela Mme Fonck ! Selon le 'vaccine tracker' de l'Union européenne, le taux de vaccination en première dose est de 1,1% aux Pays-Bas et de 2,8% en France et en Allemagne. La Belgique est à 3,1%. Ouvrez le lien ! Seuls trois pays de l'UE ont un taux supérieur: le Danemark, la Roumanie et la Pologne !"

En début de soirée, le cabinet du ministre a toutefois corrigé les chiffres communiqués en plénière par le ministre. "Nous faisons mieux que nos pays voisins, la France, les Pays-Bas et l'Allemagne en termes d'administration de la première dose. Mais si vous prenez tous les États membres de l'UE et l'Islande, cinq pays qui font clairement mieux que la Belgique, à savoir le Danemark, la Roumanie, l'Irlande et Malte ainsi que l'Islande. La Finlande, la Pologne et la Suède font également un peu mieux. Nous sommes donc dans le milieu du peloton, mais certainement pas à l'arrière."

"Vous faites une drôle de comparaison avec les pays voisins", a répliqué Catherine Fonck. "En Belgique, nous sommes huitièmes en partant du bas ! Et sur les plus de 570.000 doses reçues, seules 320.000 ont été administrées."

Frank Vandenbroucke a par ailleurs évoqué deux problèmes concernant le vaccin développé par la firme AstraZeneca. D'une part, "nous n'obtenons pas tout de suite ce que nous avons espéré" et "nous déplorons ce manque de transparence". D'autre part, l'incertitude concernant l'efficacité pour les plus de 55 ans impose une modification de la stratégie de vaccination. "C'est un bon vaccin pour les 18-55 ans, et c'est ainsi que l'on va l'utiliser", a-t-il assuré.

En réponse au PTB, Frank Vandenbroucke s'est dit ouvert à "un débat fondamental sur le rôle de l'industrie pharmaceutique". "Mais aujourd'hui, ça ne vas pas nous aider. Il faut travailler avec les instruments que nous avons."

Belga

CB/Belga

Pour le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD), il est trop tôt pour rouvrir d'autres secteurs. "Si demain nous décidons que les métiers de contact non médicaux peuvent rouvrir, il ne faudra pas y voir l'annonce de toute une série d'assouplissements. La situation épidémiologique ne le permettrait absolument pas. Il y a encore de grands éléments d'incertitude. Si vous voulez ouvrir certaines perspectives, il faut prendre en compte les chiffres de contaminations et voir comment évolue la campagne de vaccination, elle aussi liée à un facteur d'incertitude important", a déclaré De Croo à la Chambre. Il est également trop tôt pour avancer une date concrète. "Ce serait donner de faux espoirs. Il est difficile de donner des perspectives alors qu'il y a autant d'incertitude. "Nous allons axer notre réflexion sur deux aspects, le comment et le pourquoi", a-t-il développé. "Sur le comment, la sécurité aura la plus grande priorité. Les experts ont ainsi développé des protocoles qui vont plus loin pour ce qui avait été édicté après la première vague" de la pandémie. Sur le pourquoi, Alexander De Croo a indiqué que l'intention restait de maintenir les écoles et les entreprises ouvertes. Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a également souligné qu'un éventuel feu vert pour les métiers de contact ne doit pas être interprété comme le début d'une nouvelle série d'assouplissements. "C'est une question isolée."Pour Vandenbroucke, il est toutefois certain que la vie pourra reprendra "pas à pas" et "de manière sûre" une fois que les groupes vulnérables seront vaccinés. "C'est une certitude, mais l'incertitude, c'est quand, ce qu'il va encore se passer, et le chemin pour y arriver", a-t-il déclaré. Outre les métiers de contact, les exploitants des centres de vacances, des campings et des zoos peuvent également s'attendre à de bonnes nouvelles. Le Conseil d'État a en effet donné raison à Recread, qui représente des exploitants de campings et parcs de vacances au nord du pays, dans un arrêt rendu mardi. La fédération avait introduit un recours fin janvier afin d'obtenir les mêmes conditions que les hôtels, bed & breakfast et maisons et appartements de vacances non collectifs à la Côte, qui ont pu, eux, rester ouverts. Le Conseil d'État "constate qu'à première vue, la ministre (de l'Intérieur) ne donne pas de justification adéquate" pour cette discrimination. Le comité de concertation se penchera dès lors sur les mesures à prendre afin de se conformer à cet arrêt du Conseil d'État.Prolongation de la fermeture de l'horecaPour les autres secteurs, comme l'horeca et l'événementiel, la prolongation de la fermeture se profile, l'objectif affiché par les autorités - atteindre un nombre d'infections inférieur à 800 par jour pendant trois semaines - n'étant pas rencontré.Vandenbroucke a évoqué les problèmes de livraison de vaccins Pfizer/BioNTech et AstraZeneca, même s'il n'a pas voulu critiquer l'Union européenne qui a négocié les contrats avec les géants pharmaceutiques au nom des états membres. "L'UE a misé sur une palette large de fournisseurs, ce qui réduit les risques. Les contrats conclus fournisseur par fournisseur ne sont peut-être pas étanches, mais si nous les voulons rapidement, et à moindre prix, c'est peut-être un choix qui se défend." CB/Belga