Caroline Désir © Belga

Réforme de l’évaluation des enseignants: pourquoi les syndicats aimeraient « une communication plus positive »

Celine Bouckaert
Celine Bouckaert Journaliste au Vif

A la suite du Pacte pour un enseignement d’excellence, la FWB étudie le renouvellement de sa procédure d’évaluation de ses enseignants. Loin d’être définitif, le texte fait l’objet de négociations, notamment avec les syndicats qui aimeraient un vocabulaire plus  » positif « .

Après le tronc commun, la redéfinition des référentiels ((NDLR: le programme à suivre pour les enseignants), la réforme des rythmes scolaires, la ministre de l’Enseignement francophone Caroline Désir (PS) oeuvre à une réforme de l’évaluation des enseignants. Même si aujourd’hui les négociations sont toujours en cours et que le projet n’a pas encore été soumis au gouvernement, le quotidien Le Soir lève un coin de voile sur le projet.

Le système d’évaluation serait scindé en deux volets : un « processus de développement des compétences professionnelles » et « un processus d’évaluation ». Le premier reposerait sur des entretiens de fonctionnement classiques menés par le directeur d’école ou une personne déléguée par lui. Si tout se passe bien, l’enseignant pourrait simplement continuer à donner cours jusqu’à l’entretien suivant.

Une carence manifeste et répétée

En cas de problème, les deux parties devraient conclure « un contrat de développement de compétences professionnelles ». Si après six mois, le problème n’est pas réglé, l’enseignant basculerait dans le « processus d’évaluation » et cette fois, le pouvoir organisateur prendrait le relais. « Cette étape est enclenchée ‘en cas de carence manifeste et répétée ou de mauvaise volonté manifeste à atteindre les objectifs identifiés dans le contrat' », écrit Le Soir.

Si cet entretien aboutit à une mention défavorable (dûment motivée), le pouvoir organisateur et l’enseignant devraient conclure un contrat d’accompagnement individualisé destiné à améliorer les compétences du professeur. Toujours selon Le Soir, si l’entretien de suivi qui doit avoir lieu endéans les deux ans débouche toujours sur une mention défavorable, l’école mettrait fin au contrat de l’enseignant (même nommé) et perdrait sa priorité pour un « nouvel emploi dans la même fonction ».

Les syndicats ne sont pas opposés à ce qu’il y ait un cadre d’évaluation, mais émettent une série d’objections. Roland Lahaye secrétaire général de la CSC Enseignement, formule trois observations. Premièrement, il estime qu’il faut mettre davantage en avant les évaluations positives. Deuxièmement, il préférerait que les directions ne puissent pas déléguer la tâche à un tiers. Enfin, il dénonce l’absence d’un expert pédagogique, y compris au moment des recours. Il souligne également que le texte n’a pas encore été proposé au gouvernement.

Redonner confiance aux enseignants

Le SLFP Enseignement partage cette position. « Nous aimerions une communication plus positive. Dans les textes, on ne ressent pas vraiment qu’il s’agit d’un accompagnement du membre du personnel, ne fut-ce que dans les termes : pourquoi appeler cela évaluation et pas accompagnement ou fonctionnement, ce qui aurait été plus rassurant pour les enseignants dans les établissements scolaires. C’est clair qu’il est nécessaire de dire ce qui ne va pas. Mais il faut d’abord mettre en avant ce qui va bien, et redonner confiance aux enseignants. Pour nous, la version actuelle est plutôt sanctionnante et péjorative envers le membre du personnel« , explique Masanka Tshimanga, présidente du syndicat.

« Ce qui nous déplaît aussi, c’est que c’est la direction qui est chargée de cet entretien, mais qu’elle peut déléguer à un collègue. Nous pensons qu’une telle situation risque de créer un conflit au sein de l’équipe éducative. Ce n’est pas une démarche saine. » , ajoute-t-elle.

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