Mais qui est donc le patient zéro ? Telle est l'énigme que doit résoudre l'Italie pour savoir qui est à l'origine des contaminations au nouveau coronavirus sur son sol et tenter de contenir la maladie qui a déjà touché plus de 200 personnes dans le nord du pays.

Fausse piste en Lombardie

En Lombardie, région italienne la plus touchée, tout semblait ramener à un dîner qui s'est tenu fin janvier entre le "patient 1", Mattia, un cadre de 38 ans qui ne révèle que son prénom, hospitalisé en soins intensifs et le probable "patient zéro", un de ses amis manager récemment rentré de Chine. Mais cette piste a rapidement dû être écartée sur la base des tests effectués sur ce dernier et qui ont montré qu'il n'avait pas développé d'anticorps, et n'avait donc jamais été en contact avec le virus, selon le ministère de la Santé.

La chasse à l'origine de l'infection a donc repris en Lombardie (région de Milan) et, à ce stade, il n'est pas à exclure que le patient zéro puisse être une personne déjà hospitalisée. "Il est très important de pouvoir identifier le soi-disant patient zéro, c'est pourquoi nous avons mis en place un cordon sanitaire très solide. Le trouver est essentiel car cela nous permettra de reconstruire la chaîne de contacts et les éventuelles contagions", a déclaré le chef de la Protection civile Angelo Borrelli.

OMS: se préparer à une "éventuelle pandémie"

Le directeur général de l'OMS a appelé lundi le monde à se préparer à une "éventuelle pandémie" du nouveau coronavirus, en jugeant "très préoccupante (...) l'augmentation soudaine" de nouveaux cas en Italie, en Corée du sud et en Iran.

"Nous devons nous concentrer sur l'endiguement (de l'épidémie, ndlr), tout en faisant tout notre possible pour nous préparer à une éventuelle pandémie", a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse à Genève. "Pour le moment, nous n'assistons pas à une propagation mondiale non contenue du coronavirus", a-t-il souligné. "Ce que nous voyons, ce sont des épidémies dans différentes parties du monde", a-t-il relevé.

L'épidémie a en revanche reculé en Chine, d'où a surgi le nouveau coronavirus fin décembre et où 77.000 personnes ont été contaminées depuis.

e, Reuters
e © Reuters

Énigme en Vénétie

Une enquête similaire a été menée près de Padoue, dans la région de Vo' Euganeo, qui est un second foyer d'infection en Italie du Nord. Ici, la piste épidémiologique semblait conduire jusqu'à un groupe de huit Chinois qui fréquentaient le même bar qu'un maçon de 78 ans, décédé vendredi. Mais les tests auxquels ils ont été soumis se sont là encore révélés négatifs. Tout est donc à refaire. Le patron de la région Vénétie Luca Zaia s'est dit "préoccupé" dimanche que le "patient zéro" n'ait pas encore été trouvé, ce qui prouve pour lui que "le virus est bien plus omniprésent que ce qu'on pensait", a-t-il expliqué.

L'impossibilité actuelle de cartographier avec certitude la propagation du virus Covid-19, ainsi que l'évolution de la contagion, représente un obstacle important pour contenir l'épidémie, selon les autorités sanitaires.

Deux régions, un "patient zéro" ?

Une nouvelle piste s'est ouverte lundi et qui pourrait expliquer les contaminations survenues dans les deux foyers d'infection de Lombardie et de Vénétie, régions qui totalisent 194 des 219 cas italiens, selon les médias. Elle conduit à un agriculteur de 60 ans, originaire d'Albettone, dans la province de Vicenza (Vénétie), et qui a appelé la pharmacie de Vo' Euganeo, à 15 km de là, se plaignant de symptômes de grippe, a raconté lundi à plusieurs médias le maire de Vo' Euganeo, Giuliano Martini.

L'homme, qui fréquentait régulièrement les bars de Vo' Euganeo, s'était rendu ces dernières semaines dans certains lieux de la région de Lodi, au sud de Milan et notamment à Codogno, foyer épidémique lombard. Il pourrait donc être le lien entre les deux zones touchées. "Nous ne savons pas s'il s'agit du patient zéro mais c'est une piste possible à suivre, il est donc juste de faire une vérification", a ajouté M. Martini.

"Inspecteur" algorithme

L'Agence régionale de la Santé de Milan (Asl), organisme régional public en charge de la politique de santé, a engagé une équipe de mathématiciens, physiciens et médecins pour définir un algorithme. Son but: calculer la probabilité que chaque patient ou l'un de ses proches soit le "patient zéro". L'outil mathématique devrait croiser les données concernant les personnes infectées et leur entourage pour tenter de retracer l'origine de l'infection.

Et les pays frontaliers?

"Le gouvernement italien a proposé une réunion avec les ministres de la Santé des pays frontaliers. L'objectif sera d'arriver à partager des lignes d'action communes", selon le communiqué publié à l'issue d'une réunion à laquelle ont participé notamment le Premier ministre Giuseppe Conte, le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio et le chef de la Protection civile Angelo Borrelli, ainsi que les présidents des régions les plus touchées. "Au cours de la rencontre ont été examinées toutes les questions relatives aux flux transfrontaliers et au contrôle des frontières aériennes, maritimes, terrestres et ferroviaires, y compris l'éventualité de rétablir les contrôles aux frontières en dérogation à Schengen (...) Il en ressorti que bien qu'il y ait une faisabilité juridique, il n'y a pas de faisabilité pratique pour une telle suspension".

., Reuters
. © Reuters

"Et de toute façon, une telle mesure ne garantirait aucune efficacité préventive", toujours selon le communiqué. Au cours de cette réunion, de nombreux présidents de Régions "ont manifesté leur inquiétude pour la mobilité des travailleurs italiens transfrontaliers".

Les recommandations de la France

La France a émis une série de recommandations pour les personnes revenant des deux régions italiennes touchées par le nouveau coronavirus, la Lombardie et la Vénétie, en leur demandant notamment d'éviter "toute sortie non indispensable".

Les enfants de retour de ces régions "ne doivent pas être envoyés à la crèche, à l'école, au collège ou au lycée", selon ces recommandations gouvernementales. Déjà en vigueur pour la Chine, ces recommandations ont été élargies aux deux provinces italiennes ainsi qu'à la Corée du Sud, où le nombre de personnes contaminées a fortement progressé ces derniers jours.

Mais qui est donc le patient zéro ? Telle est l'énigme que doit résoudre l'Italie pour savoir qui est à l'origine des contaminations au nouveau coronavirus sur son sol et tenter de contenir la maladie qui a déjà touché plus de 200 personnes dans le nord du pays.En Lombardie, région italienne la plus touchée, tout semblait ramener à un dîner qui s'est tenu fin janvier entre le "patient 1", Mattia, un cadre de 38 ans qui ne révèle que son prénom, hospitalisé en soins intensifs et le probable "patient zéro", un de ses amis manager récemment rentré de Chine. Mais cette piste a rapidement dû être écartée sur la base des tests effectués sur ce dernier et qui ont montré qu'il n'avait pas développé d'anticorps, et n'avait donc jamais été en contact avec le virus, selon le ministère de la Santé.La chasse à l'origine de l'infection a donc repris en Lombardie (région de Milan) et, à ce stade, il n'est pas à exclure que le patient zéro puisse être une personne déjà hospitalisée. "Il est très important de pouvoir identifier le soi-disant patient zéro, c'est pourquoi nous avons mis en place un cordon sanitaire très solide. Le trouver est essentiel car cela nous permettra de reconstruire la chaîne de contacts et les éventuelles contagions", a déclaré le chef de la Protection civile Angelo Borrelli.Une enquête similaire a été menée près de Padoue, dans la région de Vo' Euganeo, qui est un second foyer d'infection en Italie du Nord. Ici, la piste épidémiologique semblait conduire jusqu'à un groupe de huit Chinois qui fréquentaient le même bar qu'un maçon de 78 ans, décédé vendredi. Mais les tests auxquels ils ont été soumis se sont là encore révélés négatifs. Tout est donc à refaire. Le patron de la région Vénétie Luca Zaia s'est dit "préoccupé" dimanche que le "patient zéro" n'ait pas encore été trouvé, ce qui prouve pour lui que "le virus est bien plus omniprésent que ce qu'on pensait", a-t-il expliqué.L'impossibilité actuelle de cartographier avec certitude la propagation du virus Covid-19, ainsi que l'évolution de la contagion, représente un obstacle important pour contenir l'épidémie, selon les autorités sanitaires.Une nouvelle piste s'est ouverte lundi et qui pourrait expliquer les contaminations survenues dans les deux foyers d'infection de Lombardie et de Vénétie, régions qui totalisent 194 des 219 cas italiens, selon les médias. Elle conduit à un agriculteur de 60 ans, originaire d'Albettone, dans la province de Vicenza (Vénétie), et qui a appelé la pharmacie de Vo' Euganeo, à 15 km de là, se plaignant de symptômes de grippe, a raconté lundi à plusieurs médias le maire de Vo' Euganeo, Giuliano Martini.L'homme, qui fréquentait régulièrement les bars de Vo' Euganeo, s'était rendu ces dernières semaines dans certains lieux de la région de Lodi, au sud de Milan et notamment à Codogno, foyer épidémique lombard. Il pourrait donc être le lien entre les deux zones touchées. "Nous ne savons pas s'il s'agit du patient zéro mais c'est une piste possible à suivre, il est donc juste de faire une vérification", a ajouté M. Martini."Le gouvernement italien a proposé une réunion avec les ministres de la Santé des pays frontaliers. L'objectif sera d'arriver à partager des lignes d'action communes", selon le communiqué publié à l'issue d'une réunion à laquelle ont participé notamment le Premier ministre Giuseppe Conte, le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio et le chef de la Protection civile Angelo Borrelli, ainsi que les présidents des régions les plus touchées. "Au cours de la rencontre ont été examinées toutes les questions relatives aux flux transfrontaliers et au contrôle des frontières aériennes, maritimes, terrestres et ferroviaires, y compris l'éventualité de rétablir les contrôles aux frontières en dérogation à Schengen (...) Il en ressorti que bien qu'il y ait une faisabilité juridique, il n'y a pas de faisabilité pratique pour une telle suspension"."Et de toute façon, une telle mesure ne garantirait aucune efficacité préventive", toujours selon le communiqué. Au cours de cette réunion, de nombreux présidents de Régions "ont manifesté leur inquiétude pour la mobilité des travailleurs italiens transfrontaliers".