Il y a quelques semaines encore, c'était le scénario du pire. Celui qu'on ne voulait pas revivre. Qu'on se refusait même à envisager, tant il a laissé des traces sur nos vies. Mais depuis quelques jours, on ne l'exclut plus. Ni les virologues, ni les politiques. "Je ne peux pas garantir que nous pourrons éviter le confinement", a ainsi lâché, le dimanche 11 octobre, le nouveau ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (SP.A) sur le plateau de VTM.
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Il y a quelques semaines encore, c'était le scénario du pire. Celui qu'on ne voulait pas revivre. Qu'on se refusait même à envisager, tant il a laissé des traces sur nos vies. Mais depuis quelques jours, on ne l'exclut plus. Ni les virologues, ni les politiques. "Je ne peux pas garantir que nous pourrons éviter le confinement", a ainsi lâché, le dimanche 11 octobre, le nouveau ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (SP.A) sur le plateau de VTM. Depuis, les nouvelles mesures pour tenter d'endiguer la propagation fulgurante de la pandémie s'enchaînent. Le sport amateur se retrouve sans public, ni buvettes, les bars sont fermés dans de nombreuses villes du pays. Un couvre-feu a été instauré dans certaines provinces, comme le Brabant wallon ou le Luxembourg. Des mesures locales ou sectorielles qui s'ajoutent à celles prises la semaine dernière à l'échelon fédéral et qui ont réduit notre sphère sociale à un seul chiffre: 4. Comme en mars-avril, l'objectif poursuivi est le même. Enrayer la propagation du virus et éviter l'engorgement des hôpitaux. Des hôpitaux qui sont passés en phase 1A depuis le mercredi 14 octobre dans tout le pays, et dans lesquels un quart des lits en soins intensifs sont désormais réservés aux patients Covid. Des hôpitaux qui se disent aussi moins démunis qu'au printemps, mais dont le personnel est fourbu et toujours en nombre insuffisant. Ils tiendront évidemment, disent-ils, mais à quel prix? Le reconfinement, s'il est désormais sur toutes les lèvres, reste néanmoins l'arme ultime dans la lutte contre le coronavirus. Frank Vandenbroucke a d'ailleurs bien rappelé que la volonté du gouvernement était de garder entreprises et écoles ouvertes. Mais là aussi, la situation devient tendue. Dans les écoles, les directions appellent à l'aide entre la gestion des absences des professeurs et celles des élèves. Le corps enseignant, lui, pointe un trio infernal entre faire respecter les consignes aux élèves, rattraper le retard accumulé et porter un masque en permanence. Pour les entreprises, un reconfinement serait catastrophique. "Mortel" même, avertit la Fédération des entreprises de Belgique. La Banque nationale de Belgique évalue à 40 milliards d'euros les pertes pour l'économie belge en cas de nouveau lockdown. D'autant, argumentent les entreprises, que les contaminations semblent se faire essentiellement dans la sphère privée. Et c'est une autre préoccupation du moment: agir sur les principaux foyers de contamination (lire par ailleurs). Car outre dans les cellules familiales, la propagation du virus est également particulièrement marquée dans les villes et les quartiers densément peuplés. Dans les logements multi-générationnels et les sites universitaires. Avec aussi une différence plus accentuée entre la Flandre, d'une part, et Bruxelles et la Wallonie, de l'autre. Une différence qui s'explique selon le professeur en épidémiologie Yves Coppieters (ULB) par un testing et un tracing plus efficaces en Flandre qu'à Bruxelles et en Wallonie. "Le virus ne circule pas moins en Flandre qu'en Wallonie, mais en Flandre, ils arrivent à stabiliser un peu plus les transmissions, même si la situation est grave aussi." En effet, la situation est grave, critique même. Mais pas désespérée. Il faut donc tenir, encore.