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Baleine à bosse : pourquoi la voit-on de plus en plus souvent en mer du Nord ?

Muriel Lefevre

Depuis le mois d’octobre, on observe de plus en plus souvent des baleines à bosse dans la mer du Nord. Si on se promène sur les plages hollandaises, il n’est plus si rare d’en voir une faire une cabriole.

Cette baleine qui n’apparaissait pratiquement jamais devant nos côtes semble avoir pris ses habitudes dans les eaux de la mer du Nord. Sur les réseaux sociaux et dans les médias sont apparues des images de cette baleine colossale qui crache un jet ou s’ébroue dans les flots. Il faut dire que l’animal peut peser jusqu’à 30 tonnes et mesurer 18 mètres.

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La présence de l’animal surprend les scientifiques, car il n’avait, jusqu’à 2003, jamais été aperçu en mer du Nord. Si ses premières apparitions semblaient plutôt comptées, ces derniers mois des dizaines de signalements ont été recensés. Selon De Morgen, il s’agirait d’un seul et même animal qui aurait pris ses quartiers entre le Hoek van Holland et Hondsbossche Zeewering en Hollande du Nord.

Comment la repérer ?

Si vous apercevez au loin une nuée de mouettes au-dessus de la mer, ouvrez l’oeil, car il pourrait bien y avoir une ou même plusieurs baleines. Si vous êtes sur un bateau, ne vous approchez pas de trop, l’animal est nerveux et pourrait rebondir sur pont.

Mais que fait cette baleine à bosse si loin de son trajet séculaire ? Sa route migratoire habituelle, qui va normalement de la Norvège aux Açores, près du Portugal, a, semble-t-il, changé ces derniers temps. Elle a délaissé l’atlantique et le large des îles Shetlands et semble lui préférer la mer du Nord. Un changement de cap d’autant plus étrange qu’on ne peut pas dire que la mer du Nord soit devenue subitement plus attirante avec ses parcs d’éoliennes. Plus surprenant encore ce nouveau chemin est emprunté dans les deux sens (soit du nord au sud et du sud ou nord) et transite par la France, la Belgique, la Hollande et l’Allemagne.

Cette présence accrue devant les côtes de la mer du Nord, aux Pays-Bas, mais aussi en France, reste un mystère par manque de recherches (et donc aussi de financement), mais pourrait avoir plusieurs explications. La première piste est l’interdiction de la chasse à la baleine (le moratoire adopté en 1982 et qui est entré en vigueur en 1985-86) qui a permis à la population de baleine de connaître un second souffle. Une autre cause de ce changement pourrait être une évolution de l’espèce. Celle-ci ayant été longtemps chassée, elle a pu développer des mécanismes de défense comme l’exploration de nouvelles routes. Cette évolution permettrait aussi d’expliquer pourquoi on retrouve aussi des baleines à bosse en Méditerranée.

Une troisième piste pourrait être un manque de nourriture. Mais là encore on n’a pas constaté une hausse spectaculaire des poissons ou du plancton.

Une dernière piste pourrait être que les baleines s’échangent les spots. Selon la biologiste irlandaise Rebecca Dunlop interviewé par De Morgen, la baleine à bosse à un vocabulaire relativement étendu puisqu’elle a déchiffré un total de 34 sons avec lesquels la bosse peut communiquer jusqu’à environ 18 kilomètres de distance. Il y aurait aussi une sorte de transfert d’informations entre les baleines à bosse. Mais, selon cette spécialiste, il a quand même peu de chance que cela aille jusqu’à se conseiller les bons plans.

À cause du réchauffement climatique ?

Si le réchauffement climatique semble être un coupable tout désigné, ce n’est pas certain que ce soit le cas. En effet, ce n’est pas la première fois que la planète connaît des changements de températures et c’est pourtant la première fois qu’on voit autant de baleine à bosse dans la mer du Nord. Et si le réchauffement a un impact sur la nourriture des baleines, il n’est pas encore assez important que pour modifier fondamentalement l’approvisionnement alimentaire. Par contre ce même réchauffement pourrait expliquer pourquoi elles sont plus nombreuses à s’échouer. A cause du réchauffement climatique, elles doivent aller de plus en plus loin pour chercher le krill, le plancton ou encore les petits poissons qui sont la basse de leur nourriture. Cette recherche effrénée de nourriture les épuise, ce qui fait qu’elles s’échouent aussi plus facilement sur nos côtes.

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