Tout sur Léopold II

Rénové en profondeur, le musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren rouvre ses portes le 8 décembre. Le secrétaire perpétuel de l'Académie royale, historien de l'art, dit pourquoi il est indispensable de conserver le patrimoine. Même controversé. Seule la mise à distance du passé permet, dit-il, de construire une société de progrès.

Wikipedia définit "Bruxellisation" comme un terme utilisé par les urbanistes pour désigner les bouleversements urbanistiques d'une ville livrée aux promoteurs au détriment du cadre de vie de ses habitants.

L'entreprise coloniale léopoldienne inspire romanciers, auteurs de BD et metteurs en scène. Ils voient en Léopold II un monstre de cynisme, qui n'a en tête que le pillage du Congo.

L'écrivaine franco-américaine livre avec Il est à toi ce beau pays (1) une grande fresque mêlant la colonisation de l'Afrique centrale sous Léopold II et la ségrégation aux Etats-Unis. Deux événements aux répercussions encore présentes. Au modèle américain d'essors culturels parallèles, elle préfère la société européenne mélangée.

Au nom du devoir de mémoire, des élus et des collectifs belgo-congolais réclament un débat national sur Léopold II et le passé colonial belge. Encore faut-il éviter le dialogue de sourds. Illustration par l'exemple.

La politique coloniale de Léopold II enflamme toujours plus les esprits. Vingt ans après la sortie du livre choc Les Fantômes du roi Léopold, le deuxième roi des Belges est devenu un roi maudit, jugé coupable de crime contre l'humanité. Jusqu'où ira le déboulonnage ? Et quel regard critique porter aujourd'hui sur le Congo léopoldien ?

Comment les membres des familles royales sont-ils éduqués ? Comment se marient-ils ? Comment meurent-ils ? Un ouvrage fourmillant d'informations issues de précieuses archives nous entraîne dans l'intimité des souverains.

Le débat autour des statues d'anciens militaires du camp esclavagiste aux États-Unis nous rappelle la lutte que nous devons mener pour décoloniser la Belgique. Nous ne devons pas détruire les symboles du passé mais les encadrer et en construire de nouveaux.

La représentation glorieuse de l'époque coloniale fait grincer de plus en plus de dents. Au point que des voix s'élèvent pour les faire disparaître de l'espace public. Va-t-on enlever ces statues d'une autre époque de leur socle se demande De Morgen.

C'est une tragédie. Ce lundi 19 février, en lisant leur journal du matin, les Belges ne peuvent plus nier l'évidence. Albert, leur roi, est mort. L'événement s'est produit l'avant-veille. Le souverain était en train d'escalader le "Vieux Bon Dieu", une falaise d'une trentaine de mètres située à Marche-les-Dames, en bord de Meuse. Il était expérimenté et en bonne santé. Il est pourtant tombé. Définitivement.

Le chef du groupe DéFI au parlement bruxellois, Emmanuel De Bock, a jugé jeudi que la fermeture temporaire du tunnel Léopold II constituait la fermeture de trop et que l'opérateur régional Bruxelles Mobilité devait "passer la seconde" en installant des portiques de limitation d'accès en hauteur qui étaient annoncés pour le premier trimestre de cette année.

Les massacres commis au Congo à la fin du XIXe siècle ne sont pas imputables au seul roi Léopold II. Pour l'historien Pierre-Luc Plasman (UCL), le "caoutchouc rouge" s'est répandu dans un contexte qui a permis à de simples quidams de se transformer en bourreaux. Pas d'intention génocidaire, donc, mais beaucoup d'aveuglement.