Elio Di Rupo devant le parlement régional : « La Wallonie est fermement engagée sur la voie du redressement »

Le Vif

Le ministre-président wallon Elio Di Rupo a fait le bilan de l’état de la Wallonie devant le parlement régional ce mercredi. Un bilan positif selon lui, tant au niveau de la demande d’emploi que dans la gestion de la crise suite aux inondations de juillet dernier.

« Malgré les différentes catastrophes et les nombreux coups de frein, la Wallonie est fermement engagée sur la voie du redressement« , a affirmé le ministre-président régional, Elio Di Rupo, mercredi, dans son discours sur l’état de la Wallonie devant le parlement régional.

Ainsi, « le taux de privation matérielle et sociale, qui était de 15,8% en 2020, est descendu à 14,1% en 2021. Le taux de risque de pauvreté 2021, qui était de 18,2% l’année précédente, est passé à 17,7%. Et l’an dernier, en moyenne, un peu plus de 72.500 personnes ont bénéficié chaque mois d’un revenu d’intégration sociale. Ce chiffre évolue à la baisse depuis l’été dernier », a souligné Elio Di Rupo en s’appuyant sur les statistiques de l’Iweps. Parallèlement, l’économie retrouve elle aussi de la vigueur, avec un PIB wallon qui a pratiquement retrouvé son niveau d’avant crise au dernier trimestre 2021; une hausse des investissements publics et des exportations de biens; la création, en 2021, de près de 30.000 emplois et un niveau « historiquement bas » du nombre de demandeurs d’emplois inoccupés, désormais sous de la barre des 200.000 personnes.

« Pour 2022, les perspectives de poursuite de la reprise économique sont positives. Mais, nous devons rester prudents. Les effets négatifs, directs et indirects, de la guerre en Ukraine commencent seulement à se faire sentir. L’augmentation du prix de l’énergie et des matières premières, la perturbation des chaînes de production et l’instabilité des marchés financiers risquent de durer. Et, de coûter très cher », a averti le ministre-président. Néanmoins, « ce qui se profile derrière toutes ces statistiques, c’est une évolution favorable de la Wallonie« , a-t-il estimé en s’attelant ensuite à dresser la liste des actions gouvernementales, en matière d’environnement, d’emploi, de tourisme, de budget, de relance grâce à « un accord historique conclu avec les partenaires sociaux et environnementaux », mais aussi de gestion des inondations. « Après la catastrophe du mois de juillet, le gouvernement a assumé ses responsabilités à l’égard des personnes sinistrées. Et il continue », a assuré à ce propos le ministre-président. « La vérité a ses droits. Les assureurs auraient pu légalement se limiter à ne rembourser que 18% des dégâts subis par les citoyens qui pourtant étaient assurés. Au terme d’une dure négociation, les assureurs ont doublé leurs interventions. Quant au gouvernement, il a apporté le complément financier d’un milliard d’euros. C’est un effort financier sans précédent. Un effort financier non pas pour faire plaisir aux assureurs. Mais un effort financier pour aider la population sinistrée », a-t-il insisté.

« Comme on le dit communément, la critique est aisée mais l’art est difficile. Il n’est pas besoin que je développe cet adage. Pas besoin non plus que je rappelle à nouveau les crises successives qui ont demandé au gouvernement des réactions instantanées. Certains parlent de lenteur. Moi je parle de résilience et de concrétisation« , a encore défendu Elio Di Rupo. « Nous pouvons nous réjouir du travail commun sur les projets prioritaires avec les partenaires sociaux et environnementaux. À ce stade, 59% des programmes d’actions prioritaires sont soit en cours, soit sur le point de démarrer et 70% des prérequis et projets de la Facilité pour la reprise et la résilience sont concrétisés ou en bonne voie », a-t-il poursuivi en se disant « confiant quant à l’avenir de la Wallonie ».

« Notre Région regorge de talents et enregistre de nombreux succès. Notre Région foisonne de citoyens intelligents et créatifs. Notre Région regorge d’une jeunesse qui en veut. À la dimension qui est la nôtre, nous pouvons devenir un modèle au cœur de l’Europe. Mais pour cela, nous devons arrêter l’auto-flagellation et la comparaison avec des régions qui n’ont ni notre histoire industrielle, ni les mêmes particularités que les nôtres », a exhorté le ministre-président en appelant enfin à « donner tort aux défaitistes et à faire taire les oiseaux de malheur ».

Les finances régionales malmenées

Un discours sur l’état de la Wallonie prononcé à la veille du début officiel d’un ajustement budgétaire, ça rime forcément avec une attention particulière accordée aux finances régionales que l’on sait malmenées par les crises successives. « Notre devoir est d’être rigoureux à l’égard du budget de notre Région », a ainsi résumé Elio Di Rupo, le ministre-président wallon, selon qui le gouvernement « ne laissera pas filer l’endettement ».

« La crise sanitaire et les inondations auront coûté, chacune, plus de 3 milliards d’euros à la Wallonie. Aujourd’hui, d’autres dépenses imprévues viennent grever le budget de la Région tels l’accueil et de l’accompagnement des réfugiés ukrainiens. Nonobstant les malheurs qui nous accablent, notre devoir est d’être rigoureux à l’égard de notre budget », a-t-il martelé. Le gouvernement entend ainsi respecter la trajectoire budgétaire fixée en début de législature et maintenir la dette à un niveau supportable, avec un objectif de diminution progressive et cumulative du solde brut de minimum 150 millions d’euros par an. « Nous allons entamer l’exercice difficile de l’ajustement budgétaire. L’évolution des paramètres macro-économiques, dans ce contexte d’incertitudes, nous est défavorable de plus de 140 millions. Mais le gouvernement entend assumer ses responsabilités envers nos concitoyens, envers notre jeunesse, envers nos entreprises », a encore assuré M. Di Rupo.

« Nous refusons de laisser filer l’endettement; d’hypothéquer la capacité de la Région à déployer ses politiques et à assurer le service public à l’avenir. C’est notre responsabilité vis-à-vis de générations futures », a-t-il conclu.

Partner Content