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9% des Flamands d’origine étrangère placent la religion au-dessus de la loi

Stagiaire Le Vif

9% des nouveaux arrivants non européens placent leur foi au-dessus de la loi en Flandre, indiquent les résultats du Baromètre du Vivre Ensemble (Samenleven). Cette proportion est encore plus élevée à Bruxelles.

En Flandre, 9 % des citoyens de deuxième génération d’origine non européenne pensent que la loi peut être enfreinte en cas de conflit entre la loi et la religion, rapportent mardi De Standaard et Het Nieuwsblad. Ce constat se base sur les résultats du Baromètre du Vivre Ensemble (Samenleven), publié par gouvernement flamand à la demande du ministre flamand du Vivre Ensemble, Bart Somers (Open VLD).

Le but du baromètre est d’évaluer l’état du vivre ensemble dans la diversité en Flandre et à Bruxelles sur base de huit objectifs, allant de la participation au travail à la citoyenneté.

Une personne est considérée comme un « nouvel arrivant » ou une « personne d’origine étrangère » si elle ou l’un de ses parents est né à l’étranger. Les personnes nées en Belgique sont de deuxième génération, celles nées à l’étranger sont considérées comme de première génération.

La section sur la citoyenneté concernait notamment la séparation de l’Église et de l’État. Dans l’enquête réalisée au cours du premier trimestre de cette année, un groupe représentatif de résidents d’origine belge et étrangère s’est exprimé sur la possibilité d’enfreindre les lois belges qui ne sont pas compatibles avec les règles de leur religion. Les Flamands et Bruxellois d’origine étrangère nés en Belgique (deuxième génération) sont davantage de cet avis que leurs parents. Les résultats du Baromètre pointent qu’en Flandre la deuxième génération pense davantage (9%) à enfreindre la loi si elle entre en conflit avec la religion que la première génération (8,5%).

A Bruxelles, la différence est encore plus flagrante avec 13,2% des membres de la deuxième génération qui placent la religion au-dessus de la loi contre 7,6% pour la première génération.

Cette position n’est pas réservée aux citoyens d’origine non européenne puisque des Flamands et des Bruxellois d’origine belge estiment aussi que la loi belge doit faire place aux règles religieuses. En Flandre, c’est le cas de 1,2% des personnes sondées et de 5,4 % d’entre elles à Bruxelles.

L’interdiction de l’abattage sans étourdissement qui s’applique en Flandre et en Wallonie est par exemple une loi qui se confronte à la religion. Au Parlement bruxellois, une ordonnance à ce sujet a été rejetée en juin dernier.

Objectivité

L’enquête ne portait pas sur une religion en particulier et ne dit pas non plus si les personnes avaient des infractions majeures ou mineures en tête.

L’objectif du baromètre est d’apporter de l’objectivité au débat. « Grâce au baromètre, la politique peut se mettre au travail, sans tabou », répond Bart Somers par la voix de son porte-parole au Standaard. Le respect de l’État de droit est une pierre angulaire essentielle de la société. Nous ne bougerons pas d’un pouce sur ce point. C’est pourquoi nous y accordons beaucoup d’attention, tant dans la politique d’intégration que dans le « Plan samenleven » (Plan du vivre ensemble) ».

« Je tiens également à souligner que la grande majorité des citoyens, quelle que soit leur origine, respectent l’État de droit. Tout comme il existe aussi des citoyens sans passé migratoire qui ne le respectent pas. Le baromètre montre également des évolutions positives – notamment dans le domaine de l’éducation et de l’emploi : il y a aujourd’hui 238 000 personnes d’origine non belge de plus dans le secteur de l’emploi qu’il y a dix ans », ajoute Bart Somers.

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