Tout sur révolution arabe

Elle s'appelle Aliaa Elmahdi. Elle s'est photographiée elle-même, nue, dans la maison de ses parents. Puis elle a posté le cliché sur son blog. Un geste conçu comme un cri de liberté, un défi au conservatisme qui menace d'étouffer la société égyptienne. En quelques jours, la photo a fait le tour de la planète Internet.

Chaque jour quasiment désormais son lot de victimes de la répression en Syrie. Pour le seul week-end dernier, on a recensé plus de 100 morts lors d'affrontements avec les forces de l'ordre dans plusieurs villes.

Le gouvernement a démissionné aujourd'hui, premier signe concret d'un changement qui est demandé par le peuple depuis deux mois.

Le gouvernement syrien dirigé par le Premier ministre Naji Otri a présenté aujourd'hui sa démission. Un haut responsable à Damas a affirmé, aujourd'hui, qu'un nouveau cabinet sera mis en place dans les 24 heures.

De la gestion de l'aéroport de Benghazi au refus des frappes aériennes, le Premier ministre turc Erdogan est prudent dans ses interventions sur la crise libyenne. La défense des nombreux intérêts turcs peut expliquer son attitude modérée.

Alors que des troupes de la force commune du Conseil de coopération du Golfe (CCG), en provenance de l'Arabie saoudite, sont arrivées dans le Royaume de Bahreïn le 14 mars, il semblerait que l'épicentre de la révolution arabe s'est déplacé du Maghreb à l'Orient arabe.

Le 20 mars dernier, dix jours après l'annonce d'une réforme constitutionnelle par le roi du Maroc, Mohammed VI, des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues du pays pour réclamer plus de liberté, de démocratie et le droit, ainsi que de meilleures conditions de vie.

La révolution libyenne a rapidement tourné à l'affrontement militaire. Mouammar Kadhafi n'a pas donné, jusqu'ici, la preuve qu'il entendait respecter la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui appelle notamment à la proclamation d'un cessez-le-feu immédiat.

Un mouvement de contestation sans précédent a commencé le 15 mars en Syrie à la suite d'un appel sur une page Facebook, intitulée "La révolution syrienne contre Bachar Al-Assad 2011". De petites manifestations demandant des réformes politiques ont été dispersées depuis le 15 mars dans la capitale. Depuis, le mouvement s'est étendu au sud du pays.

Au Yémen, le président Ali Abdallah Saleh est de plus en plus déstabilisé. Contesté dans la rue depuis près de deux mois, il a jusqu'ici réprimé la révolte dans le sang. Encore une fois, c'est la jeunesse du pays qui a lancé le mouvement de protestation. Une attaque particulièrement violente contre les manifestants a tué 52 personnes le 18 mars à Sanaa, la capitale. Depuis, la contestation a encore pris de l'ampleur. Cinq personnalités du régime ont démissionné en signe de protestation, dont ce dimanche, l'ambassadeur du Yémen à l'Onu, Abdallah AlSaidi.

Après 18 jours d'une mobilisation acharnée, l'Egypte a renversé Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981. Le 11 février, Moubarak quitte la capitale et démissionne, donnant autorité à l'armée pour gérer les affaires du pays. Comme en Tunisie, la révolution est née de la convergence du mouvement pour les droits des travailleurs dans les villes manufacturières et du mouvement contre la brutalité policière. La jeunesse y représente un acteur radicalement nouveau, né sur les réseaux sociaux et dépositaire d'une ligne progressiste, attachée aux droits fondamentaux, aux devises modernes ("dignité", "travail"), mais aussi ouvert aux différentes tendances laïques et religieuses.

En trois semaines, les Tunisiens ont fait tomber leur dictateur. Le 14 février 2011, après plusieurs manifestations durement réprimées, le président Ben Ali - au pouvoir depuis vingt-trois ans -, a fui et trouvé refuge en Arabie Saoudite. C'était le début de la "révolution de jasmin".

Le monde arabe se transforme et change les équilibres mondiaux. Retour sur ces révoltes, pour comprendre où l'on en est, et ce à quoi il faut encore s'attendre.