Pas de trêve estivale chez les infirmiers. Il y a eu les grèves et les manifs avant les vacances. Il y a encore eu des grèves en juillet, de Liège à Mons, en passant par Charleroi, Bruxelles, Tournai... Tant dans des hôpitaux privés que publics. De nouvelles actions sont attendues tout début septembre: elles risquent de faire rapidement tache d'huile. Les infirmiers en ont ras la blouse blanche et la douloureuse impression qu'on se fiche d'eux. La Covid n'a fait qu'exacerber des problèmes déjà existan...

Pas de trêve estivale chez les infirmiers. Il y a eu les grèves et les manifs avant les vacances. Il y a encore eu des grèves en juillet, de Liège à Mons, en passant par Charleroi, Bruxelles, Tournai... Tant dans des hôpitaux privés que publics. De nouvelles actions sont attendues tout début septembre: elles risquent de faire rapidement tache d'huile. Les infirmiers en ont ras la blouse blanche et la douloureuse impression qu'on se fiche d'eux. La Covid n'a fait qu'exacerber des problèmes déjà existants: un manque de valorisation, trop peu d'infirmiers par patient, des écoles de formation qui se vident, pas de reconnaissance de la pénibilité d'une profession à l'évidence très lourde. Grosse cerise sur le gâteau, le nouveau modèle de rémunération salariale Ific - que les 600 millions d'euros avancés il y a un an par le gouvernement fédéral permettront de financer - révèle des failles prévisibles qui ont créé le chaos dans la profession, en particulier chez les infirmiers spécialisés: soit ceux qui, dans les services de soins intensifs (USI) et d'urgence, ont été en première ligne pendant la crise sanitaire. A lire sur le sujet > Notre grande enquête dans les hôpitaux: ras-le-bol de l'éparpillement des compétences"Le problème, ce sont les promesses qui ne débouchent sur rien, comme celle de l'ancien ministre Bacquelaine (MR) sur la pénibilité, explique Adrien Dufour, président de la Fédération des infirmiers de Belgique (Fnib). On ne peut plus attendre. Les gouvernements doivent donner des perspectives aux infirmiers pour éviter qu'ils jettent le gant et qu'on ferme davantage de lits dans les USI, d'autant qu'on sait que la pénurie actuelle ne sera pas réglée tout de suite. Il faut remplir les écoles désertées et attendre les diplômés." Difficulté supplémentaire pour le politique: la colère des infirmiers s'exprime de plus en plus souvent en dehors de tout organe représentatif et certainement en rupture avec les syndicats classiques qui défendent le nouveau système Ific mis au point en commission paritaire. Pas simple pour la concertation sociale. Cela dit, et c'est un atout pour l'exécutif De Croo, la grogne touche essentiellement les infirmiers francophones, pour diverses raisons. En Flandre, le ministre régional de la Santé Wouter Beke (CD&V) est très à l'écoute du terrain. Fin juin, il a encore accordé une prime de 1000 euros aux étudiants en stage durant la pandémie. Mais si les braises du sud et de Bruxelles devaient se répandre au nord du pays, l'incendie sera très dur à éteindre.