Bonne nouvelle : les chiffres quotidiens de l'épidémie sont tous dans le vert, ils sont en diminution constante de jour en jour (on comptait ce mercredi moins de 200 personnes traitées en soins intensifs). A la veille de l'été et des départs en vacances, de quoi donner du baume au coeur aux Belges et leur redonner le sentiment de liberté, voire d'euphorie "post-pandémique" , même si les experts préviennent "la pandémie n'est pas encore derrière nous."
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Bonne nouvelle : les chiffres quotidiens de l'épidémie sont tous dans le vert, ils sont en diminution constante de jour en jour (on comptait ce mercredi moins de 200 personnes traitées en soins intensifs). A la veille de l'été et des départs en vacances, de quoi donner du baume au coeur aux Belges et leur redonner le sentiment de liberté, voire d'euphorie "post-pandémique" , même si les experts préviennent "la pandémie n'est pas encore derrière nous." Notre sondage réalisé en collaboration avec nos confrères du Knack révèle toutefois que le Belge reste prudent dans son comportement. Surprenant, un Belge sur trois aurait ainsi préféré que les mesures sanitaires soient assouplies plus lentement qu'elles ne l'ont été en juin. Dans ce contexte, la prudence reste de mise. De surcroît avec la progression du variant Delta (anciennement dénommé indien) qui inquiète les virologues par sa plus forte contagiosité. Une contamination sur trois serait imputable à ce variant à ce jour. Un retard de trois semaines dans la campagne de vaccination a aussi été estimé en Belgique. Le centre de crise a prévenu que tant que la plus grande partie de la population ne sera pas vaccinée, on marchait sur des oeufs. "Les chiffres de l'épidémie continuent de baisser à un rythme rapide. Mais nous devons rester prudents. Certains pays, comme le Royaume-Uni et le Portugal, montrent que la tendance peut rapidement s'inverser tant que tout le monde n'est pas entièrement vacciné. Nous devons donc continuer à être prudents", a déclaré le porte-parole interfédéral de la crise sanitaire Steven Van Gucht ce mardi.Si la situation épidémique en Europe s'est améliorée avec une baisse des cas et des décès depuis plus deux mois et l'assouplissement récent des restrictions, l'OMS n'a aussi de cesse d'appeler à la prudence. "Nous sommes loin d'être hors de danger", avait prévenu début juin le Dr Hans Kluge, directeur de la région européenne. D'après l'OMS, il faudrait compter 80% de la population adulte vaccinée pour éviter un nouveau rebond de l'épidémie en Europe. L'OMS s'inquiète, par ailleurs, de l'assouplissement des restrictions dans certains des pays hôtes de l'Euro-2020, appelant à des réactions rapides après des hausses de cas de coronavirus aux abords de plusieurs stades de la compétition. Des mesures récentes de reconfinement ou de quarantaine rétablies dans certaines régions - pourtant largement vaccinée comme en Israël - viennent confirmer cette situation délicate et imprévisible. Les citoyens israéliens avaient repris une vie presque normale et avaient pu tomber le masque dans les lieux publics le 15 juin dernier. Les autorités de ce pays où 55% de la population a reçu deux doses de vaccin anticoronavirus ont mis en garde mardi contre une "nouvelle vague" de contaminations après une hausse du nombre de malades imputée au variant Delta, introduit dans le pays par des voyageurs. D'après le ministère de la Santé, le nombre de décès dus au Covid-19 reste toutefois limité, avec un seul mort recensé mardi. Le port du masque sera de nouveau obligatoire à l'aéroport de Tel-Aviv.Les chiffres en Angleterre montrent, de leur côté, que certaines personnes vaccinées contre le Covid-19 sont décédées du variant "indien". Une infime proportion qui ne doit cependant pas alarmer selon les experts.Mêmes craintes de l'autre côté de la planète. La bulle de voyage entre la Nouvelle-Zélande et l'Australie qui permet de se déplacer sans obligation de quarantaine a été suspendue. A Sydney, où un nouveau foyer de coronavirus prend de l'ampleur, de nouvelles restrictions ont graduellement été imposées au cours des 72 dernières heures pour la ville et son agglomération. La Première ministre de l'État, Gladys Berejiklian, n'exclut pas l'imposition prochaine d'un confinement. Notons que l'Australie a été relativement épargnée par la pandémie et des confinements prolongés, à l'exception de l'Etat du Victoria et de sa capitale Melbourne, qui émerge tout juste d'un nouveau lockdown. L'île déplore à peine 30.000 cas de coronavirus et moins de 1.000 décès depuis le début de la pandémie, dont la majorité à Melbourne. Le pays a maîtrisé la pandémie grâce à une fermeture très stricte de ses frontières, mais n'est pas à l'abri de nouveaux foyers alors que le programme de vaccination y est très en retard. La Nouvelle-Zélande a, pour sa part, recensé 2.720 cas et 26 morts. Pour se préserver du nouveau coronavirus, le gouvernement de Jacinda Ardern n'hésite pas à avoir recours à de confinements éclairs localisés à la moindre transmission locale. Dans nos contrées, les experts alertent aussi sur de possibles poussées épidémiques à l'automne, avec la rentrée des classes et les activités qui auront davantage lieu en intérieur. Le variant Delta pourrait causer une hausse des contaminations cet été, avec les mouvements des voyageurs. "Nous ne pouvons pas dire que c'est fini. Nous ne pouvons pas encore tourner la page de la pandémie", déclare le biostaticien Geert Molenberghs (KU Leuven/UHasselt) interviewé dans la Gazet van Antwerpen. Il évoque comme preuves des foyers dans certaines régions d'Afrique et d'Amérique du Sud où de nouveaux variants pourraient apparaître. "Dans le pire des cas, des variants qui ne sont pas ou peu sensibles aux vaccins actuels peuvent apparaitre", déclare l'expert. Mais même en l'absence d'un "super variant", nous devrons vivre avec le coronavirus. La couverture vaccinale n'est actuellement pas de 100% et les plus faibles restent vulnérables".Des règles sanitaires pourraient alors faire leur retour à la rentrée, comme de rester le maximum à la maison en cas de symptômes. L'expert insiste aussi sur l'importance de la ventilation des écoles, des bâtiments publics, des bureaux, des restaurants, des centres de fitness,... Geert Molenberghs propose aux autorités la création d'un "fonds ventilation", pour couvrir ces investissements. Le port du masque pourrait aussi être à nouveau imposé ou fortement recommandé dans les transports en commun et dans d'autres espaces fermés. Marc Van Ranst avance, de son côté dans le quotidien anversois, la limitation des contacts et le maintien de la distanciation physique l'hiver prochain. Mais il rassure : "On ne fermera heureusement plus jamais un secteur tout entier."Les experts misent donc plus sur une approche rapide des foyers locaux pour contenir au plus vite les contaminations. "En cas d'épidémie, on pourrait imposer localement un ensemble de mesures strictes pendant quelques semaines", explique Molenberghs. Le virus serait alors contenu afin de ne pas laisser le pays tout entier face à des mois d'incertitude et à des fermetures. Van Ranst cite l'exemple d'Anvers dont le confinement rapide a permis l'été dernier tout au moins de reporter le début de la deuxième vague. "Mais il faut être rapide. Il faut des tests et des traçages rapides et une capacité de décision décentralisée rapide", explique le virologue de la KULeuven. Une troisième dose de vaccin est aussi évoquée par la task force vaccination belge afin de booster l'immunité collective. Reste à déterminer si cette injection sera réservée aux personnes plus faibles ou à toute la population et à quel moment. La question joker que nombre d'entre nous se posent est la suivante: pourrons-nous un jour nous débarrasser définitivement de ce virus ?Pour éradiquer complètement le virus, des mesures draconiennes sont nécessaires. Dans ce cas, la question se pose de savoir si un pays densément peuplé d'Europe peut obtenir les mêmes résultats que, par exemple, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. "Nous ne devons pas chérir le risque zéro", déclare Van Ranst. Il rappelle que le virus de la grippe provoque quelques centaines à quelques milliers de décès chaque année. Selon le virologue, la première chose à faire est d'éviter de mettre les hôpitaux sous une pression aussi forte que lors des trois vagues qu'a vécues notre pays. "Nous ne devons plus jamais être contraints de recourir au frein d'urgence, par lequel les soins réguliers doivent être reportés. Si cela se reproduit, nous aurons échoué", estime-t-il. Selon les experts, le coronavirus finira par devenir un virus du rhume inoffensif. Personne ne peut dire quand cela se produira. Les foyers comme ceux du Brésil, de l'Inde et maintenant de la Colombie doivent être évités. "Nous ne serons vraiment en sécurité que lorsque la couverture vaccinale sera mondiale", conclut Molenberghs dans le quotidien flamand.