D'ici à quelques semaines, la Vivaldi emmenée par Alexander De Croo soufflera sa première bougie. Une coalition qualifiée à sa conception de fragile, de la dernière chance, d'hétéroclite, qui jusqu'ici a pourtant passé outre les écueils et même engrangé quelques avancées majeures comme la validation du plan de relance et de résilience par l'Europe, un consensus autour de l'AIP (accord interprofessionnel) ou l'électrification du parc de voitures de société.
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D'ici à quelques semaines, la Vivaldi emmenée par Alexander De Croo soufflera sa première bougie. Une coalition qualifiée à sa conception de fragile, de la dernière chance, d'hétéroclite, qui jusqu'ici a pourtant passé outre les écueils et même engrangé quelques avancées majeures comme la validation du plan de relance et de résilience par l'Europe, un consensus autour de l'AIP (accord interprofessionnel) ou l'électrification du parc de voitures de société. Récemment, elle a quand même sérieusement tangué, mais sans chavirer, entre le houleux dossier de la régularisation des sans-papiers et les débats sur la laïcité dans le secteur public. La complexité des différents aspects de la crise sanitaire ne l'a pas davantage mise en danger. Et c'est peut-être même dans cette impérieuse nécessité de gérer une crise sans précédent que la Vivaldi a trouvé sa stabilité, reléguant les tensions politiques au second plan. Cela pourrait moins être le cas à la rentrée. En effet, la gestion de la pandémie par le duo De Croo-Vandenbroucke va se heurter à des réalités régionales différentes. Cela avait déjà été occasionnellement le cas, notamment sur la fermeture des écoles ou l'heure du couvre-feu, mais désormais le retard vaccinal bruxellois s'intensifie au point d'exacerber les tensions et d'envisager une gestion distincte pour la capitale. Il reste en gros un mois à Bruxelles pour emporter l'adhésion des non-vaccinés, faute de quoi des mesures ad hoc devront être prises. En sus, l'obligation vaccinale du personnel soignant, l'instauration d'un pass sanitaire, la fin des mesures de soutien, le port du masque, constituent autant de thèmes propices aux combats à fleurets mouchetés entre les partenaires de la coalition. La gestion à long terme de la Covid s'annonce aussi brûlante pour la Vivaldi, voire davantage, que celle de l'urgence sanitaire. Autre dossier crucial sur la table du gouvernement: le climat. Le dernier rapport du Giec et les dramatiques événements extrêmes de l'été ont remis avec plus d'acuité encore l'urgence climatique sur le devant de la scène. Si l'importance de l'enjeu fait l'objet d'un large consensus, c'est moins le cas sur les moyens pour relever le défi et, singulièrement, sur le dossier nucléaire. Entre écologistes et libéraux, le ton devrait se durcir au fur et à mesure que l'échéance de novembre approche. A côté de cela, une série d'autres dossiers chauds attendent la Vivaldi, la gestion postinondations et l'installation éventuelle d'une commission d'enquête parlementaire, la colère du personnel soignant et, évidemment, le plan de relance et ses conséquences budgétaires propices aux clivages gauche/droite autant que Nord/Sud. La rentrée sera donc brûlante pour le gouvernement De Croo. Mais chaque parti autour de la table connaît aussi le danger qu'il y aurait à souffler sur les braises.