Le roi Philippe avait désigné le 5 novembre dernier le président du PS pour mener un nouveau tour d'information en vue de former un gouvernement fédéral après l'échec des préformateurs Rudy Demotte (PS) et Geert Bourgeois (N-VA).

Le socialiste a pris sa mission en étendant la liste des partis consultés. Les informateurs précédents, Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (sp.a), avaient progressivement réduit leurs discussions à six partis (socialistes, libéraux, CD&V et N-VA). Les préformateurs avaient consulté les écologistes en plus des six partis. M. Magnette a quant lui entretenu des contacts avec dix partis, c'est-à-dire avec DéFI et surtout le cdH en plus.

Paul Magnette ne cherche pas particulièrement à constituer une prochaine coalition, mais à trouver un consensus avec différentes formations autour de plusieurs thèmes, comme le taux d'activité, la cohésion sociale et la lutte contre la pauvreté, la justice et la sécurité, la transition climatique, l'immigration et la modernisation de l'État.

Le week-end écoulé a semblé ouvrir quelques perspectives pour la constitution d'un arc-en-ciel avec des déclarations musclées du ministre flamand Bart Somers dimanche envers la N-VA, estimant que celle-ci n'avait en réalité aucune intention d'entrer dans un gouvernement fédéral. "Un aveugle pourrait le voir", a commenté M. Somers (Open VLD) interrogé lors du journal télévisé dominical de VTM. "Ils (la N-VA) ont une trajectoire et une histoire qui montrent qu'ils fuient leur responsabilité au niveau fédéral", a-t-il attaqué, laissant entendre en creux que seule une majorité arc-en-ciel était désormais possible.

Samedi, dans la Libre Belgique, sa coreligionnaire Maggie De Block n'avait elle non plus pas fermé la porte à un arc-en-ciel au fédéral. Et plus tôt dans la semaine, leur présidente Gwendolyn Rutten avait, elle, salué la qualité du travail de Paul Magnette, déclenchant l'ire de Theo Francken.

Ce apparent changement de ton des libéraux flamands envers un arc-en-ciel reporte de facto donc l'attention sur le CD&V, dernier courtisé pour compléter un éventuel attelage sans les nationalistes flamands.

Aucune position claire et unanime des chrétiens démocrates flamands ne devrait toutefois intervenir avant le résultat de l'élection pour la présidence du parti, fin de la semaine prochaine.

La N-VA n'a pas traîné à critiquer les dernières déclarations de l'Open Vld, l'accusant d'affaiblir la position de négociation de la Flandre et de renforcer en même temps celle du PS à un moment crucial des discussions fédérales.