La prise d'otages de la grotte sacrée d'Ouvéa en 1988, marqueur du combat indépendantiste kanak. © REMY MOYEN/BELGAIMAGE

Le rêve d’une Kanaky libre n’est pas mort

Les citoyens de Nouvelle-Calédonie en âge de voter sont invités, ce dimanche 4 novembre, à opter pour l’indépendance ou pour le maintien au sein de la République française. Dans Kanaky (Actes Sud, 300 p.), l’écrivain Joseph Andras exhume ce qui est resté dans les esprits comme l’événement le plus marquant du combat indépendantiste, la prise d’otages de la grotte d’Ouvéa en avril 1988. Il l’aborde de manière originale en retraçant le parcours du jeune leader du commando, Alphonse Dianou, et en s’efforçant de répondre au mystère de son basculement dans la violence, résumé dans cette formule :  » Qu’un émule de Gandhi charclât des hommes sans armes, c’est là le hic.  » L’occupation de la gendarmerie de Fayaoué, point de départ de l’opération, tourna au fiasco (quatre gendarmes tués) et entraîna une fuite en avant tragique (dix-neuf indépendantistes et deux militaires tués lors de l’assaut de la grotte, le 5 mai). Au terme de multiples entretiens avec ses parents et ses compagnons de lutte, Joseph Andras décrypte comment Alphonse Dianou s’est sans doute lassé de la lutte non violente qui ne lui paraissait plus suffisante. Mais de là à en faire un meurtrier… Kanaky n’est pas seulement un récit captivant comme une enquête policière. Il ouvre aussi une réflexion sur les moyens du combat politique et les désunions qu’ils provoquent, sur les affres du colonialisme et de la cohabitation au sommet du pouvoir français qui ne fut pas sans conséquence à Nouméa.

Le rêve d'une Kanaky libre n'est pas mort

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