22 missiles

En l'espace d'une demi-heure, 22 missiles se sont abattus sur deux bases irakiennes, où sont installés des soldats étrangers, majoritairement américains. Le bombardement a eu lieu alors que se terminaient les funérailles du général Qassem Soleimani.

S'il n'y a pour l'instant pas de bilan officiel, la télévision d'Etat iranienne a affirmé que les missiles avaient tué "80" Américains, en ne citant toutefoid qu'une "source informée" au sein des Gardiens de la Révolution.

L'Irak a dit avoir été informé par l'Iran qu'il allait mener des raids sur son sol: "Mercredi après minuit, nous avons reçu un message verbal officiel de la République islamique d'Iran indiquant que la riposte à l'assassinat du martyr Qassem Soleimani commençait ou allait commencer sous peu et que les frappes se limiteraient aux zones où l'armée américaine est présente en Irak sans plus de détails sur les localisations", indique le bureau du Premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi. "Au même moment, les Américains nous appelaient alors que les missiles s'abattaient sur les sections américaines des bases d'Aïn al-Assad dans la province d'Anbar (ouest) et de Harir à Erbil (nord)", poursuit le communiqué.

Ces raids sont la première réponse de l'Iran à son assassinat. Ils font redouter une escalade régionale ou un conflit ouvert.

Représailles iraniennes

"Il a été clairement prouvé que nous ne battons pas en retraite devant l'Amérique", a déclaré le président iranien Hassan Rohani. Si l'Amérique "veut commettre un autre crime, elle doit savoir qu'elle recevra une réponse plus ferme, mais s'ils sont sages, il ne feront rien de plus à ce stade". Mais "tout cela n'est pas suffisant", a-t-il ajouté : "De mon point de vue la principale réponse à l'Amérique doit être administrée par les nations de la région".

"La nuit dernière, une gifle a été donnée en pleine face" aux Américains, a dit l'ayatollah Ali Khamenei dans un discours télévisé. Il avait appelé à venger la mort de Qassem Soleimani. "Les actions militaires du genre ne sont pas suffisantes pour cette affaire", a-t-il jugé. "Ce qui est important, c'est que la présence corrompue des Etats-Unis dans la région prenne fin."

Reuters
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"Nous ne cherchons pas l'escalade ou la guerre", a pour sa part assuré Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne, expliquant que les représailles "proportionnées" de la nuit étaient "terminées".

Les Gardiens de la révolution iraniens, l'armée idéologique de la République islamique, ont conseillé à Washington de rappeler ses troupes déployées dans la région "afin d'éviter de nouvelles pertes", menaçant Israël et "des gouvernements alliés" des Etats-Unis.

Réaction américaine

"L'évaluation des dégâts et des victimes est en cours. Jusqu'ici, tout va bien!", a indiqué dans un tweet le président américain Donald Trump.

Signe que de nouvelles violences sont quand même redoutées, l'agence fédérale de l'aviation américaine (FAA) a interdit aux avions civils américains le survol de l'Irak, de l'Iran et du Golfe.

Condamnation des Européens

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a appelé Téhéran à "une désescalade urgente", condamnant les attaques iraniennes et défendant l'assassinat par Washington de Qassem Soleimani qui avait "du sang de troupes britanniques sur les mains". "L'Iran ne doit pas réitérer ces attaques imprudentes et dangereuses mais devrait plutôt oeuvrer en faveur d'une désescalade urgente", a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a également condamné les tirs de missiles et a réitéré son appel à la retenue. "L'Otan exhorte l'Iran à s'abstenir de toute nouvelle violence", a affirmé Jens Stoltenberg sur son compte Twitter. Un responsable de l'Alliance a par ailleurs assuré qu'aucune victime n'était à déplorer parmi les effectifs de la mission de l'Otan s'occupant de former les forces irakiennes.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a qualifié les frappes de la nuit de "nouvel exemple d'escalade". Ces bases militaires sont utilisées par des troupes de la coalition, y compris des Européens. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a affirmé que "l'usage des armes doit cesser pour laisser place au dialogue" et que "la crise actuelle n'affecte pas que la région, mais nous tous".

AFP
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La France a condamné les frappes iraniennes et exhorté à la "désescalade" alors qu'une réaction du président américain Donald Trump est attendue dans les prochaines heures. "Le cycle de violences doit s'interrompre", a déclaré le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

L'Allemagne condamne "le plus fermement l'agression", a indiqué la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer. Elle a précisé qu'il appartenait "avant tout aux Iraniens de ne pas provoquer de nouvelle escalade".

Même son de cloche au Royaume-Uni : "Nous exhortons l'Iran à ne pas réitérer ces attaques imprudentes et dangereuses", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab. "Une guerre au Moyen-Orient ne profiterait qu'à Daesh et à d'autres groupes terroristes."

Survols suspendus

Air France a suspendu jusqu'à nouvel ordre tout survol des espaces aériens iranien et irakien, "par mesure de précaution et dès l'annonce de frappes aériennes en cours".

La compagnie allemande Lufthansa a également annoncé qu'elle suspendait "jusqu'à nouvel ordre" ses survols de l'Iran et l'Irak. Lufthansa a également annulé un vol prévu ce mercredi entre Francfort et Téhéran.

La compagnie néerlandaise KLM a appliqué le même principe de précaution. "Tous les vols vers les différentes destinations d'Asie du sud-est et du Moyen-Orient seront assurées par des routes alternatives", a déclaré un porte-parole.

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Retrait des troupes en Irak

Avant même les frappes de la nuit, plusieurs Etats membres de la coalition antijihadistes emmenée par les Etats-Unis ont annoncé sortir leurs soldats d'Irak, après des dizaines de tirs de roquettes depuis des semaines sur des bases les abritant.

Si la France et l'Italie ont fait savoir leur intention de rester en Irak, les Canadiens et les Allemands ont annoncé le redéploiement d'une partie de leurs soldats vers la Jordanie et le Koweït. L'Otan a décidé de retirer temporairement une partie de son personnel d'Irak.

Trump, lui, écarte tout départ, même si un cafouillage américain à Bagdad a pu laisser croire le contraire.

(Avec AFP)

En l'espace d'une demi-heure, 22 missiles se sont abattus sur deux bases irakiennes, où sont installés des soldats étrangers, majoritairement américains. Le bombardement a eu lieu alors que se terminaient les funérailles du général Qassem Soleimani. S'il n'y a pour l'instant pas de bilan officiel, la télévision d'Etat iranienne a affirmé que les missiles avaient tué "80" Américains, en ne citant toutefoid qu'une "source informée" au sein des Gardiens de la Révolution.L'Irak a dit avoir été informé par l'Iran qu'il allait mener des raids sur son sol: "Mercredi après minuit, nous avons reçu un message verbal officiel de la République islamique d'Iran indiquant que la riposte à l'assassinat du martyr Qassem Soleimani commençait ou allait commencer sous peu et que les frappes se limiteraient aux zones où l'armée américaine est présente en Irak sans plus de détails sur les localisations", indique le bureau du Premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi. "Au même moment, les Américains nous appelaient alors que les missiles s'abattaient sur les sections américaines des bases d'Aïn al-Assad dans la province d'Anbar (ouest) et de Harir à Erbil (nord)", poursuit le communiqué.Ces raids sont la première réponse de l'Iran à son assassinat. Ils font redouter une escalade régionale ou un conflit ouvert."Il a été clairement prouvé que nous ne battons pas en retraite devant l'Amérique", a déclaré le président iranien Hassan Rohani. Si l'Amérique "veut commettre un autre crime, elle doit savoir qu'elle recevra une réponse plus ferme, mais s'ils sont sages, il ne feront rien de plus à ce stade". Mais "tout cela n'est pas suffisant", a-t-il ajouté : "De mon point de vue la principale réponse à l'Amérique doit être administrée par les nations de la région"."La nuit dernière, une gifle a été donnée en pleine face" aux Américains, a dit l'ayatollah Ali Khamenei dans un discours télévisé. Il avait appelé à venger la mort de Qassem Soleimani. "Les actions militaires du genre ne sont pas suffisantes pour cette affaire", a-t-il jugé. "Ce qui est important, c'est que la présence corrompue des Etats-Unis dans la région prenne fin." "Nous ne cherchons pas l'escalade ou la guerre", a pour sa part assuré Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne, expliquant que les représailles "proportionnées" de la nuit étaient "terminées".Les Gardiens de la révolution iraniens, l'armée idéologique de la République islamique, ont conseillé à Washington de rappeler ses troupes déployées dans la région "afin d'éviter de nouvelles pertes", menaçant Israël et "des gouvernements alliés" des Etats-Unis."L'évaluation des dégâts et des victimes est en cours. Jusqu'ici, tout va bien!", a indiqué dans un tweet le président américain Donald Trump. Signe que de nouvelles violences sont quand même redoutées, l'agence fédérale de l'aviation américaine (FAA) a interdit aux avions civils américains le survol de l'Irak, de l'Iran et du Golfe.Le Premier ministre britannique Boris Johnson a appelé Téhéran à "une désescalade urgente", condamnant les attaques iraniennes et défendant l'assassinat par Washington de Qassem Soleimani qui avait "du sang de troupes britanniques sur les mains". "L'Iran ne doit pas réitérer ces attaques imprudentes et dangereuses mais devrait plutôt oeuvrer en faveur d'une désescalade urgente", a-t-il ajouté.Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a également condamné les tirs de missiles et a réitéré son appel à la retenue. "L'Otan exhorte l'Iran à s'abstenir de toute nouvelle violence", a affirmé Jens Stoltenberg sur son compte Twitter. Un responsable de l'Alliance a par ailleurs assuré qu'aucune victime n'était à déplorer parmi les effectifs de la mission de l'Otan s'occupant de former les forces irakiennes.Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a qualifié les frappes de la nuit de "nouvel exemple d'escalade". Ces bases militaires sont utilisées par des troupes de la coalition, y compris des Européens. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a affirmé que "l'usage des armes doit cesser pour laisser place au dialogue" et que "la crise actuelle n'affecte pas que la région, mais nous tous". La France a condamné les frappes iraniennes et exhorté à la "désescalade" alors qu'une réaction du président américain Donald Trump est attendue dans les prochaines heures. "Le cycle de violences doit s'interrompre", a déclaré le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.L'Allemagne condamne "le plus fermement l'agression", a indiqué la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer. Elle a précisé qu'il appartenait "avant tout aux Iraniens de ne pas provoquer de nouvelle escalade".Même son de cloche au Royaume-Uni : "Nous exhortons l'Iran à ne pas réitérer ces attaques imprudentes et dangereuses", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab. "Une guerre au Moyen-Orient ne profiterait qu'à Daesh et à d'autres groupes terroristes."Air France a suspendu jusqu'à nouvel ordre tout survol des espaces aériens iranien et irakien, "par mesure de précaution et dès l'annonce de frappes aériennes en cours".La compagnie allemande Lufthansa a également annoncé qu'elle suspendait "jusqu'à nouvel ordre" ses survols de l'Iran et l'Irak. Lufthansa a également annulé un vol prévu ce mercredi entre Francfort et Téhéran.La compagnie néerlandaise KLM a appliqué le même principe de précaution. "Tous les vols vers les différentes destinations d'Asie du sud-est et du Moyen-Orient seront assurées par des routes alternatives", a déclaré un porte-parole.(Avec AFP)