La tête froide

Depuis plusieurs mois, les consommateurs et les entrepreneurs européens ne percevaient pas de la même manière l’évolution économique. Tandis que les premiers doutaient de la reprise ou du moins de sa vigueur, les seconds se montraient résolument optimistes. Incompatible à long terme, cette divergence de vues se résorbe progressivement. Malheureusement, c’est le sentiment des industriels qui rejoint l’avis des ménages plutôt que l’inverse. En particulier, le moral des chefs d’entreprise allemands, après avoir atteint un sommet en janvier de cette année, est en baisse depuis deux mois. Du côté des consommateurs, une certaine prudence, entretenue par la persistance du chômage, est toujours de mise. Les attentats de Madrid ne sont évidemment pas de nature à améliorer le moral des Européens.

La Banque centrale européenne (BCE) semble également avoir revu ses anticipations de croissance à la baisse. Son président, Jean-Claude Trichet, a évoqué la possibilité d’un ajustement de la politique monétaire si les développements économiques au sein de la zone euro continuent de décevoir. Ce changement de ton de la part des autorités monétaires ne signifie pas forcément qu’elles vont réduire les taux directeurs. Il peut, en effet, s’agir d’une nouvelle stratégie de communication qui vise à guider les marchés. En brandissant la perspective d’une baisse des taux d’intérêt, la BCE cherche peut-être simplement à affaiblir l’euro. Si c’était le but recherché, la man£uvre a partiellement réussi. La monnaie européenne s’est en effet momentanément dépréciée. En attendant, la BCE a maintenu ses taux inchangés ce 1er avril, et, sauf croissance économique anémique au 1er trimestre, elle devrait poursuivre cette politique dans les mois à venir.

l Les placements à taux fixe. Les taux à court terme (3 mois) ont baissé en mars, de 2,05 % à environ 1,95 %, dans le sillage de la révision à la baisse des perspectives de croissance économique en Europe.

Sur le front des comptes d’épargne, aucune baisse des conditions n’est à l’ordre du jour pour l’instant, sauf si on considère la fin des périodes de promotion. Les 1,5 % + 0,5 % redeviennent progressivement la norme. Nous estimons ces conditions plutôt chiches au regard de celles pratiquées par les banques d’origine hollandaise, à l’image de Rabobank. be, la banque on line, qui offre un taux de base de 3 % et une prime d’accroissement ou de fidélité de 0,50 %. Grand atout de ce compte, le taux de base est élevé. Même si vous n’avez pas droit à la prime (les primes sont octroyées pour autant que l’argent reste suffisamment longtemps en compte), votre rémunération reste tout de même intéressante. Le taux de base est en effet octroyé au prorata de la durée du placement. Rabobank. be ne compte par ailleurs pas de dates valeur. Les intérêts commencent à courir le jour du versement, jusqu’au jour précédant le retrait. Vous trouverez également de bonnes conditions auprès de Cortal Consors, DHB Bank et Finansbank (minimum 5 000 euros).

, eux,

ont baissé. Le rendement de l’emprunt d’Etat belge à 10 ans est passé, d’un mois à l’autre, de 4,20 à 4,10 %, mais il est entre-temps retombé à 4 %. Les attentats de Madrid et le contexte économique ont incité les inves- tisseurs à rechercher des placements plus sûrs que les actions. Les obligations ont donc retrouvé leurs faveurs, ce qui a poussé leur prix à la hausse avec, en corollaire, une baisse de leur rendement. Il n’en fallait pas plus pour que les banques décident de baisser les conditions des bons de caisse, pourtant déjà faibles. A 5 ans, le meilleur bon offre un rendement brut de 3,30 %, soit un rendement net (après la retenue du précompte mobilier et des taxes) de 2,80 %. Un tel rendement n’intéressera que les amateurs de titres à revenu fixe offrant l’anonymat. Si vous acceptez de posséder des titres nominatifs, privilégiez les bons d’assurance, un peu plus généreux (voir le tableau) ou une assurance-épargne de la branche 21. De nombreux assureurs proposent ce type de produit couplant un taux garanti (généralement compris entre 2,75 et 3,75 %) et un bonus, facultatif et variable d’une année à l’autre. Avant de choisir, veillez à ce que les conditions d’octroi du bonus soient suffisamment souples et que les frais ne soient pas trop élevés.

. La circonspection qui avait déjà pointé le bout de son nez en février est revenue de façon plus insistante sur les marchés boursiers le mois dernier. La faiblesse persistante des indicateurs économiques, en particulier en Europe, auxquels sont venus s’ajouter les attentats à Madrid et autres menaces terroristes, ont fait perdre à la plupart des places les gains enregistrés depuis le début de l’année.

Il est évident que le regain de tensions géopolitiques constitue un frein aux échanges commerciaux. Menace qu’il convient cependant de relativiser. Ainsi, si un ralentissement notable du commerce international a été enregistré en 2002 et en 2003 (3 % de croissance contre 5,5 % pour la période 1990-2002 en moyenne) suite aux attentats du 11 septembre 2001, on ne peut parler d’effondrement, d’autant plus que le ralentissement conjoncturel était lui déjà bel et bien présent au moment des événements. Les marchés ont d’ailleurs fait la part des choses. Les indices n’ont reculé que de quelques pour cent après les attentats de Madrid et ont continué à suivre attentivement les autres signaux économiques. Ainsi, la confirmation des chiffres de croissance aux Etats-Unis et des chiffres plus encourageants sur le front du chômage ont relativisé le négativisme ambiant, ce qui a permis aux Bourses de récupérer partiellement le terrain perdu. Les pertes mensuelles ont ainsi pu être limitées à moins de 3 %.

A noter la belle progression de Tokyo (+ 9,2 % en devise locale). Les exportateurs japonais se portent extrêmement bien pour le moment et la balance commerciale profite de la hausse de la demande chinoise pour afficher de gros surplus. Les actions japonaises restent pourtant globalement trop chères en raison de la faible croissance économique attendue pour les années à venir.

A Bruxelles, l’événement du mois a bien entendu été l’introduction en Bourse de Belgacom. Si l’opération pouvait sembler un peu précipitée à première vue, elle s’est, il faut le dire, très bien déroulée. Le succès a entraîné une sur-souscription, mais on est loin des excès de la fin des années 1990, et le prix fixé était attrayant. Les premières cotations ont reflété l’enthou- siasme des investisseurs, et cela dans un climat boursier plutôt négatif. Le cours se maintient depuis à un niveau correct… l

Budget Hebdo

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