Alors que la Belgique annonce la réouverture de ses écoles, et que de nouvelles mesures concernant l'horeca et les vacances d'été seront discutées pour la nouvelle phase du déconfinement, plusieurs pays en Europe et dans le monde vivent à géométrie variable des déconfinements. Qui dit déconfinement, dit risques de transmission du coronavirus. Quels sont-ils ?
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Alors que la Belgique annonce la réouverture de ses écoles, et que de nouvelles mesures concernant l'horeca et les vacances d'été seront discutées pour la nouvelle phase du déconfinement, plusieurs pays en Europe et dans le monde vivent à géométrie variable des déconfinements. Qui dit déconfinement, dit risques de transmission du coronavirus. Quels sont-ils ?Le facteur le plus évident est la distanciation sociale d'au moins 1 mètre. Des recherches qui ont commencé dans les années 1930 ont montré que lorsqu'une personne tousse, la plupart des gouttelettes qu'elle libère s'évaporent ou tombent au sol à environ un mètre. C'est pourquoi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a opté pour sa règle du "mètre" pour la distance sociale.Certains gouvernements ont opté pour une limite plus sûre de 1,5 mètre, comme en Belgique. D'autres comme le Royaume-Uni se montrent encore plus prudents et préfèrent une distance de deux mètres.Le deuxième facteur clé est le temps - combien de temps vous êtes proche de quelqu'un. D'après les propos recueillis par la BBC, le conseil du gouvernement britannique affirme que passer six secondes avec une personne infectée à un mètre de distance comporte le même risque que de passer une minute avec elle si elle se trouve à 2 mètres. Quand il n'est pas possible de garder ses distances avec un collègue, le but est de limiter le temps passé ensemble à 15 minutes.Un autre facteur qui influe dans la dispersion du virus : la ventilation. Être à l'extérieur comporterait le moins de risques car tout virus libéré par une personne infectée sera dilué. Cependant, il y a une probabilité de transmission. C'est pourquoi, il est préconisé de respecter la distanciation sociale. À l'intérieur, là où il n'y a pas beaucoup d'air frais et où les gens peuvent rester plus longtemps ensemble, les chances d'être infectés sont plus grandes.Quels sont les risques à l'intérieur d'un restaurant?Un aperçu fascinant provient d'une étude dans la ville chinoise de Guangzhou qui a suivi la façon dont un groupe d'infections s'est produit. Assis à des tables espacées d'un mètre, les gens prenaient un repas en janvier dernier. L'un des convives était infecté par le coronavirus mais ne s'en était pas rendu compte car il ne présentait aucun symptôme.Or, les jours suivants, neuf autres personnes qui étaient dans le restaurant ont été infectées par le Covid-19 - dont cinq qui étaient assises à d'autres tables à plusieurs mètres de là.Les infectologues sont parvenus à une conclusion sur la voie de transmission la plus probable: les gouttelettes contenant le virus - libérées par la personne infectée - ont circulé par l'air conditionné, apprend-t-on de la BBC. "Le facteur clé de l'infection était la direction du flux d'air", explique leur étude, condamnant deux systèmes de ventilation fixés à un mur. Il ne s'agit pas d'une preuve que le virus peut se propager de cette façon, cependant la recherche suggère qu'il s'agit d'une voie plausible. Et, si cela était confirmé, cela signifierait que dans n'importe quelle pièce dotée d'un système de ventilation similaire, même les tables mobiles à plus d'un mètre de distance ne garantiraient toujours pas la sécurité des personnes.Pour tenter de comprendre les risques, une équipe de l'Université de l'Oregon, spécialisée dans l'étude des microbes dans les bâtiments, a simulé différents types de ventilation dans un restaurant.Dans un scénario, quelqu'un à une table d'angle tousse sans se couvrir la bouche et libère des gouttelettes et des particules qui sont projetées dans l'air. Les plus grosses gouttelettes atterrissent sur leur propre table - ce à quoi on s'attend avec la "règle du mètre" de l'OMS. Mais les plus petites peuvent aller au-delà de la zone s'ils sont pris dans un courant d'air provenant d'un système de ventilation disposé à l'autre bout de la pièce.Le résultat est similaire à ce qui se serait passé dans le restaurant de Guangzhou: de minuscules gouttelettes et particules se propagent aux gens des autres tables.Comme pour cette étude, cette simulation ne prouve pas que le coronavirus peut être transmis de cette façon ou, si c'est le cas, qu'il rendrait quelqu'un malade. Cela dépend si le virus est toujours actif après avoir été soufflé à travers la pièce et si la personne reçoit une goutelette suffisamment importante - mais la possibilité d'infection ne peut pas être exclue.Selon Kevin Van Den Wymelenberg, professeur d'architecture à l'Université de l'Oregon, qui a dirigé l'étude, le virus "peut se propager plus loin que les gens ne le pensent".L'équipe de l'Oregon a simulé un autre scénario dans le même restaurant dans lequel il y a une fenêtre ouverte à côté de la personne qui tousse et une hotte aspirante sur le mur opposé.Cette fois, le nuage de gouttelettes et de particules n'est pas poussé dans la pièce, mais se déplace à la place dans une ligne assez directe de la fenêtre à la ventilation, ce qui fait que moins de personnes y sont prises.Un flux d'air frais pour diluer le virus est l'une des nombreuses techniques mises en évidence par l'équipe comme options de gestion de Covid-19."Il est vraiment impossible d'éliminer complètement le risque", explique le professeur Van Den Wymelenberg, "mais ce que nous avons montré était un concept pour réduire la transmission". En plus d'apporter de l'air frais par les fenêtres ou par ventilation mécanique, d'autres options incluent l'amélioration du niveau de filtration et l'humidification de l'air - des conditions humides pourraient encourager les gouttelettes à couler sur le sol. Il est peu probable que la distanciation sociale soit respectée - à moins que l'avion soit à moitié vide - et par définition, vous serez en contact étroit avec les autres pendant plus de 15 minutes. Sur la base de ces deux facteurs clés, les risques pourraient donc être plus élevés. La question de la ventilation est plus discutable.D'une part, l'air dans la cabine circule constamment, donc si quelqu'un tousse, même à quelques rangées, il y a une chance que l'infection se propage.D'un autre côté, les avions modernes filtrent l'air de la cabine à un intervalle régulier et à un niveau élevé.Et les risques au travail ?Dans les usines et les bureaux, la distance sociale peut être plus difficile à suivre. Le Dr Julian Tang de l'Université de Leicester a proposé un "test respiratoire" simple pour vérifier si vous êtes trop proche de vos collègues.Virologue consultant à Leicester Royal Infirmary, il a étudié la façon dont l'air est déplacé lorsque les gens parlent et conclut que quelque chose d'aussi simple qu'une conversation pourrait transmettre le virus. "Si vous pouvez sentir l'haleine de votre ami - l'ail ou le curry ou l'alcool - vous inhalez ce qu'il expire. Et si vous inhalez suffisamment de cet air pour le sentir, alors vous êtes assez près pour inhaler tout virus qui est également transporté dans l'air."Levif.be s'est également intéressé à la question du retour au travail et des systèmes de ventilation dans les bureaux. Dans cet article, David Alsteens, professeur au Louvain Institute of Biomolecular Science and Technology de l'UCLouvain commente les possibles risques des systèmes de traitement de l'air dans les bureaux: "À partir du moment où il y a des mouvements d'air qui sont dirigés et que le virus reste dans l'air pendant un certain laps de temps, il pourrait y avoir un risque". "Mais cela dépend d'un système à l'autre : si les circuits sont longs, s'il y a des filtres... Mais jusqu'ici, rien ne prouve que la climatisation favorise la propagation du virus, et donc l'infection", rassure-t-il.L'expert appelle toutefois à la prudence vis-à-vis des mouvements d'air, surtout lorsque celui-ci est partagé. "Les mouvements d'air dans une pièce sont multidirectionnels. Quand il y a des flux d'air, qu'il y a une ventilation, des mouvements d'air forcés - ce qui est le cas même sans air conditionné -, il y a toujours une incertitude : quand quelqu'un tousse, il va émettre de grosses particules avec plus de virus dans ses postillons et ses expectorations. On peut aussi craindre que ces particules s'associent à des particules fines et puissent donc voyager davantage. Mais c'est encore indéterminé à ce stade", commente le professeur.Alors, comment la transmission peut-elle avoir lieu?Jusqu'à présent, les conseils se sont basés sur la transmission via les postillons, une personne qui tousse ou éternue, être à proximité du nez ou de la bouche d'une personne, ce qui a conduit à des règles de distanciation sociale, à la recommandation de porter le masque dans les lieux publics et à tous les autres gestes barrières (éternuer dans son coude, se laver régulièrement les mains à l'eau et au savon, rester chez soi si on est malade).La transmission du virus peut être établie par une deuxième voie : les surfaces. Une personne infectée pourrait transmettre le virus par contact soit directement en se serrant la main, soit en expirant sur des surfaces comme les plans de travail de cuisine, selon la BBC. La contamination se fait via les mains, ou par l'utilisation d'un même espace au travail ou à la maison. C'est pourquoi le lavage des mains est si important. Mais il y a une troisième possibilité également - de minuscules gouttelettes ou particules transportées dans l'air par la parole, par exemple. "Lorsque vous parlez à un collègue, vous ne les touchez pas, vous ne crachez pas sur eux, la plupart des interactions se font par la voix et la respiration."Tout cela renforce l'idée qu'il n'y a pas une seule façon de rester en sécurité: il faut respecter les gestes barrières. Cela implique une distance sociale et une brève communication avec les contacts étroits et la vérification d'une ventilation saine.