"Il faut reconnaître que la situation se dégrade, et de plus en plus vite, malgré les efforts qui sont faits par beaucoup." Cette phrase est de Jean-Pascal Van Ypersele. Elle est issue d'une interview réalisée par Le Vif en septembre 2020 lors de l'opération "Réveil climatique". Plusieurs mois plus tard, elle est d'autant plus vraie à la sortie du nouveau rapport du Giec. Selon celui-ci, le climat change plus vite qu'on le craignait et que le réchauffement climatique est "sans équivoque" la conséquence de l'activité humaine. "L'activité humaine a réchauffé le climat à un niveau sans précédent depuis au moins 2.000 ans".
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"Il faut reconnaître que la situation se dégrade, et de plus en plus vite, malgré les efforts qui sont faits par beaucoup." Cette phrase est de Jean-Pascal Van Ypersele. Elle est issue d'une interview réalisée par Le Vif en septembre 2020 lors de l'opération "Réveil climatique". Plusieurs mois plus tard, elle est d'autant plus vraie à la sortie du nouveau rapport du Giec. Selon celui-ci, le climat change plus vite qu'on le craignait et que le réchauffement climatique est "sans équivoque" la conséquence de l'activité humaine. "L'activité humaine a réchauffé le climat à un niveau sans précédent depuis au moins 2.000 ans". Une évolution du climat mondial visible dans les trois infographies réalisées ci-dessous par Le Vif. La hausse continue depuis plusieurs décennies des émissions de gaz à effet de serre, CO2 en tête, et leur concentration toujours plus élevée dans l'atmosphère ont "probablement" contribué à un réchauffement de 1 à 2°C explique le rapport. Principale cause du réchauffement climatique, les concentrations atmosphériques de CO2 sont au plus haut depuis au moins deux millions d'années et celles de méthane et de protoxyde d'azote depuis au moins 800.000 ans, constate le Giec. Avec une telle production, ce CO2 ne peut pas être entièrement absorbé par la planète. Sa concentration augmente donc rapidement dans l'atmosphère. Selon le rapport toujours, en cas de forte augmentation des émissions de gaz à effet de serre (c'est-à-dire un quasi doublement d'ici 2050 ou 2100 par rapport au niveau de 2015), la hausse du mercure sur la planète pourrait atteindre en moyenne +1,9 à 3,0°C à la moitié du siècle et même entre 3,3 et 5,7°C à la fin du siècle. En revanche, un scénario de forte réduction des émissions, pour atteindre la neutralité carbone aux alentours de 2050 et des émissions négatives par la suite (via la séquestration naturelle et/ou anthropique du carbone) limiterait le réchauffement à +1,6°C à la moitié du siècle et à +1,4°C sur le long terme, ce qui permettrait de rester dans les clous des objectifs de l'accord de Paris sur le climat (contenir le réchauffement bien en deçà de 2°C et si possible à 1,5°C).Le seuil de +1,5 °C sera atteint autour de 2030, dix ans plus tôt que la précédente estimation du Giec en 2018. La planète va subir une augmentation "sans précédent" des événements météo extrêmes comme les canicules ou les pluies diluviennes, même si le monde parvient à limiter le réchauffement à +1,5 °C, peut-on lire dans le rapport de ce lundi. Chaque hausse du mercure mondial de 0,5°C sera à l'origine d'une augmentation de l'intensité et de la fréquence de vagues de chaleur, de fortes précipitations aussi bien que de périodes de sécheresse. Aucune région du globe n'échappera aux conséquences des changements climatiques.Le réchauffement de la température moyenne mondiale de l'air à la surface des terres et de l'eau à la surface des océans est très net. Sur le graphique, la courbe grise représente la différence par année et la rouge est une moyenne lissée qui permet de voir plus clairement l'évolution. L'écart par rapport à la moyenne de la période de référence préindustrielle 1850-1900 est faiblement marqué jusqu'au milieu des années 1930 puis devient ensuite, le plus souvent, légèrement positif jusque vers 1980. Depuis le début des années 1980, le réchauffement s'accentue nettement. Les cinq dernières années sont les cinq plus chaudes observées depuis 1850. Certaines conséquences du réchauffement de la planète, notamment la fonte des glaces et la hausse du niveau des mers, sont désormais "irréversibles pour des siècles ou des millénaires", ont estimé ce lundi les experts. Selon leur rapport, le niveau des océans va continuer à augmenter pendant "des siècles, voire des millénaires", notamment suite à la la fonte des calottes glaciaires.Selon le graphique suivant, publié par la Nasa, l'augmentation nette et continue est de plus de 9 centimètres en près de 30 ans.