Tout sur Léopold II

Le débat sur le passé colonial belge et la décolonisation de l'espace public a repris de l'ampleur à la faveur du mouvement Black Lives Matter. Quelle serait la teneur d'éventuelles excuses ? Entre recherche historique et agendas politiques, le point de jonction n'est pas facile à trouver.

Vandaliser pour marquer les esprits. C'est l'objectif des jeunes activistes qui s'en prennent aux statues de Léopold II et autres monuments coloniaux. Réactions politiques en sens divers.

L'histoire du Congo est loin de se résumer à celle de Léopold II, de la dipenda (" l'indépendance ") et de Mobutu. Ainsi, le regard belge reste souvent aveugle à tout ce qui précède l'ère coloniale. Brève ligne du temps pour remédier à cette absence.

La ville de Gand a retiré d'un de ses parcs une statue à l'effigie du roi controversé Léopold II. Le buste, qui a été dégradé il y a deux semaines, a été déplacé dans un entrepôt en attente d'un nouvel emplacement, tient Belga à bonne source. Le débat entrepris sur la mémoire du colonialisme en Belgique a accéléré cette décision.

Des personnages historiques comme Colbert, un des principaux ministres du roi Louis XIV, sont-ils aussi sur la sellette en France ? Dans le sillage des manifestations antiracistes américaines, les monuments liés à l'histoire coloniale française ou à la traite négrière se retrouvent au coeur d'une polémique que l'historienne Jacqueline Lalouette, une spécialiste des statues, juge à risque.

Les actes de vandalisme visant les statues les statues du roi Léopold II ainsi que les pétitions réclamant leur retrait de l'espace public - ou leur maintien - se sont multipliés ces derniers jours dans la foulée des manifestations en mémoire de George Floyd et plus généralement contre le racisme institutionnel et les injustices dont sont victimes nombre de personnes de couleur non seulement dans le monde mais également en Belgique.

Une statue de Léopold II installée dans la faculté Warocqué d'économie et de gestion (UMons) a été retirée mardi par les instances universitaires. Elle a été rangée dans les réserves de l'université, a indiqué mercredi l'UMons.

Rénové en profondeur, le musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren rouvre ses portes le 8 décembre. Le secrétaire perpétuel de l'Académie royale, historien de l'art, dit pourquoi il est indispensable de conserver le patrimoine. Même controversé. Seule la mise à distance du passé permet, dit-il, de construire une société de progrès.

Wikipedia définit "Bruxellisation" comme un terme utilisé par les urbanistes pour désigner les bouleversements urbanistiques d'une ville livrée aux promoteurs au détriment du cadre de vie de ses habitants.

L'entreprise coloniale léopoldienne inspire romanciers, auteurs de BD et metteurs en scène. Ils voient en Léopold II un monstre de cynisme, qui n'a en tête que le pillage du Congo.

L'écrivaine franco-américaine livre avec Il est à toi ce beau pays (1) une grande fresque mêlant la colonisation de l'Afrique centrale sous Léopold II et la ségrégation aux Etats-Unis. Deux événements aux répercussions encore présentes. Au modèle américain d'essors culturels parallèles, elle préfère la société européenne mélangée.

Au nom du devoir de mémoire, des élus et des collectifs belgo-congolais réclament un débat national sur Léopold II et le passé colonial belge. Encore faut-il éviter le dialogue de sourds. Illustration par l'exemple.