On le craignait. Cela semble se confirmer. Le retour des vacances et la réouverture des écoles vont de pair avec une hausse des contaminations qui repassent au-dessus de la barre des 2.000 cas quotidiens. Une progression probablement due aussi à l'augmentation du nombre de tests réalisés et dont la cadence avait ralenti durant la période des fêtes. Ce qui fait dire à Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre la Covid-19, que "la situation reste fragile, hésitante. Il pourrait y avoir une recrudescence dans les semaines qui viennent, même si une évolution inverse ne peut pas être exclue non plus."
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On le craignait. Cela semble se confirmer. Le retour des vacances et la réouverture des écoles vont de pair avec une hausse des contaminations qui repassent au-dessus de la barre des 2.000 cas quotidiens. Une progression probablement due aussi à l'augmentation du nombre de tests réalisés et dont la cadence avait ralenti durant la période des fêtes. Ce qui fait dire à Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre la Covid-19, que "la situation reste fragile, hésitante. Il pourrait y avoir une recrudescence dans les semaines qui viennent, même si une évolution inverse ne peut pas être exclue non plus." Les décès continuent en revanche leur recul. Et ce alors que la Belgique vient de franchir le triste cap des 20.000 morts, dont 52% au cours de la deuxième vague. 2020 sera donc marquée par la mortalité la plus importante que la Belgique ait connue depuis la grippe espagnole et la fin de la Première Guerre mondiale en 1918. Le virologue Emmanuel André craint pour sa part que la Belgique ne repasse en phase exponentielle, notamment à cause de l'importation de la variante britannique du virus. Pour lui, le nombre de cas estampillés "variant anglais" sur le territoire est actuellement sous-estimé. "Le système de surveillance a quelques semaines de retard sur la vie réelle. Les gens doivent être testés, puis l'analyse doit être faite, et tout ça prend du temps." Et de pointer deux urgences absolues: éviter la propagation et renforcer la vaccination. En ce qui concerne la propagation, la prolongation du couvre-feu en Wallonie jusque mi-février est déjà confirmée. Quant à la question du contrôle aux frontières, elle risque de se poser avec davantage d'acuité à mesure que les vacances de carnaval approchent et que le débat autour des voyages de moins de 48 heures à l'étranger - non soumis ni au testing, ni à la quarantaine - prend de l'ampleur. Pour ce qui est de la vaccination, elle se poursuit même si beaucoup de questions restent en suspens. Parmi elles, celle des doses résiduelles qui permettraient d'accroître le tempo. Initialement, il était prévu de sortir cinq doses des fioles du vaccin Pfizer/BioNTech, mais la quantité contenue dans un flacon rend possible l'extraction d'une sixième dose avec une seringue adaptée. De quoi - potentiellement - accroître les capacités de vaccination de 20%. Question aussi sur la stratégie logistique et le nombre de centres de vaccination nécessaires pour l'ensemble du pays. Aujourd'hui, la Belgique prévoit d'ouvrir 200 centres de vaccination, soit environ un centre pour 50.000 habitants. Ce nombre est jugé beaucoup trop élevé par certains experts pour qui plus la vaccination est répartie sur un nombre important de centres, plus la procédure est compliquée et plus le risque d'erreurs est important. Quoi qu'il en soit, la vaccination d'au moins 70% de la population d'ici à l'été reste l'objectif des pouvoirs publics. Et un espoir pour une population belge dont l'adhésion à l'égard du vaccin se renforce progressivement. Aujourd'hui, seuls 10% des Belges seraient formellement opposés au vaccin et 13%, hésitants. Les autres attendent leur tour.