Pass sanitaire étendu : le débat prend de l'ampleur en Flandre

Alors que la France l'a définitivement adopté, malgré une protestation qui fait rage, la Belgique, forte d'une meilleure situation vaccinale, s'est jusqu'à maintenant toujours refusée de suivre les pas(s) de son voisin français. Mais depuis hier, plusieurs voix s'élèvent pour étendre le Covid Safe Ticket en Belgique.

Georges Dallemagne (CdH)a été un des premiers à se lancer à contre-courant. "On présente le pass sanitaire comme une restriction des libertés alors que c'est en fait un pass pour plus de libertés. La Belgique doit s'inspirer de ce que font la France mais aussi l'Italie." Et d'ajouter : "Je comprends que Georges-Louis Bouchez, en tant que libéral, mette en avant la liberté de chacun. Mais je m'étonne que la gauche ne rappelle pas plus l'importance de la solidarité."

En Flandre, certaines langues se délient de plus en plus sur la question. Conner Rousseau (Vooruit) en tête. Le président du parti socialiste flamand plaide pour étendre le Covid Safe Ticket à plusieurs égards. Les petits événements sont la cible: mariages, fêtes d'entreprise, banquets, etc.

"De nombreuses personnes me disent vouloir organiser des événements avec pass corona, mais ne peuvent pas, car l'événement est trop petit. C'est dommage. Si ça marche à grande échelle, pourquoi ne pas le faire à petite échelle?", dit-il au Standaard. Le débat est donc lancé.

Le président du CD&V Joachim Coens est du même avis. "C'est très important que cela soit sur la table, car il y a beaucoup de gens qui veulent permettre aux petites fêtes de continuer de manière sûre", dit-il sur la VRT, et ajoutant qu'il s'agirait d'une "mesure transitoire" en ce qui le concerne. "

"Nous sommes maintenant dans la phase où presque tout le monde a eu la chance de se faire vacciner deux fois. Ce n'était pas le cas auparavant, et l'utilisation généralisée d'un tel Covid Safe Ticket aurait été discriminatoire. Je pense que son utilisation pour les petites fêtes, comme une soirée dansante lors d'un mariage ou une fête du personnel, devrait être envisagée."

La ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden, s'interrogeait déjà sur la question la semaine passée. Elle aussi souhaite étudier d'ici la fin du mois la possibilité de pouvoir réorganiser des petites fêtes dans des circonstances les plus "normales possibles".

"Nous devons voir comment permettre l'organisation de petits événements sans trop de règles, sans masques, sans distances et sans avoir à jongler avec des chiffres", a-t-elle déclaré dans De Ochtend sur les ondes de la VRT.

Mais contrairement à Rousseau et Coens, Verlinden n'est pas favorable à l'extension du pass pour les petits événements. "Nous avons toujours fait le choix de ne pas tendre vers une société de laissez-passer" ou il faut montrer patte blanche pour chaque activité, soulignait-elle. "Il est temps de permettre un retour à des activités dans des conditions normales", poursuit la ministre, qui estime que cette question doit être évaluée d'ici la fin du mois.

Du côté des libéraux flamands, on s'oppose fermement à l'extension. "Avec le pass corona, nous risquons de nous retrouver sur une pente glissante", commente sur Twitter Egbert Lachaert, président de l'OpenVLD. "Bonne intention, mais l'appel pour le laissez-passer ne fera que grandir et si nous ne mettons pas une limite, nous finirons dans une société dont nous ne voulons pas. Il existe effectivement des alternatives", a-t-il ajouté.

"Ne pas tout relâcher" pour ne pas compromettre la rentrée scolaire

Tout relâcher, comme le préconisait l'infectiologue limbourgeois Jeroen van der Hilst, n'est pas une bonne chose, selon sa collègue Erika Vlieghe. Elle craint que cela ne compromette la rentrée scolaire. "Même si je pense que tout le monde est d'accord pour dire que nous voulons que cela se poursuive aussi normalement que possible", a déclaré la présidente du groupe consultatif GEMS dans une interview à la chaîne anversoise ATV.

Port du masque

L'obligation du port du masque buccal sera-t-elle bientôt modifiée ? La nécessité du port du masque, encore généralisé en intérieur, pourrait être un des sujets brûlants sur la table du Comité de concertation. Selon le professeur de maladies infectieuses et membre du GEMS Steven Callens, oui, il faut se pencher sur la question, dit-il dans HLN.

Marc Van Ranst est également favorable à une suppression progressive du port du masque buccal, mais il souligne qu'il s'agit in fine d'une décision politique, qui dépendra du taux de vaccination et de la situation épidémiologique. "Au moment où tout le monde a eu la possibilité d'être complètement vacciné, nous entrons dans une phase différente", explique Van Ranst.

Vaccination en entreprise

Alors qu'un retour au bureau plus important devrait avoir lieu dans les entreprises belges en septembre, ces dernières aimeraient connaître la situation vaccinale de leurs employés, mais ne sont pour l'instant pas autorisées à le demander.

Le débat sera en tout cas sur la table du prochain Comité de concertation. Le cabinet du ministre du Travail Pierre-Yves Dermagne (PS) l'a confirmé la semaine passée dans les journaux de Mediahuis.

Horeca

Si l'utilisation du pass sanitaire n'est pas à l'ordre du jour pour accéder aux établissements Horeca, l'afflux de clients français frontaliers en Belgique ne rassure pas. Et chez certains tenanciers, l'idée d'un pass fait son chemin, de peur de perdre des clients qui ne se sentiraient plus en sécurité.

Thierry Neyens, président de la Fédération Horeca Wallonie, confiait au Vif en début de semaine que certaines professions du secteur, comme les organisateurs de banquets ou les traiteurs, seraient favorables à l'instauration du pass corona, afin de pouvoir reprendre leurs activités normalement.

Mais il n'en est pas de même pour tous les autres acteurs de l'Horeca. "Si c'est pour éviter une fermeture en automne, alors oui, un pass peut nous sauver. Mais actuellement, le secteur n'y est pas favorable", nous disait Thierry Neyens.

L'heure maximale de fermeture de l'Horeca, toujours fixée à 1h du matin, pourrait également être repoussée. Le nombre de personnes par table pourrait également être revu à la hausse.

Monde de la nuit

Last but not least, le monde de la nuit, indéniablement le secteur le plus touché depuis le début de cette crise sanitaire, attend énormément du prochain Codeco. Fermé depuis 18 mois (!), le secteur veut des actes pour entamer une reprise.

Théoriquement, les discothèques qui accueilleront plus de 1.500 personnes pourront rouvrir le 1er septembre, avec l'utilisation du Covid Safe Ticket. Problème : peu de nightclubs peuvent se targuer d'une telle capacité d'accueil.

La jauge de 1.500 personnes pourrait dès lors être revue à la baisse lors du prochain Codeco, afin de permettre au monde de la nuit de pouvoir enfin reprendre du service.

Alors que la France l'a définitivement adopté, malgré une protestation qui fait rage, la Belgique, forte d'une meilleure situation vaccinale, s'est jusqu'à maintenant toujours refusée de suivre les pas(s) de son voisin français. Mais depuis hier, plusieurs voix s'élèvent pour étendre le Covid Safe Ticket en Belgique.Georges Dallemagne (CdH)a été un des premiers à se lancer à contre-courant. "On présente le pass sanitaire comme une restriction des libertés alors que c'est en fait un pass pour plus de libertés. La Belgique doit s'inspirer de ce que font la France mais aussi l'Italie." Et d'ajouter : "Je comprends que Georges-Louis Bouchez, en tant que libéral, mette en avant la liberté de chacun. Mais je m'étonne que la gauche ne rappelle pas plus l'importance de la solidarité."En Flandre, certaines langues se délient de plus en plus sur la question. Conner Rousseau (Vooruit) en tête. Le président du parti socialiste flamand plaide pour étendre le Covid Safe Ticket à plusieurs égards. Les petits événements sont la cible: mariages, fêtes d'entreprise, banquets, etc."De nombreuses personnes me disent vouloir organiser des événements avec pass corona, mais ne peuvent pas, car l'événement est trop petit. C'est dommage. Si ça marche à grande échelle, pourquoi ne pas le faire à petite échelle?", dit-il au Standaard. Le débat est donc lancé. Le président du CD&V Joachim Coens est du même avis. "C'est très important que cela soit sur la table, car il y a beaucoup de gens qui veulent permettre aux petites fêtes de continuer de manière sûre", dit-il sur la VRT, et ajoutant qu'il s'agirait d'une "mesure transitoire" en ce qui le concerne. ""Nous sommes maintenant dans la phase où presque tout le monde a eu la chance de se faire vacciner deux fois. Ce n'était pas le cas auparavant, et l'utilisation généralisée d'un tel Covid Safe Ticket aurait été discriminatoire. Je pense que son utilisation pour les petites fêtes, comme une soirée dansante lors d'un mariage ou une fête du personnel, devrait être envisagée."La ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden, s'interrogeait déjà sur la question la semaine passée. Elle aussi souhaite étudier d'ici la fin du mois la possibilité de pouvoir réorganiser des petites fêtes dans des circonstances les plus "normales possibles". "Nous devons voir comment permettre l'organisation de petits événements sans trop de règles, sans masques, sans distances et sans avoir à jongler avec des chiffres", a-t-elle déclaré dans De Ochtend sur les ondes de la VRT.Mais contrairement à Rousseau et Coens, Verlinden n'est pas favorable à l'extension du pass pour les petits événements. "Nous avons toujours fait le choix de ne pas tendre vers une société de laissez-passer" ou il faut montrer patte blanche pour chaque activité, soulignait-elle. "Il est temps de permettre un retour à des activités dans des conditions normales", poursuit la ministre, qui estime que cette question doit être évaluée d'ici la fin du mois.Du côté des libéraux flamands, on s'oppose fermement à l'extension. "Avec le pass corona, nous risquons de nous retrouver sur une pente glissante", commente sur Twitter Egbert Lachaert, président de l'OpenVLD. "Bonne intention, mais l'appel pour le laissez-passer ne fera que grandir et si nous ne mettons pas une limite, nous finirons dans une société dont nous ne voulons pas. Il existe effectivement des alternatives", a-t-il ajouté.Tout relâcher, comme le préconisait l'infectiologue limbourgeois Jeroen van der Hilst, n'est pas une bonne chose, selon sa collègue Erika Vlieghe. Elle craint que cela ne compromette la rentrée scolaire. "Même si je pense que tout le monde est d'accord pour dire que nous voulons que cela se poursuive aussi normalement que possible", a déclaré la présidente du groupe consultatif GEMS dans une interview à la chaîne anversoise ATV.L'obligation du port du masque buccal sera-t-elle bientôt modifiée ? La nécessité du port du masque, encore généralisé en intérieur, pourrait être un des sujets brûlants sur la table du Comité de concertation. Selon le professeur de maladies infectieuses et membre du GEMS Steven Callens, oui, il faut se pencher sur la question, dit-il dans HLN.Marc Van Ranst est également favorable à une suppression progressive du port du masque buccal, mais il souligne qu'il s'agit in fine d'une décision politique, qui dépendra du taux de vaccination et de la situation épidémiologique. "Au moment où tout le monde a eu la possibilité d'être complètement vacciné, nous entrons dans une phase différente", explique Van Ranst.Alors qu'un retour au bureau plus important devrait avoir lieu dans les entreprises belges en septembre, ces dernières aimeraient connaître la situation vaccinale de leurs employés, mais ne sont pour l'instant pas autorisées à le demander.Le débat sera en tout cas sur la table du prochain Comité de concertation. Le cabinet du ministre du Travail Pierre-Yves Dermagne (PS) l'a confirmé la semaine passée dans les journaux de Mediahuis.Si l'utilisation du pass sanitaire n'est pas à l'ordre du jour pour accéder aux établissements Horeca, l'afflux de clients français frontaliers en Belgique ne rassure pas. Et chez certains tenanciers, l'idée d'un pass fait son chemin, de peur de perdre des clients qui ne se sentiraient plus en sécurité.Thierry Neyens, président de la Fédération Horeca Wallonie, confiait au Vif en début de semaine que certaines professions du secteur, comme les organisateurs de banquets ou les traiteurs, seraient favorables à l'instauration du pass corona, afin de pouvoir reprendre leurs activités normalement.Mais il n'en est pas de même pour tous les autres acteurs de l'Horeca. "Si c'est pour éviter une fermeture en automne, alors oui, un pass peut nous sauver. Mais actuellement, le secteur n'y est pas favorable", nous disait Thierry Neyens.L'heure maximale de fermeture de l'Horeca, toujours fixée à 1h du matin, pourrait également être repoussée. Le nombre de personnes par table pourrait également être revu à la hausse.Last but not least, le monde de la nuit, indéniablement le secteur le plus touché depuis le début de cette crise sanitaire, attend énormément du prochain Codeco. Fermé depuis 18 mois (!), le secteur veut des actes pour entamer une reprise.Théoriquement, les discothèques qui accueilleront plus de 1.500 personnes pourront rouvrir le 1er septembre, avec l'utilisation du Covid Safe Ticket. Problème : peu de nightclubs peuvent se targuer d'une telle capacité d'accueil. La jauge de 1.500 personnes pourrait dès lors être revue à la baisse lors du prochain Codeco, afin de permettre au monde de la nuit de pouvoir enfin reprendre du service.