"Si nous investissons maintenant (...) nous avons une chance réaliste de stopper cette épidémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Cela reste "une grande urgence" pour la Chine, "mais cela constitue aussi une très grave menace pour le reste du monde", avait-il déclaré plus tôt. Les autorités sanitaires ont par ailleurs décidé de renommer provisoirement le nouveau coronavirus : "COVID-19" au lieu de "2019-nCoV". La communication de l'Organisation mondiale de la Santé se veut tantôt rassurante, tantôt alarmiste. Comment l'expliquer ?
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"Si nous investissons maintenant (...) nous avons une chance réaliste de stopper cette épidémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Cela reste "une grande urgence" pour la Chine, "mais cela constitue aussi une très grave menace pour le reste du monde", avait-il déclaré plus tôt. Les autorités sanitaires ont par ailleurs décidé de renommer provisoirement le nouveau coronavirus : "COVID-19" au lieu de "2019-nCoV". La communication de l'Organisation mondiale de la Santé se veut tantôt rassurante, tantôt alarmiste. Comment l'expliquer ?En dehors de la Chine continentale (plus de 1100 décès), le virus a entraîné la mort de deux personnes, une aux Philippines et une autre à Hong Kong, et plus de 400 cas de contamination ont été confirmés dans une trentaine de pays et territoires. Mais un scénario redouté s'est concrétisé: sans avoir jamais mis les pieds en Chine, un Britannique ayant contracté le coronavirus à Singapour l'a transmis à plusieurs de ses compatriotes lors d'un séjour dans les Alpes en France, avant d'être diagnostiqué en Grande-Bretagne.Cet homme, qui a affirmé être "complètement rétabli", a ainsi accidentellement transmis le COVID-19 à onze autres personnes. La détection de ce petit nombre de cas pourrait être "l'étincelle qui finira par un plus grand feu" épidémique, s'était alarmé Ghebreyesus. Jusqu'alors, la majeure partie des contaminations identifiées à l'étranger impliquait des personnes revenues de Wuhan.Une organisation de niveau mondiale telle que l'OMS se doit d'être doublement prudente. Prudente afin de conscientiser et prendre les mesures nécessaires pour éviter une propagation mondiale si le virus se révélait être un danger sanitaire sans précédent. Mais également prudente car elle doit peser ses mots pour ne pas provoquer un vent de panique généralisé. Comme dit l'adage, "mieux vaut prévenir que guérir." C'est sans doute pour cela que, rapidement après l'alerte donnée par la Chine et malgré le manque d'informations sur ce nouveau coronavirus, l'OMS a décidé de décréter l'urgence, le 30 janvier dernier. Plus précisément, "une urgence de santé publique de portée internationale". C'est une mesure exceptionnelle, qui sert à lutter contre les flambées épidémiques internationales en collaboration avec les pays touchés. L'OMS entend par là un "événement extraordinaire dont il est déterminé qu'il constitue un risque pour la santé publique dans d'autres États en raison du risque international de propagation de maladies et qu'il peut requérir une action internationale coordonnée". Cette définition implique que la situation est "grave, soudaine, inhabituelle ou inattendue; a des implications pour la santé publique dépassant les frontières nationales de l'État affecté; et pourrait nécessiter une action internationale immédiate". Décréter l'alerte permet aussi d'homogénéiser la collecte et la surveillance des données, ou encore de stimuler les recherches sur des traitements et/ou vaccins.L'OMS a décrété ce type d'urgence sanitaire cinq fois auparavant : en 2009 pour la grippe H1N1, en 2014 pour la poliomyélite et pour la fièvre hémorragique Ebola, en 2006 pour le virus Zika et en 2019, de nouveau pour Ebola. L'Organisation détermine l'urgence en fonction d'une série de paramètres : taux de mortalité, mode de transmission, vitesse de propagation, contagion... Or, si l'on en sait chaque jour un peu plus sur le nouveau coronavirus, il existe aujourd'hui de nombreuses inconnues, ce qui rend l'évaluation des risques plus compliquée.