Selon La Libre, le Codeco programmé au 16 juillet n'annoncera pas de relâchement total et direct des mesures sanitaires. Un calendrier de levée des restrictions devrait être arrêté et communiqué avec, comme date ultime, plutôt le début du mois de septembre. Le 16 juillet, il devrait être question d'augmenter les jauges des grands évènements, l'audience des cultes, mariages, le nombre de places aux tables dans l'Horeca et les contacts sociaux autorisés.
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Selon La Libre, le Codeco programmé au 16 juillet n'annoncera pas de relâchement total et direct des mesures sanitaires. Un calendrier de levée des restrictions devrait être arrêté et communiqué avec, comme date ultime, plutôt le début du mois de septembre. Le 16 juillet, il devrait être question d'augmenter les jauges des grands évènements, l'audience des cultes, mariages, le nombre de places aux tables dans l'Horeca et les contacts sociaux autorisés. Deux grands paliers décisifs pour stopper pour de bon, on l'espère, l'épidémie doivent encore être franchis avec succès cet été. A la mi-juillet, la grande majorité des patients à risques seront vaccinés en deux doses. Fin août le franchissement d'un seuil important en termes d'immunité collective est estimé. À condition que l'épidémie évolue favorablement... La situation épidémiologique en Belgique ne fait que s'améliorer de jour en jour. Notre pays pourrait même passer au vert sur la carte des voyages d'ici le 28 juin selon le porte-parole interfédérale de la crise Yves Van Laethem. La campagne de vaccination va bon train. Seul petite ombre au tableau : la progression du variant Delta - ou dans sa dénomination précédente, le variant indien - qui inquiète les virologues. Le Delta a été identifié en Belgique le 6 avril dernier. Au cours de la première semaine de juin, il représentait 5 % des infections, la semaine suivante 13 % et maintenant, selon les chiffres du Financial Times, 16 %. "Je m'attends à ce qu'il y ait 25 % d'ici la semaine prochaine", déclare le biostatisticien Geert Molenberghs (KU Leuven/UHasselt) au Morgen.À ce rythme, le Delta deviendra dominant au début du mois de juillet et omniprésent à la fin du mois, selon une nouvelle analyse de la KU Leuven, de l'UHasselt et de Sciensano."Le Delta va deux fois plus vite que l'Alpha", explique Molenberghs. En raison de sa plus grande contagiosité, son avancée est imparable. Nous allons aussi voyager davantage et le Delta voyage aussi. Dans et autour de Lisbonne, par exemple, et dans certaines régions de France, d'Italie et d'Allemagne. Au Royaume-Uni, les infections ont triplé au cours du mois dernier à cause de Delta, qui représente désormais 98 % des infections dans ce pays."Le souci de ce variant est qu'il est environ 50 % plus contagieux que le variant Alpha, qui était déjà, lui, 40 % plus infectieux que le variant dit de "Wuhan". Les données britanniques montrent également un risque d'hospitalisation deux fois plus élevé. Au Royaume-Uni, le Delta double désormais le nombre d'infections et d'hospitalisations tous les 12 jours.Ce qui est aussi inquiétant, c'est qu'en Grande-Bretagne, la campagne de vaccination - près de la moitié des citoyens est à l'heure actuelle entièrement vaccinée, contre 38% en Belgique - n'arrive pas à freiner la progression de ce variant plus virulent. Une vaccination complète semble être cruciale contre le Delta, estime le biostatisticien Tom Wenseleers (KU Leuven), dans le quotidien flamand. Dans ce contexte toujours délicat, la Belgique va interdire l'entrée des voyageurs non citoyens de pays de l'Union européenne en provenance du Royaume-Uni pour tenter de limiter la propagation de ce variant du coronavirus qui a contraint Londres à repousser la levée des dernières restrictions en Angleterre. Franck Vandenbrouck, le ministre de Santé (Vooruit) qu'on connait pour sa ligne de conduite ferme, compte bien veiller au grain, en limitant les assouplissements qu'il jugerait trop étendus. Ce dimanche, il a annoncé que les masques buccaux ne devraient pas disparaitre de sitôt de l'espace public et qu'ils pourraient bien encore rester obligatoires dans les magasins. Il propose même de garder l'habitude de les porter dans les transports en commun, notamment en période de grippe.Autre donnée qui invite à la prudence: dans quelques maisons de retraite belges, des résidents qui avaient été entièrement vaccinés ont néanmoins été infectés et certains sont morts. "Ce sont souvent des personnes très faibles", rassure Molenberghs. "Les vaccins fonctionnent très bien, mais lorsque ce type de variant est trop répandu, les choses peuvent encore mal tourner pour les groupes à risque et les personnes âgées, bien que dans une mesure bien moindre que si elles n'avaient pas été vaccinées."Une première dose, en cas d'infection par le variant Delta, offre une protection d'environ 33 % contre la maladie selon le Public Health England, l'équivalent de Sciensano en Grande-Bretagne. Deux doses offrent une protection de 81 %. "C'est un point important, car contre le variant alpha, les premières doses offraient une grande protection", explique Molenberghs. Molenberghs dit avoir peur que les Belges aient le sentiment que l'épidémie est finie et ne relâchent trop vite les gestes barrière. Cette attitude pourrait laisser la voie libre à la montée en puissance du variant Delta pendant les vacances et hypothéquer les dernières phases de déconfinement pour la rentrée.