Au fil des auditions de la commission Publifin est apparu le rôle prépondérant joué par le ministre de l'Economie, Jean-Claude Marcourt (PS), dans le soutien aux projets de Tecteo/Nethys, même quand ils s'écartaient de la norme.

Marc Beyens est le bras droit de Stéphane Moreau dans la SA L'Avenir Développement (Nethys). Cette société est actionnaire des groupes La Provence (11 %) et Nice-Matin (20 %) situés, eux, dans l'orbite de Bernard Tapie, définitivement condamné dans son litige avec le Crédit lyonnais.

Le rapport de la commission Publifin décrit un système assez généralisé d'estompement de la norme dans le chef des dirigeants de Publifin et de ceux qui les ont protégés. Une nouvelle génération wallonne bien formée, communicante, exigeante sur le plan éthique, émerge de cette tornade. De celle qui redonne de l'espoir.

Avant son audition, personne ne la connaissait. Après, tout le monde la détestait. Bénédicte Bayer, directrice générale de Publifin, n'est pourtant pas (que) cette arrogante/combattante. Ni cette incompétente soumise à Stéphane Moreau. Mais un sacré caractère, sans aucun doute !

La commission d'enquête accumule les preuves de rémunérations abusives, détournements d'héritage public, montages financiers douteux et cachotteries en tout genre. Le compte à rebours des élections est lancé : tic-tac, tic-tac. Comment désamorcer la bombe ?

Ministre wallon de l'Economie depuis 2004, Jean-Claude Marcourt a suivi de près toutes les évolutions de la galaxie Publifin. Il est pourtant parvenu à passer entre les gouttes du scandale. Présent partout, mais encore inquiété nulle part, il ne va plus pouvoir longtemps éviter la tempête : la commission d'enquête l'a convoqué le jeudi 30 mars.

De tous les acteurs du scandale Publifin, il est le seul à ne pas être politiquement tombé. Dominique Drion, ancien vice-président de Nethys, s'accroche à la Province de Liège. Malgré la contestation interne. Portrait rempli de contradictions : conseiller de l'opposition CDH amoureux de la majorité PS, critiqué sans être détrôné, homme simple aux poches bien remplies.

Le patron de Nethys a donné sa version des faits devant la commission d'enquête du Parlement wallon. Retour sur quatre déclarations d'un homme imperturbable qui s'est présenté en "victime majeure" des derniers événements.

Instrumentalisé par quelques oligarques liégeois, Ogeo Fund est devenu le "banquier" de Publifin en s'émancipant du contrôle des travailleurs des entreprises affiliées. Mais les revers s'accumulent. L'intercommunale Aide a décidé de migrer vers l'ONSS-APL et la FSMA, autorité de contrôle des marchés financiers, s'intéresserait à Stéphane Moreau.

Jean-François Mitsch, conseiller communal PS de Genappe, pose de lourdes questions sur les structures et la stratégie d' Ores, l'intercommunale chargée de la distribution du gaz et de l'électricité dans la majorité des communes wallonnes.. Il a déposé un dossier à la justice de Liège, qui enquête sur le scandale Publifin. Le récit d'une affaire qui dépasse largement la question des montants rémunérant les mandats d'élus locaux, régionaux ou fédéraux.

Un tout premier comité de secteur "bidon" a été créé fin 2006 lors de l'absorption de la Socolie par l'ALE, future Publifin. Lors des deux uniques réunions de ce comité, Stéphane Moreau jouait le rôle du secrétaire tandis qu'André Gilles présidait les "débats". Le Vif publie les PV de ces réunions sans objet.

Raphaëlle Marcourt, la fille du vice-président du gouvernement wallon, est une jeune avocate spécialisée en droit de la famille. Ces derniers mois, elle a travaillé comme juriste pour Nethys, sans contrat, alors que le scandale Publifin avait éclaté, et sur une matière qui n'est pas la sienne : la protection des données à caractère personnel. Budget prévu par Nethys pour cette mission : 50 000 euros.

Le scandale qui rebondit depuis deux mois l'aura montré : Publifin n'est pas un exemple éthique. Mais est-ce, finalement, une réussite économique ? Du point de vue des plantureux bénéfices brassés, indéniablement. Au niveau de leur affectation et de la création d'emplois, c'est plus discutable.

Suspendu de ses mandats internes, Stéphane Moreau a entamé sa traversée du désert. Il est la mémoire des coulisses du PS liégeois et de ses entreprises publiques au fort goût d'intérêt privé.

Il y a encore deux mois, la notoriété d'André Gilles n'excédait pas la province de Liège. Et encore. Désormais, tout le monde connaît son nom. Son salaire. Ses travers. Mais moins son parcours, son rôle, son poids. Loin d'être conformes aux apparences...

Depuis trois semaines, on ne parle que de cela : Publifin, Nethys, Stéphane Moreau et la "mafia" liégeoise. Pourtant, derrière le scandale des rémunérations indues et de l'opacité organisée des structures, il y a un groupe rentable, en développement et dont certaines caractéristiques se retrouvent ailleurs qu'à Liège... Enquête, avec dix fables pour comprendre.