Le Covid-19 s'étend peu à peu hors de Chine. En Iran, en Corée du Sud, mais aussi en Europe, où la Croatie, la Suisse et l'Autriche viennent de confirmer des cas sur leur territoire.

Italie: 11 décès, trois nouvelles régions touchées

Le bilan officiel en Italie fait état de 322 cas dont 11 décès. C'est la Lombardie qui reste le principal foyer. Un cordon sanitaire a été mis en place autour de onze communes du nord de l'Italie comptant 52.000 habitants. Les lieux publics y sont fermés, sauf les supermarchés et les pharmacies de garde. Par précaution, toutes les excursions scolaires sont suspendues à l'intérieur et l'extérieur de la péninsule, tout comme les activités liées aux activités Erasmus.

Jusqu'à présent, le coronavirus ne touchait que le nord du pays, mais de nouveaux cas ont été détectés en Toscane (centre), en Ligure (nord-ouest) et en Sicile (sud). Ces cas sont toutefois peu nombreux: la Toscane compte deux cas à Florence et Pistoia, et la Sicile un seul, en l'occurrence une touriste originaire de Bergame (Lombardie, nord-ouest) qui se trouvait dans un hôtel à Palerme. Des contrôles sont en cours pour confirmer que cette touriste, qui présente seulement un peu de fièvre, a bien été contaminée. En attendant, le groupe avec lequel elle voyageait a été mis en quarantaine, mais seules les personnes de l'hôtel qui ont été en contact avec elle sont placés à l'isolement.

Le monde n'est "pas prêt"

Le monde n'est "tout simplement pas prêt" à faire face à l'épidémie du nouveau coronavirus, a déclaré l'expert qui dirige la mission conjointe OMS/Chine, saluant en revanche le travail d'endiguement de la maladie réalisé par Pékin.

"Vous devez être prêt à gérer cela à une plus grande échelle, et cela doit être fait rapidement", mais le monde "n'est tout simplement pas prêt", a déclaré Bruce Aylward, de retour de Chine, à la presse au siège de l'OMS à Genève. "Nous ne sommes pas prêts comme nous devrions l'être", tant que du point de vue "psychologique" que "matériel", a-t-il dit.

Le principal foyer de l'épidémie a été identifié à Codogno, près de Lodi, à 60 km au sud de Milan. C'est dans cette localité de 15.000 habitants qu'avait été hospitalisé, mercredi dernier, Mattia, un cadre de 38 ans considéré comme le "patient 1", d'où découle une grande quantité de cas recensés en Lombardie.

Le Premier ministre Giuseppe Conte a évoqué un dysfonctionnement dans un hôpital local ayant favorisé la contagion. "Désormais nous le savons, il y a eu une gestion au niveau d'une structure hospitalière pas complètement appropriée (...) dans de tels cas et cela a certainement contribué à la diffusion", a-t-il déploré.

Deux nouvelles infections dans l'hôtel où sont confinés une centaine de Belges à Tenerife

Le diagnostique d'une infection au Covid-19 a été posé pour deux autres ressortissants italiens séjournant à l'hôtel H10 Costa Adeje Palace, sur l'île espagnole de Tenerife, dans lequel sont également confinés près de 120 voyageurs belges.

Mardi, les autorités canariennes ont indiqué qu'un docteur italien et son épouse avaient été contaminés par le nouveau coronavirus, déclenchant la mise en quarantaine de leur hôtel, où notamment 118 Belges séjournent. Le deux autres Italiens infectés ont voyagé avec ce couple italien. Ils ont à leur tour été isolés. Un cas supplémentaire a été confirmé en Espagne, où une patiente de 36 ans, originaire de Barcelone, a été testée positive au virus, ont confirmé les médias catalans. Celle-ci s'est récemment rendue dans le nord de l'Italie, le foyer le plus important de l'épidémie en Europe. Vingt-cinq personnes qui ont été en contact avec la trentenaire doivent se plier à une mise en quarantaine de deux semaines. Les autorités locales de Madrid et Valence ont par ailleurs annoncé respectivement un nouveau cas.

L'ambassade est en contact avec les autorités locales et les agences de voyage. Karl Lagatie, porte-parole des Affaires étrangères, conseille aux voyageurs de s'inscrire sur travellersonline.diplomatie.be. "Cela ne prend que quelques secondes et nous permet d'avoir leurs coordonnées. Il est alors plus facile de les contacter en cas de problème."

Ils conseillent de suivre les instructions des autorités locales, ainsi que les instructions figurant sur le site web du ministère espagnol de la Santé, ainsi que de prendre certaines mesures d'hygiène pour éviter la propagation des virus en général.

Les Etats-Unis s'attendent à une propagation de l'épidémie sur leur sol

Les autorités sanitaires américaines ont dit mardi s'attendre à une propagation de l'épidémie aux Etats-Unis, encourageant les écoles, les entreprises et les gouvernements locaux à envisager des mesures de précaution comme l'annulation d'événements publics.

"A terme, nous nous attendons à voir une propagation (de l'épidémie) dans ce pays", a affirmé Nancy Messonnier, directrice chargée des maladies respiratoires aux Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains. "La question n'est plus vraiment de savoir si cela va arriver, mais plutôt quand est-ce que cela va arriver, et combien de personnes dans ce pays tomberont gravement malades", a-t-elle ajouté.

Les autorités américaines craignent également que l'épidémie ne menace la chaîne d'approvisionnement en médicaments des Etats-Unis, car une grande partie des ingrédients utilisés dans la confection des médicaments est fabriquée en Chine, d'où le virus est parti.

Ces déclarations publiques plus alarmistes que les précédentes interviennent alors que la peur d'une "pandémie", une épidémie d'ampleur internationale, s'intensifie. La maladie concerne désormais plusieurs pays en dehors de la Chine, notamment l'Iran, l'Italie, le Japon, Singapour, la Corée du Sud et la Thaïlande.

La ville califonienne de San Francisco a pour sa part décrété un état d'urgence, une mesure "proactive", selon le maire de la ville London Breed. "Bien qu'aucun cas n'ait encore été constaté parmi nos concitoyens, la situation mondiale évolue rapidement et nous devons prendre des mesures", a-t-il expliqué. Un état d'urgence en Californie autorise la libération rapide de fonds et d'autres moyens d'aide, mais cette mesure est surtout utilisée lors de catastrophes naturelles, comme des feux de forêt ou des tremblements de terre.

Un cas de contamination a également été signalé en Catalogne, ce qui porte à quatre le nombre de contaminations en Espagne, indique El Pais. Il s'agit d'une femme habitant Barcelone et qui a voyagé ces derniers jours dans le nord de l'Italie.

Quel bilan mondial?

La Chine a enregistré 71 nouveaux décès au cours des dernières 24 heures, le chiffre le plus bas depuis près de trois semaines, portant le total national des morts à 2.663. Le nombre quotidien de nouvelles contaminations est en revanche reparti à la hausse à 508 contre 409 la veille, même s'il reste très inférieur aux chiffres enregistrés il y a encore une semaine. Au total, plus de 77.000 le nombre de personnes infectées en Chine continentale.

Hors de Chine, plus de 2.000 cas de contamination ont été recensés depuis le début de l'épidémie, dont 41 mortels.

Si la situation en Chine est globalement en voie d'amélioration, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) craint la propagation du virus à un niveau mondial. "Nous devons nous concentrer sur l'endiguement, tout en faisant tout notre possible pour nous préparer à une éventuelle pandémie", a déclaré le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus.

>> Carte interactive de l'évolution du coronavirus à travers le monde

Belgique: risque réel, mais pas de raison de paniquer

La ministre de la Santé Maggie De Block se veut rassurante: il n'y a eu pour l'instant qu'un seul cas dans notre pays, qui ne présentait pas de symptômes et qui a déjà pu reprendre le cours normal de sa vie. Il n'y a donc pas de raison de paniquer chez nous, a-t-elle répété dans les médias. Si "le risque que le virus atteigne notre pays est réel", les autorités suivent la situation de près et tous les hôpitaux ont des "plans spéciaux".

Notre pays a déjà testé plus de 150 personnes, toutes négatives à l'exception de l'homme rapatrié de Wuhan. Si un nouveau cas apparait, on l'isolera et on déterminera le plus rapidement possible quels contacts il a eus. Dans une situation bien plus grave, il est possible, comme en Lombardie, d'isoler tout un village, indique toutefois la ministre.

Conférence de presse du 4 février 2020. © BELGA

Sur son site, le SPF Santé publique répond aux questions les plus fréquemment posées sur le coronavirus et les mesures de précautions prises/à prendre.

France: deux nouveaux cas

Deux nouveaux cas de contamination au nouveau coronavirus ont été confirmés en France, a annoncé le numéro deux du ministère de la Santé, le Pr Jérôme Salomon, précisant que l'état de santé de ces personnes n'inspirait aucune inquiétude. Il s'agit d'"une jeune femme chinoise revenue de chine le 7 février, qui est hospitalisée à Paris" pour "surveillance" et qui "va très bien", et d'"un homme français qui rentre d'un séjour en Lombardie (Italie) et qui est actuellement hospitalisé en Auvergne-Rhône Alpes", a précisé le directeur général de la Santé.

Pas de fermeture des frontières

Parallèlement, les ministres de la Santé de la France, la Suisse, l'Autriche, la Slovénie, la Croatie, frontaliers de l'Italie ainsi que l'Allemagne et l'Union européenne se sont réunis pour tenter de définir des "lignes d'action communes" face à l'épidémie, alors que les pays européens ont jusqu'ici réagi en ordre dispersé.

La France a édicté une série de recommandations pour les personnes revenant du nord de l'Italie, en leur demandant notamment d'éviter "toute sortie non indispensable". Ces recommandations gouvernementales portent sur les 14 jours suivant le retour, durée jugée suffisante pour couvrir la période d'incubation du virus. L'épidémie de coronavirus "est à nos portes", a averti le ministre français Olivier Véran. "On ne ferme pas les frontières car ça n'aurait pas de sens".

Autriche: un hôtel de la ville touristique d'Innsbruck en quarantaine

Les autorités autrichiennes ont placé en quarantaine mardi un hôtel de la ville touristique autrichienne d'Innsbruck, capitale du Tyrol au coeur des Alpes, où a travaillé une réceptionniste italienne de 24 ans contaminée par le coronavirus, ont annoncé les médias.

"Personne ne peut entrer ni sortir en attendant que les autorités vérifient avec qui elle a été en contact", a déclaré à l'AFP une porte-parole du gouvernement du Tyrol, ajoutant que le logement où elle a séjourné dans cette ville a aussi été isolé.

Tous les pays voisins de l'Italie "se sont engagés à garder ouvertes leurs frontières car les fermer serait une erreur et disproportionnée", a annoncé mardi le ministre de la Santé italien Roberto Speranza. Les ministres ont aussi décidé d'"évaluer au cas par cas" l'éventuelle annulation d'événements majeurs, selon un communiqué commun.

Le Royaume-Uni a aussi demandé à ses ressortissants revenant de ces zones de rester isolés chez eux et de se faire connaître auprès des services de santé.

© AFP

Corée du Sud: principal foyer hors de Chine

Hors de Chine, la Corée du Sud reste le plus important foyer de l'épidémie: 144 nouveaux cas de contamination ont été recensés, portant à 977 le nombre de personnes infectées dans le pays, dont 10 décès. "La situation est très grave", a commenté le président sud-coréen Moon Jae-in lors d'une visite à Daegu, vêtu d'une combinaison de protection et d'un masque. "Nous parviendrons à remporter cette bataille contre le virus", a-t-il martelé.

Iran: trois nouveaux décès, le vice-ministre de la Santé infecté

Le nouveau coronavirus a entraîné trois nouveaux décès en Iran, portant à 15 le nombre de personnes ayant succombé dans le pays, où le président Hassan Rohani a appelé au calme alors que des équipes sanitaires étaient déployées pour désinfecter les espaces publics. Le vice-ministre de la Santé Iraj Harirchi a affirmé dans une vidéo diffusée par la télévision d'Etat avoir été infecté par le nouveau coronavirus. "J'avais de la fièvre la nuit dernière et les tests préliminaires se sont révélés positifs vers minuit", affirme-t-il. "Je me suis isolé depuis (...) après mon dernier test, j'ai commencé un traitement". La veille, lors d'une conférence au cours de laquelle il avait toussé et paraissait transpirer, M. Harirchi avait démenti les propos d'un député de Qom faisant état de 50 morts des suites de l'épidémie de pneumonie virale dans sa ville du centre du pays d'où le virus est parti en Iran. Il avait promis de démissionner si ce chiffre était confirmé.

Japon: un 4e passager du Diamond Princess décédé

Un homme de plus de 80 ans issu du paquebot de croisière Diamond Princess, placé en quarantaine par le Japon en raison du coronavirus, est également décédé. Il s'agit du 4e décès d'un passager alors que quelque 700 personnes sorties de ce bateau ont été déclarées positives au nouveau coronavirus. Quelque 3.700 personnes (passagers et membres d'équipage) se trouvaient à bord du Diamond Princess lorsque la croisière a tourné court après qu'un des voyageurs, débarqué à Hong Kong, a été confirmé positif. Désormais, les passagers sont sortis du Diamond Princess. Outre ceux hospitalisés, ils sont soit rentrés dans leur pays (pour une nouvelle quarantaine), soit à leur domicile ou dans un hôtel au Japon (si leur test était négatif) ou placés dans un centre d'accueil s'ils ont été en contact avec une personne testée positive.

Cinq nouveaux pays ont également été touchés dans la seule journée de lundi (Afghanistan, Bahrein, Koweit, Irak, Oman). La maladie Covid-19 concerne désormais, Chine mise à part, plus d'une trentaine d'Etats.

Un traitement courant contre le paludisme montre des signes d'efficacité

"Nous savions déjà que la chloroquine était efficace in vitro contre ce nouveau coronavirus et l'évaluation clinique faite en Chine l'a confirmé", explique le professeur Raoult, spécialiste renommé des maladies infectieuses, en commentant la première publication sur cette étude clinique de trois chercheurs chinois dans la revue BioScience Trends. "Finalement, cette infection est peut-être la plus simple et la moins chère à soigner de toutes les infections virales", ajoute le directeur de cet institut hospitalo-universitaire très impliqué dans la détection du nouveau coronavirus en France.

L'article publié en ligne le 19 février tire ses résultats d'un essai clinique mené dans plus de 10 hôpitaux chinois (à Wuhan - épicentre de l'épidémie -, Pékin et Shanghai notamment) pour mesurer "l'efficacité de la chloroquine sur le traitement de pneumonies associées au Covid-19". "Les résultats obtenus jusqu'à présent sur plus de 100 patients ont démontré que le phosphate de chloroquine était plus efficace que le traitement reçu par le groupe comparatif pour contenir l'évolution de la pneumonie, pour améliorer l'état des poumons, pour que le patient redevienne négatif au virus et pour raccourcir la durée de la maladie", précisent les chercheurs chinois. La brève étude ne quantifie toutefois pas cette différence d'efficacité.

"Les capacités antivirales et anti-inflammatoires de la chloroquine pourraient jouer dans son efficacité potentielle à traiter des patients atteints de pneumonies provoquées par le Covid-19", poursuit l'article sur l'étude menée par les professeurs Jianjun Gao, Zhenxue Tian et Xu Yang, de l'université de Qingdao et de l'hôpital de Qingdao. Une nouvelle d'autant plus intéressante que "la chloroquine est un médicament peu cher et sans danger, utilisé depuis plus de 70 ans", insiste l'article.

Le Covid-19 s'étend peu à peu hors de Chine. En Iran, en Corée du Sud, mais aussi en Europe, où la Croatie, la Suisse et l'Autriche viennent de confirmer des cas sur leur territoire. Le bilan officiel en Italie fait état de 322 cas dont 11 décès. C'est la Lombardie qui reste le principal foyer. Un cordon sanitaire a été mis en place autour de onze communes du nord de l'Italie comptant 52.000 habitants. Les lieux publics y sont fermés, sauf les supermarchés et les pharmacies de garde. Par précaution, toutes les excursions scolaires sont suspendues à l'intérieur et l'extérieur de la péninsule, tout comme les activités liées aux activités Erasmus.Jusqu'à présent, le coronavirus ne touchait que le nord du pays, mais de nouveaux cas ont été détectés en Toscane (centre), en Ligure (nord-ouest) et en Sicile (sud). Ces cas sont toutefois peu nombreux: la Toscane compte deux cas à Florence et Pistoia, et la Sicile un seul, en l'occurrence une touriste originaire de Bergame (Lombardie, nord-ouest) qui se trouvait dans un hôtel à Palerme. Des contrôles sont en cours pour confirmer que cette touriste, qui présente seulement un peu de fièvre, a bien été contaminée. En attendant, le groupe avec lequel elle voyageait a été mis en quarantaine, mais seules les personnes de l'hôtel qui ont été en contact avec elle sont placés à l'isolement.Le principal foyer de l'épidémie a été identifié à Codogno, près de Lodi, à 60 km au sud de Milan. C'est dans cette localité de 15.000 habitants qu'avait été hospitalisé, mercredi dernier, Mattia, un cadre de 38 ans considéré comme le "patient 1", d'où découle une grande quantité de cas recensés en Lombardie. Le Premier ministre Giuseppe Conte a évoqué un dysfonctionnement dans un hôpital local ayant favorisé la contagion. "Désormais nous le savons, il y a eu une gestion au niveau d'une structure hospitalière pas complètement appropriée (...) dans de tels cas et cela a certainement contribué à la diffusion", a-t-il déploré. Le diagnostique d'une infection au Covid-19 a été posé pour deux autres ressortissants italiens séjournant à l'hôtel H10 Costa Adeje Palace, sur l'île espagnole de Tenerife, dans lequel sont également confinés près de 120 voyageurs belges. Mardi, les autorités canariennes ont indiqué qu'un docteur italien et son épouse avaient été contaminés par le nouveau coronavirus, déclenchant la mise en quarantaine de leur hôtel, où notamment 118 Belges séjournent. Le deux autres Italiens infectés ont voyagé avec ce couple italien. Ils ont à leur tour été isolés. Un cas supplémentaire a été confirmé en Espagne, où une patiente de 36 ans, originaire de Barcelone, a été testée positive au virus, ont confirmé les médias catalans. Celle-ci s'est récemment rendue dans le nord de l'Italie, le foyer le plus important de l'épidémie en Europe. Vingt-cinq personnes qui ont été en contact avec la trentenaire doivent se plier à une mise en quarantaine de deux semaines. Les autorités locales de Madrid et Valence ont par ailleurs annoncé respectivement un nouveau cas. L'ambassade est en contact avec les autorités locales et les agences de voyage. Karl Lagatie, porte-parole des Affaires étrangères, conseille aux voyageurs de s'inscrire sur travellersonline.diplomatie.be. "Cela ne prend que quelques secondes et nous permet d'avoir leurs coordonnées. Il est alors plus facile de les contacter en cas de problème."Ils conseillent de suivre les instructions des autorités locales, ainsi que les instructions figurant sur le site web du ministère espagnol de la Santé, ainsi que de prendre certaines mesures d'hygiène pour éviter la propagation des virus en général.Les Etats-Unis s'attendent à une propagation de l'épidémie sur leur sol Les autorités sanitaires américaines ont dit mardi s'attendre à une propagation de l'épidémie aux Etats-Unis, encourageant les écoles, les entreprises et les gouvernements locaux à envisager des mesures de précaution comme l'annulation d'événements publics. "A terme, nous nous attendons à voir une propagation (de l'épidémie) dans ce pays", a affirmé Nancy Messonnier, directrice chargée des maladies respiratoires aux Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains. "La question n'est plus vraiment de savoir si cela va arriver, mais plutôt quand est-ce que cela va arriver, et combien de personnes dans ce pays tomberont gravement malades", a-t-elle ajouté. Les autorités américaines craignent également que l'épidémie ne menace la chaîne d'approvisionnement en médicaments des Etats-Unis, car une grande partie des ingrédients utilisés dans la confection des médicaments est fabriquée en Chine, d'où le virus est parti. Ces déclarations publiques plus alarmistes que les précédentes interviennent alors que la peur d'une "pandémie", une épidémie d'ampleur internationale, s'intensifie. La maladie concerne désormais plusieurs pays en dehors de la Chine, notamment l'Iran, l'Italie, le Japon, Singapour, la Corée du Sud et la Thaïlande. La ville califonienne de San Francisco a pour sa part décrété un état d'urgence, une mesure "proactive", selon le maire de la ville London Breed. "Bien qu'aucun cas n'ait encore été constaté parmi nos concitoyens, la situation mondiale évolue rapidement et nous devons prendre des mesures", a-t-il expliqué. Un état d'urgence en Californie autorise la libération rapide de fonds et d'autres moyens d'aide, mais cette mesure est surtout utilisée lors de catastrophes naturelles, comme des feux de forêt ou des tremblements de terre. Un cas de contamination a également été signalé en Catalogne, ce qui porte à quatre le nombre de contaminations en Espagne, indique El Pais. Il s'agit d'une femme habitant Barcelone et qui a voyagé ces derniers jours dans le nord de l'Italie.La ministre de la Santé Maggie De Block se veut rassurante: il n'y a eu pour l'instant qu'un seul cas dans notre pays, qui ne présentait pas de symptômes et qui a déjà pu reprendre le cours normal de sa vie. Il n'y a donc pas de raison de paniquer chez nous, a-t-elle répété dans les médias. Si "le risque que le virus atteigne notre pays est réel", les autorités suivent la situation de près et tous les hôpitaux ont des "plans spéciaux".Notre pays a déjà testé plus de 150 personnes, toutes négatives à l'exception de l'homme rapatrié de Wuhan. Si un nouveau cas apparait, on l'isolera et on déterminera le plus rapidement possible quels contacts il a eus. Dans une situation bien plus grave, il est possible, comme en Lombardie, d'isoler tout un village, indique toutefois la ministre.Sur son site, le SPF Santé publique répond aux questions les plus fréquemment posées sur le coronavirus et les mesures de précautions prises/à prendre. Deux nouveaux cas de contamination au nouveau coronavirus ont été confirmés en France, a annoncé le numéro deux du ministère de la Santé, le Pr Jérôme Salomon, précisant que l'état de santé de ces personnes n'inspirait aucune inquiétude. Il s'agit d'"une jeune femme chinoise revenue de chine le 7 février, qui est hospitalisée à Paris" pour "surveillance" et qui "va très bien", et d'"un homme français qui rentre d'un séjour en Lombardie (Italie) et qui est actuellement hospitalisé en Auvergne-Rhône Alpes", a précisé le directeur général de la Santé.Parallèlement, les ministres de la Santé de la France, la Suisse, l'Autriche, la Slovénie, la Croatie, frontaliers de l'Italie ainsi que l'Allemagne et l'Union européenne se sont réunis pour tenter de définir des "lignes d'action communes" face à l'épidémie, alors que les pays européens ont jusqu'ici réagi en ordre dispersé. La France a édicté une série de recommandations pour les personnes revenant du nord de l'Italie, en leur demandant notamment d'éviter "toute sortie non indispensable". Ces recommandations gouvernementales portent sur les 14 jours suivant le retour, durée jugée suffisante pour couvrir la période d'incubation du virus. L'épidémie de coronavirus "est à nos portes", a averti le ministre français Olivier Véran. "On ne ferme pas les frontières car ça n'aurait pas de sens". Tous les pays voisins de l'Italie "se sont engagés à garder ouvertes leurs frontières car les fermer serait une erreur et disproportionnée", a annoncé mardi le ministre de la Santé italien Roberto Speranza. Les ministres ont aussi décidé d'"évaluer au cas par cas" l'éventuelle annulation d'événements majeurs, selon un communiqué commun.Le Royaume-Uni a aussi demandé à ses ressortissants revenant de ces zones de rester isolés chez eux et de se faire connaître auprès des services de santé. Hors de Chine, la Corée du Sud reste le plus important foyer de l'épidémie: 144 nouveaux cas de contamination ont été recensés, portant à 977 le nombre de personnes infectées dans le pays, dont 10 décès. "La situation est très grave", a commenté le président sud-coréen Moon Jae-in lors d'une visite à Daegu, vêtu d'une combinaison de protection et d'un masque. "Nous parviendrons à remporter cette bataille contre le virus", a-t-il martelé.Le nouveau coronavirus a entraîné trois nouveaux décès en Iran, portant à 15 le nombre de personnes ayant succombé dans le pays, où le président Hassan Rohani a appelé au calme alors que des équipes sanitaires étaient déployées pour désinfecter les espaces publics. Le vice-ministre de la Santé Iraj Harirchi a affirmé dans une vidéo diffusée par la télévision d'Etat avoir été infecté par le nouveau coronavirus. "J'avais de la fièvre la nuit dernière et les tests préliminaires se sont révélés positifs vers minuit", affirme-t-il. "Je me suis isolé depuis (...) après mon dernier test, j'ai commencé un traitement". La veille, lors d'une conférence au cours de laquelle il avait toussé et paraissait transpirer, M. Harirchi avait démenti les propos d'un député de Qom faisant état de 50 morts des suites de l'épidémie de pneumonie virale dans sa ville du centre du pays d'où le virus est parti en Iran. Il avait promis de démissionner si ce chiffre était confirmé. Un homme de plus de 80 ans issu du paquebot de croisière Diamond Princess, placé en quarantaine par le Japon en raison du coronavirus, est également décédé. Il s'agit du 4e décès d'un passager alors que quelque 700 personnes sorties de ce bateau ont été déclarées positives au nouveau coronavirus. Quelque 3.700 personnes (passagers et membres d'équipage) se trouvaient à bord du Diamond Princess lorsque la croisière a tourné court après qu'un des voyageurs, débarqué à Hong Kong, a été confirmé positif. Désormais, les passagers sont sortis du Diamond Princess. Outre ceux hospitalisés, ils sont soit rentrés dans leur pays (pour une nouvelle quarantaine), soit à leur domicile ou dans un hôtel au Japon (si leur test était négatif) ou placés dans un centre d'accueil s'ils ont été en contact avec une personne testée positive.Cinq nouveaux pays ont également été touchés dans la seule journée de lundi (Afghanistan, Bahrein, Koweit, Irak, Oman). La maladie Covid-19 concerne désormais, Chine mise à part, plus d'une trentaine d'Etats.