Depuis le début de l'épidémie de Covid-19 en Chine, on compare ce nouveau virus à la grippe saisonnière affirmant qu'il ne serait pas plus dangereux que celle-ci. Or, au fur et à mesure que l'épidémie progresse et que les connaissances sur le coronavirus se précisent, il s'avère qu'il serait plus dangereux, et donc mortel, que présupposé, selon le journal scientifique suisse Heidi.news.
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Depuis le début de l'épidémie de Covid-19 en Chine, on compare ce nouveau virus à la grippe saisonnière affirmant qu'il ne serait pas plus dangereux que celle-ci. Or, au fur et à mesure que l'épidémie progresse et que les connaissances sur le coronavirus se précisent, il s'avère qu'il serait plus dangereux, et donc mortel, que présupposé, selon le journal scientifique suisse Heidi.news. L'Italie vient de décider de fermer entièrement ses frontières et de prier ses ressortissants de rester chez eux jusqu'à nouvel ordre. Elle devient ainsi le premier pays de la planète à généraliser des mesures aussi draconiennes pour tenter d'enrayer la progression du coronavirus, qui a déjà fait 463 morts et plus de 9.000 cas dans la péninsule. Si des mesures similaires n'ont pas encore été envisagées en Belgique, notre pays devra peut-être également en passer par là. À l'échelle mondiale, le coronavirus a tué plus de 4.000 personnes. Comparativement à la grippe saisonnière qui tue entre 250.000 et 500.000 personnes dans le monde chaque année (chiffres de l'OMS), cela semble encore assez peu. Pourquoi certains spécialistes affirment-ils donc que le Covid-19 serait plus dangereux ? Selon Siensano, en Belgique la grippe saisonnière touche en moyenne 500.000 personnes chaque année, soit environ de 2 à 8% de la population en fonction de la gravité de l'épidémie. La mortalité de la grippe n'est pas facile à évaluer, mais son taux serait de 0.1 à 0.2% selon les experts du réseau Grippenet.ch. Ce taux est dix fois inférieur lorsqu'on s'intéresse à la seule mortalité directe, c'est-à-dire aux personnes dont le décès est directement consécutif à la grippe. Dans 90 % des cas, ce sont des personnes de plus de 65 ans qui décèdent des complications liées à la grippe. Une mortalité élevée Le Covid-19 a pour sa part une mortalité évaluée entre 1 et 3%, selon les sources. C'est dix fois plus. Le Center for Disease Control (CDC) chinois rapporte une mortalité de 2,3%, qui varie beaucoup entre le foyer épidémique du Hubei (2,9%) et le reste de la Chine (0,4%). Le taux de mortalité lié au coronavirus a beaucoup évolué au fil des semaines en Chine. Il est aujourd'hui autour de 1%, en Corée du Sud il est de 0.7%. En Italie par contre, ce taux est à 4%, ce qui s'expliquerait en partie par l'âge élevé de sa population. "En l'état des connaissances, le nouveau coronavirus est donc beaucoup plus meurtrier que la grippe saisonnière, d'un facteur 10 à 100", affirme Heidi.news. S'il fallait trouver un point de comparaison plus adapté, le Covid-19 se rapprocherait plutôt de la pandémie de grippe "espagnole" qui aurait tué entre 2.5 et 5% de la population mondiale au début du 20e siècle. Toutefois, ce taux de mortalité est peut-être surestimé, car tous les cas de Covid-19 ne sont pas recensés. En effet, seules les personnes symptomatiques peuvent être testées. Les réactifs utilisés actuellement ne permettent pas de détecter le virus chez les personnes ne présentant pas de symptômes. "Les premiers tests sérologiques, qui permettent d'évaluer le nombre d'infections dans un échantillon représentatif de la population, commencent à être disponibles. Ils permettront de préciser le taux de mortalité réel dans les semaines ou mois à venir", selon Heidi.news.Un taux de contagion élevé Une personne atteinte du Covid-19 va contaminer 2 à 3 personnes de son entourage. C'est plus que la grippe saisonnière. Dans ce cas, les malades contaminent en moyenne 1.5 personne. Mais pour les épidémiologistes, cela rendrait le Covid-19 environ aussi contagieux que la grippe. Le mode de contagion - par contact et gouttelettes - est le même pour les deux types de virus.Pour l'instant, il n'est pas exclu que le coronavirus soit contagieux par matière fécale, mais ce risque concerne principalement les pays à faible niveau de développement. Il en va de même pour la contagion via les surfaces inertes. Elle est sans doute possible durant plusieurs heures (voire davantage en fonction de la température et du taux d'humidité), comme pour les autres coronavirus, mais le risque effectif n'est pas connu pour le moment. Un risque de saturation des services de santé Si l'épidémie de Covid-19 représente un problème de taille pour la santé publique, à titre individuel, le risque reste peu élevé pour les personnes de moins de 60 ans n'ayant pas de maladie chronique. Pour les personnes vulnérables en revanche, la situation est plus préoccupante.D'un point de vue de santé publique, la préoccupation majeure des acteurs est la saturation du système de santé qui empêcherait de traiter les patients correctement par manque de place, de matériel et de personnel, comme ça été le cas à Wuhan, en Chine et comme c'est actuellement le cas dans certains hôpitaux italiens.De plus, si le personnel de santé commence à tomber malade, tout le système peut être mis à mal. Comme l'a récemment fait remarquer l'OMS, les restructurations financières des soins de santé dans les pays occidentaux ne laissent pas beaucoup de marge de manoeuvre. Les capacités d'accueil des hôpitaux ont également été réduites un peu partout. Des mesures préventives essentielles Dans ce contexte délicat, les mesures préventives individuelles servent à protéger l'entourage vulnérable, mais également la société dans son ensemble des conséquences plus générales sur le système de santé et l'économie de notre pays. Selon une étude récente réalisée à Wuhan, la moitié des patients dans un état critique décèdent de la maladie. Ces données sont cruciales pour préparer la réponse sanitaire. Ainsi, les états bénins peuvent être pris en charge en ambulatoire (domicile et soins de ville), les états sérieux nécessitent une hospitalisation, par exemple dans des secteurs d'infectiologie ou de pneumologie dédiés, les états critiques requièrent une prise en charge en soins intensifs (ventilation assistée, voire oxygénation extracorporelle).L'âge, une donnée crucialePour le Covid-19, l'âge est un facteur de vulnérabilité essentiel, tout comme pour la grippe, selon les données chinoises du CDC. Autrement dit, la létalité est virtuellement nulle chez les jeunes et les adolescents, très faible entre 30 et 50 ans, et commence à devenir importante au-delà et proportionnelle avec l'avancée de l'âge. Ainsi, le taux de mortalité devient très élevé à partir de 80 ans (14%). Toutefois, être jeune est en bonne santé ne signifie pas que l'on soit immunisé. Et les données chinoises évaluent à 0,9% la proportion de patients décédés sans autre maladie (chronique) identifiée. C'est-à-dire qu'environ un patient décédé sur 100 était en bonne santé avant d'attraper le coronavirus. Ainsi, le Dr Bruce Aylward, qui dirigeait la mission de l'OMS en Chine, rapportait mardi 25 février que les médecins chinois se sont trouvés confrontés à des cas sévères chez des personnes a priori considérées comme peu vulnérables.Les enfants épargnés C'est la différence majeure avec la grippe saisonnière : les enfants semblent épargnés par le coronavirus. Voilà de quoi rassurer de nombreux parents. "À ce jour, le plus jeune patient infecté à Covid-19 était âgé de 10 ans. La mortalité chez les personnes de moins de 20 ans est virtuellement nulle", affirme Heidi.news. D'un point de vue épidémiologique, il s'agit également d'une bonne nouvelle puisque les enfants sont généralement vecteurs de nombreuses maladies.Cependant, leur taux d'infection est similaire à celui des adultes, mais les enfants tendent à n'avoir que des symptômes légers ou imperceptibles.La saisonnalité de la grippe, une bonne nouvelle Le virus de la grippe est saisonnier. Il apparait en automne et disparait progressivement avec l'arrivée du printemps. On pourrait espérer qu'il en soit de même avec le coronavirus, sachant qu'il pourrait tout aussi bien réapparaitre à l'automne prochain. Cependant, comme nous l'affirmait Marc Van Ranst dans une interview ce lundi, le nombre de cas de grippe diminue en Belgique, ce qui devrait aussi rendre la détection de Covid-19 plus aisée.