L'épidémie liée au nouveau coronavirus provenant de la ville de Wuhan a déjà contaminé plus de 17.000 personnes, dont plus de 360 mortellement, selon un dernier bilan des autorités chinoises. Mais selon les premières recherches effectuées à Wuhan, un groupe semble être largement épargné par la maladie : les jeunes enfants.
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L'épidémie liée au nouveau coronavirus provenant de la ville de Wuhan a déjà contaminé plus de 17.000 personnes, dont plus de 360 mortellement, selon un dernier bilan des autorités chinoises. Mais selon les premières recherches effectuées à Wuhan, un groupe semble être largement épargné par la maladie : les jeunes enfants. C'est la conclusion d'une étude publiée dans la revue New England Journal of Medicine qui a analysé 425 des premières personnes infectées par le "2019-nCoV" - le nom scientifique de ce nouveau type de coronavirus - à Wuhan. Résultat : aucun des cas examinés ne concernait des patients de moins de 15 ans, relate Time Magazine. L'âge médian des malades est d'ailleurs assez élevé : 59 ans. À la mi-janvier, moment où les cas ont été analysés, la plus jeune personne ayant succombé à la maladie avait 36 ans. Il n'existe cependant pas de données fiables sur le nombre d'enfants infectés par le virus au fur et à mesure de sa propagation. Mais si les premiers infectés ne comprenaient pas d'enfants, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Un bébé de neuf mois, résidant à Pékin, est le plus jeune patient connu, selon les autorités sanitaires de la ville. L'article scientifique compare la situation actuelle avec le syndrome respiratoire aigu sévère. Le SRAS était "nettement moins fréquent" chez les enfants que chez les adultes lors de l'épidémie qui a débuté en Chine vers 2003. Le Dr Mark Denison, spécialiste des maladies infectieuses pédiatriques (Université Vanderbilt), affirme que les enfants de moins de 13 ans ont présenté des symptômes beaucoup moins graves que les patients plus âgés.Comment l'expliquer ? S'il est trop tôt pour avoir des certitudes, il est possible qu'en raison d'une "particularité biologique", les enfants soient moins sensibles à l'infection par le virus. Leurs cellules peuvent, par exemple, être moins hospitalières pour que le 2019-nCov ne se développe et ne se transmette. Les auteurs de l'étude écrivent en outre que les enfants peuvent bel et bien être infectés par le virus mais présentent des symptômes plus légers, ce qui les rend moins susceptibles de consulter un médecin et les exclut de la recherche et du bilan officiel. D'après Denison, cela correspond d'ailleurs au comportement de nombreuses autres maladies virales : "Sur le plan de l'évolution, nous avons été conçus pour être exposés à ces maladies dès l'enfance, et nous avons ensuite une immunité étendue." Il prend en exemple le cas de la grippe saisonnière : si beaucoup d'enfants la contractent chaque année, ce sont davantage des adultes qui en meurent. Autre hypothèse : l'environnement. Les enfants peuvent entrer en contact avec davantage de coronavirus courants que les adultes, ce qui leur confère une immunité plus étendue. "Ecole, garderie... ils sont dans des milieux où circulent des maladies infectieuses. Peut-être développent-ils une certaine immunité contre les coronavirus, mais qui ne dure pas toute la vie", suggère le Dr Sharon Nachman spécialiste des maladies infectieuses pédiatriques dans un hôpital pour enfants, citée par Time Magazine. Les enfants sont également en meilleure santé que les adultes, car ont moins de problèmes de santé sous-jacents, et sont plus à jour dans leurs vaccins, ce qui diminue le risque de complications. Prudence cependant, cela ne veut pas dire que les enfants ne sont pas susceptibles d'être infectés et de transmettre le virus. Adultes ou enfants, les précautions d'usage restent de mise.