Elio Di Rupo © belga

L’optimisme de la majorité sur l’état de la Wallonie ne convainc pas l’opposition

Le Vif

Si un vent d’optimisme semblait souffler dans les rangs de la majorité wallonne après le discours sur l’état de la Wallonie prononcé devant le parlement régional mercredi matin par Elio Di Rupo, l’opposition PTB et Les Engagés s’est montrée nettement moins enthousiaste lors du débat de l’après-midi, théâtre d’une série d’escarmouches entre la majorité, PS en tête, et l’extrême gauche.

« Le gouvernement fait toujours la même chose: il prend des capitaux publics pour les déverser dans le privé dans l’espoir qu’il crée des emplois stables et de qualité. Ca ne fonctionne pas. Il est temps d’avoir une vraie politique de gauche qui rencontre les besoins des citoyens », a débuté le chef de groupe du PTB au parlement wallon, Germain Mugemangango. « Je vous ai d’ailleurs apporté un noeud papillon bleu qui correspond à votre politique libérale », a-t-il ajouté à l’adresse du ministre-président. « La Wallonie ne sera jamais la Corée du Nord. Elle restera une terre de libertés », a rétorqué ce dernier.

« J’attendais des annonces claires et des projets ambitieux. Je reste plus que sur ma faim », a de son côté pointé le chef de file des Engagés, François Desquesnes. « Nous reconnaissons une série de réussites, dont la campagne de vaccination et les engagements pris en faveur des sinistrés des inondations. Mais les chiffres flatteurs que vous nous avez présentés ont été soigneusement sélectionnés. Or, redresser la Wallonie implique un discours vérité« , a-t-il poursuivi en appelant le gouvernement régional à « arrêter de reporter et d’encommissionner. C’est aujourd’hui que la Wallonie a besoin de réformes ».

Dans la majorité, le ton est évidemment tout autre. « Le gouvernement wallon tient le cap et fait un maximum pour ne laisser personne au bord du chemin », a estimé André Frédéric, le chef de file socialiste au parlement régional. « Il prend les responsabilités que vous avez refusées en 2019 », a-t-il par ailleurs asséné au PTB, accusé de « rester au balcon et de canarder ceux qui se retroussent les manches ».

« Il y a énormément de signes positifs », a enchaîné le chef de groupe libéral, Jean-Paul Wahl. « Il n’y a pas de fatalité. Ce qui est possible dans une partie du Brabant wallon doit être possible ailleurs. Nous avons les moyens d’envisager l’avenir avec optimisme même si nous savons que ce ne sera pas simple. Et ce qui est clair, c’est que ceux qui disent qu’on n’y arrivera pas ne nous aident pas », a-t-il estimé en rappelant que « l’esprit d’entreprendre et le travail sont des valeurs qu’il faut défendre ».

Pour Ecolo, le député Stéphane Hazée a enfin dit son espoir – sans doute déçu – « de pouvoir mener, dans le cadre de ce discours sur l’état de la Wallonie, un débat hors des polémiques de l’actualité et sans trop de manichéisme », critique à peine voilée de l’attitude « populiste » du PTB – « le Parti Toujours au Balcon ». « Il faut aujourd’hui entraîner le plus grand nombre dans une dynamique positive. La volonté de se bouger pour le bien commun, c’est tout ce que je nous souhaite », a-t-il conclu.

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