Anne-Sophie Bailly

Le Mondial de football au Qatar ou le meilleur du pire

Anne-Sophie Bailly Rédactrice en chef

Dès les premiers jours, le Mondial au Qatar a montré que politique et football étaient inextricablement liés. Pour le meilleur comme pour le pire.

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Certains espéraient encore naïvement que les premiers coups de sifflet assourdiraient quelque peu les critiques qui pleuvent sur la tenue du Mondial au Qatar. Que pendant un mois, la planète foot vivrait à son propre rythme, retranchée du reste de l’univers, focalisée uniquement sur les exploits sportifs, les classements, les goals marqués ou encaissés, les blessures redoutées et les outsiders adulés. Que la polémique entourant l’octroi de cette compétition sportive à un régime si peu respectueux des droits humains serait éclipsée par la fête et l’émotion collective que le sport peut véhiculer.

Il n’aura pas fallu 24 heures pour que cette chimère vole en éclats. Dès la cérémonie d’ouverture, il est apparu que cette Coupe du monde serait celle qui prouverait définitivement que sport et politique sont inextricablement liés. Pour le meilleur et pour le pire.

Le pire, comme quand au seul bénéfice du premier, on ferme les yeux sur les pratiques de la seconde. Comme quand le président de la Fifa relativise les pratiques du pays hôte dans un discours absurde. Comme quand un contrat commercial passé avec une société privée est modifié tardivement et unilatéralement. Comme quand des sanctions lourdes sont brandies à l’égard d’équipes qui arboreraient un brassard symbolisant l’amour et l’inclusion.

Le meilleur, comme quand des sportifs profitent des regards braqués sur eux pour dénoncer des discriminations. Comme quand les joueurs iraniens refusent de chanter l’hymne national de leur pays, en soutien au mouvement de protestation contre l’ arbitraire du régime et malgré les pressions exercées et le danger encouru. Comme quand, espérons-le, certaines équipes trouveront malgré tout une parade pour porter haut un message de tolérance.

Utiliser le sport pour se positionner sur la scène internationale faisait partie intégrante de la stratégie de Doha et l’organisation du Mondial 2022 devait couronner plus de dix années d’investissement consacrées à améliorer son image. Les premiers jours de la compétition semblent montrer que les annonces et les promesses qatariennes sont démenties par la réalité des faits.

Cela fait peut-être aussi partie du meilleur.

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