Tout sur Viktor Orban

A l'image d'un Viktor Orban ? Pas sûr. Anaïs Voy-Gillis, spécialiste des droites extrêmes en Europe, estime que ce sont plutôt l'explosion du chômage et l'augmentation des inégalités postvirus qui pourraient conforter les partis nationalistes.

Dans l'approche européenne de la crise de la covid-19, ce sont les États membres qui manquent à leurs devoirs, estime le professeur Steven Van Hecke (KU Leuven). "Si vous abandonnez les Italiens à leur sort maintenant, dans deux ans, Salvini sera Premier ministre italien et ce sera avec lui qu'il faudra négocier."

La crise du coronavirus annonce-t-elle un Nouveau monde ? Et s'agira-t-il d'un brave new world rempli de biosurveillance ou d'un État-providence 2.0 ? L'historien néerlandais Rutger Bregman est d'un optimisme prudent. "La balle est devant un but ouvert : pour les sociaux-démocrates et pour les Viktor Orban de ce monde."

Treize Etats membres de l'Union européenne, dont la Belgique, se sont montrées mercredi "très préoccupées" par les mesures d'urgence prises dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19 au regard "des principes de l'état de droit, de la démocratie et des droits fondamentaux", ont-ils indiqué dans une déclaration commune. La Hongrie n'est pas explicitement mentionnée.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban devrait obtenir lundi le feu vert du parlement lui octroyant des pouvoirs radicalement renforcés dans le cadre d'un état d'urgence à durée indéterminée, que l'opposition juge "disproportionné" pour lutter contre le nouveau coronavirus.

"Lors de mon entretien avec Viktor Orban, j'ai mis sur la table l'idée d'un examen "peer-to-peer" (par les pairs) de la politique d'un Etat membre (de l'Union européenne) afin de vérifier si sa politique est dans la ligne des valeurs de l'Europe. Il s'est montré ouvert, à condition que ce soit pour tous les Etats membres", a affirmé mercredi le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) à l'issue de son entretien avec le Premier ministre hongrois.

Pour le nouveau bourgmestre écologiste de Budapest, Gergely Karacsony, le président hongrois, sous le regard de l'UE, va éviter la confrontation ouverte.