Faut-il reconfiner "d'urgence" Bruxelles et la Wallonie comme le souhaite le docteur Philippe Laurent, à la tête de la Croix-Rouge, vu l'explosion des contaminations au coronavirus au sud du pays ? Le scénario du pire n'est plus totalement exclu par les autorités fédérales, mais ce n'est pas la piste privilégiée en priorité, tant les dégâts risqueraient d'être importants pour l'économie ou le moral des citoyens. D'ores et déjà, des mesures sont prises pour resserrer la vis, mais d'autres sont envisagées. Un Comité de concertation, qui réunit le fédéral et les entités fédérées, est organisé vendredi, ce qui laisse augurer de nouvelles restrictions.
...

Faut-il reconfiner "d'urgence" Bruxelles et la Wallonie comme le souhaite le docteur Philippe Laurent, à la tête de la Croix-Rouge, vu l'explosion des contaminations au coronavirus au sud du pays ? Le scénario du pire n'est plus totalement exclu par les autorités fédérales, mais ce n'est pas la piste privilégiée en priorité, tant les dégâts risqueraient d'être importants pour l'économie ou le moral des citoyens. D'ores et déjà, des mesures sont prises pour resserrer la vis, mais d'autres sont envisagées. Un Comité de concertation, qui réunit le fédéral et les entités fédérées, est organisé vendredi, ce qui laisse augurer de nouvelles restrictions.Voici ce à quoi on peut s'attendre cette semaine, secteur par secteur.Cette branche de l'Horeca est la première à avoir été ciblée pour faire face à la seconde vague. Bruxelles a décidé de refermer complètement les bars et cafés tandis que le fédéral impose une fermeture à 23h. Rappelons que les discothèques n'ont jamais rouvert leurs portes et que le couvre-feu décrété de 1h à 6h dans les provinces de Brabant wallon et de Luxembourg vise avant tout les sorties nocturnes et les fêtes étudiantes.Les buvettes des activités sportives ont déjà été fermées dans toutes les provinces wallonnes, sur ordre des gouverneurs. Un coup dur pour les finances des clubs, dont certains ont déjà décidé d'arrêter les frais. Lundi, la Flandre a décidé de suspendre temporairement toutes les activités à l'intérieur où une distance de sécurité de 1,5 m ne peut être respectée entre sportifs de plus de 12 ans. La Fédération Wallonie-Bruxelles a pour sa part décidé, après des réunions avec les fédérations concernées, que les sports en salle avec contact seraient suspendus jusqu'à la Toussaint. La mesure entre en vigueur le jeudi 15 octobre. Notons aussi que l'on pourrait revenir sur les autorisations d'organiser des événements sportifs professionnels avec public: le récent Belgique - Côté d'Ivoire de l'équipe nationale de football a vu son public réduit à 7000 personnes, mais dans d'autres pays les matchs sont toujours à huis-clos.Il n'est, a priori, pas question de refermer les écoles et les universités, du moins de manière complète. "Aucun des scénarios préparés avec les experts ne prévoit à ce stade la fermeture des écoles, rappelle la ministre de l'Education, Caroline Désir. Même en code rouge, il reste du présentiel en secondaire, et les élèves du primaire comme du maternel restent en 100% présentiel avec des contraintes sanitaires en plus à respecter." Il est toutefois question dans les écoles d'un passage au code orange. Conséquences? À partir de la troisième secondaire, cela signifierait seulement 2,5 jours en classe par semaine, le reste à distance. Dans le supérieur, le passage au code orange limiterait à 20% le nombre maximum d'étudiants présents en même temps sur le campus, contre 75% en code jaune. L'ULB, après la KUL et la VUB, a décidé qu'elle passerait en code orange à partir de lundi.L'inquiétude est grande de voir l'épidémie à nouveau faire son entrée dans les maisosn de repos et de soins, et toucher les plus aînés, les plus vulnérables. L'interdiction de visites, qui avait suscité l'émoi des familles, avant que les maisons de repos ne deviennent le centre cruel de la crise au printemps, n'est pas prévu en l'état. Des protocoles stricts ont été mis en place. Si des foyers épidémiques sont constatés, les plans prévoient de"simples" limitations: visites réservées à deux personnes et une heure maximum par semaine à Bruxelles. Des fermetures complètes ne sont toutefois pas exclues si la situation devenait "incontrôlable".Mis au bord du gouffre par le confinement, il n'est pas question pour l'instant de les fermer, mais la Fédération Horeca précisait au Soir ce mardi matin que des restaurateurs prévoient déjà une telle éventualité en limitant les commandes chez les fournisseurs ou en se préparant à de nouvelles formules créatives comme les plats à emporter. Chat échaudé craint l'eau froide.L'image revient régulièrement: pourquoi fermer les cafés alors que les transports en commun sont bondés? Le débat aussi est sur la table: selon des experts, le risque serait moindre dans les bus, les trams ou les trains, où aucun 'cluster' n'a été confirmé à ce jour, tandis que d'autres soulignent le temps parfois important placé dans les transports en commun. Secteur stratégique, il ne semble toutefois pas prévu d'y toucher pour l'instant.Le télétravail est à nouveau fortement recommandé et des entreprises se préparent déjà à reconfiner, parfois de façon contrainte en raison des cas positifs constatés dans son personnel. Le secteur bancaire, stratégiquement, remet en place un programme de tournante pour garantir la continuité de son activité. De façon plus large, l'activité économique a déjà apris à s'adapter et pourrait reprendre ses habitudes des mois passées. Le nombre de personnes dans les commerces a déjà, lui aussi, fait l'objet de décisions auparavant.Le secteur culturel, qui a déjà payé un lourd tribut à la crise sanitaire, est traversé d'une vie inquiétude à la perspective d'être à nouveau touché par un confinement, en première ligne. Des aides et des garanties sont déjà prévues par rapport à la situation actuelle pour les arts de la scène, mais un budget est prévu en cas d'évolution de la situation - de la "prévoyance". Tous les regards sont tournés vers le Comité de concertatio, qui a la main. Les craintes doivent être également vives pour les cinémas, qui souffrent déjà de la baisse de fréquentation du public. Pour le moment, toutefois, aucune annonce publique n'a été faite laissant entendre de telles mesures et l'espoir est bien de continuer à faire vivre les protocoles actuels.