Le stade de Saint-Pétersbourg doit accueillir vendredi le quart de finale entre l'Espagne et la Suisse. Mais la situation sanitaire inquiète. Derrière Moscou, Saint-Pétersbourg est la ville de Russie la plus touchée par la nouvelle vague de l'épidémie causée par le variant Delta.
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Le stade de Saint-Pétersbourg doit accueillir vendredi le quart de finale entre l'Espagne et la Suisse. Mais la situation sanitaire inquiète. Derrière Moscou, Saint-Pétersbourg est la ville de Russie la plus touchée par la nouvelle vague de l'épidémie causée par le variant Delta. Les autorités affirment depuis le début de l'Euro que toutes les mesures sanitaires ont été prises pour assurer la sécurité sanitaire des spectateurs et des équipes. Et le match aura donc bien lieu vendredi en dépit de la flambée record de l'épidémie de Covid-19, ont confirmé les organisateurs. Un porte-parole de l'UEFA a lui déclaré à l'AFP que la situation sanitaire russe "ne change(ait) absolument rien pour les équipes", et qu'il n'était "pas prévu de changer le lieu du match".Un non-sens selon de nombreux experts, donc le virologue belge Emmanuel André, qui estime que cette décision est "irresponsable".Ce n'est pas la première fois que le coronavirus vient semer le doute dans cet Euro. Les autorités finlandaises avaient déjà exprimé leur inquiétude jeudi dernier après la détection de nombreux cas chez des supporters de retour de Saint-Pétersbourg. Les mesures de distanciation et le port du masque sont très aléatoires dans la ville, et cela alors que la vaccination y patine depuis de longs mois.Au final, près de 300 supporters de retour en Finlande ont été testés positifs. L'autorité sanitaire chargée de l'épidémie a renouvelé son appel au dépistage à tous les Finlandais revenus au pays après la défaite contre la Belgique lundi dernier et recommande aux supporters de se mettre en quarantaine pendant au moins 72 heures jusqu'au retour négatif d'un test de dépistage. Du fait de l'encombrement et des embouteillages provoqués par le retour de quelque 3.000 supporters, les douaniers finlandais ont dû laisser entrer près de 800 personnes sans les tester, notamment dans des cars, selon les médias locaux. Le maire d'Helsinki, Jan Vapaavuori, a par ailleurs annoncé que les espoirs de voir lever d'autres restrictions allaient être suspendus, en partie en raison du pic d'infections lié à l'Euro. "Il y a tellement d'infections (...) la situation est clairement différente de ce qu'elle était il y a une semaine".Le doute plane aussi sur les rencontres de demi-finale et la finale. L'UEFA doit bien peser sa décision de les organiser au stade de Wembley alors que le Royaume-Uni limite les déplacements de ses ressortissants à cause de la pandémie, a averti un des vice-présidents de la Commission européenne. "Ce n'est pas une décision que nous serons amenés à prendre à la Commission. Elle appartient à l'UEFA. Mais je veux partager mes doutes sur la possibilité d'organiser la demi-finale et la finale de l'Euro à Wembley, dans un stade comble, alors que le Royaume-Uni limite les déplacements de ses citoyens vers l'UE" à cause de l'augmentation des contaminations, a déclaré Margaritis Schinas au Parlement européen. "Je pense que l'UEFA fera bien d'analyser avec soin cette décision. Il ne s'agit pas d'une décision innocente. Elle devra être prise en connaissance de cause", a-t-il averti.Le 22 juin, le gouvernement britannique a annoncé que plus de 60.000 spectateurs seraient autorisés dans les tribunes de Wembley pour les demi-finales et la finale de l'Euro, au lieu des 40.000 initialement prévus, dans cette enceinte dont la capacité maximum s'élève à 90.000 places. Mais la tenue de ces trois matches à Londres fait débat. La semaine dernière, le président du Conseil italien, Mario Draghi, a notamment émis le souhait que la finale "ne se déroule pas dans un pays où les contagions sont en train de croître rapidement".De quoi inquiéter également Yves Van Laethem si les Diables se qualifient. "Si vraiment ils veulent aller là-bas (...) il faut alors que le gouvernement prenne les mesures pour que ces quelques milliers de supporters soient chez eux pendant dix jours" à leur retour, explique-t-il à La Libre. "Cette finale à Londres ne fera du bien à personne d'un point de vue épidémiologique." Chez nous, ce sont les effusions de joie après la victoire des Diables rouges contre le Portugal qui inquiètent le porte-parole interfédéral pour la lutte anti-Covid. "Quand vous mettez autant de gens qui sont très heureux et crient côte à côte, forcément sans masque... On est dans le schéma de ce que l'on peut craindre pour une augmentation des contaminations. On sait que cela va de toute façon se passer avec ce variant Delta", insiste-t-il.