Le variant Delta du Covid-19 est à ce jour officiellement le variant dominant en Belgique. Il est responsable de plus de la moitié de toutes les infections, en hausse ces derniers jours. Les virologues s'attendent à ce que cette part atteigne 90 % d'ici la fin du mois de juillet. Les experts émettent leurs inquiétudes, ce variant se transmettant beaucoup plus facilement d'une personne à l'autre.
...

Le variant Delta du Covid-19 est à ce jour officiellement le variant dominant en Belgique. Il est responsable de plus de la moitié de toutes les infections, en hausse ces derniers jours. Les virologues s'attendent à ce que cette part atteigne 90 % d'ici la fin du mois de juillet. Les experts émettent leurs inquiétudes, ce variant se transmettant beaucoup plus facilement d'une personne à l'autre. Il faut surtout protéger rapidement du virus les 300.000 patients à haut risque qui attendent toujours leur deuxième dose de vaccin, avertit l'épidémiologiste Pierre Van Damme (UAntwerpen) dans De Morgen : "Les risques concernent surtout les personnes qui n'ont pas encore été complètement vaccinées : les trentenaires, les quadragénaires, les quinquagénaires. Ils peuvent en effet tomber gravement malades et risquer une hospitalisation". Il ajoute : "Il ne faut pas oublier qu'il y a encore beaucoup de patients à haut risque, atteints de diabète ou de maladies cardiovasculaires, qui attendent une deuxième dose. Ce n'est pas un petit groupe. Nous parlons de plus de 300.000 personnes." La protection contre Delta n'est que de 30 % avec une seule dose du vaccin Astra Zeneca. Après deux doses, ce pourcentage serait de 80 à 85 %. La mauvaise nouvelle venue d'une nouvelle étude israélienne est que la vaccination complète avec le vaccin Pfizer ne protégerait que de 70 % contre Delta. En attendant, les centres de vaccination fonctionnent à plein régime dans le Royaume. En Flandre, près de 800.000 personnes seront vaccinées cette semaine. A Bruxelles, par contre, le cap des 70% de la population vaccinée à Bruxelles estimé nécessaire pour venir à bout de la pandémie de Covid ne sera pas atteint d'ici la semaine prochaine, contrairement à ce qui avait été espéré.Ce mercredi, les ministres de la Santé publique discuteront également des modalités de vaccination pour les jeunes de 12 à 15 ans. Ces efforts seront-ils suffisants pour repousser Delta ? Sa progression est déjà visible un peu partout en Europe dans les chiffres de l'épidémie, en hausse ces derniers jours, même si l'augmentation s'explique en grande partie par le fait que davantage de tests ont été effectués pendant cette période de départ en vacances. "La tendance n'est plus à la baisse, et nous le constatons également dans le reste de l'Europe", constate dans De Morgen le biostatisticien Geert Molenberghs (UHasselt/KU Leuven). C'est le cas en effet en Espagne, qui craint une cinquième vague. Un mois après la fin des mesures restrictives, l'épidémie connaît un énième sursaut en Catalogne, région touristique par excellence. Toutes les courbes sont à la hausse. On peut même parler de flambée si on regarde le nombre de nouveaux cas (+13% pour la région et +17% pour Barcelone) et les hospitalisations (+21% en 10 jours). Rien que samedi, 5379 personnes ont été testées positives. Un autre chiffre inquiétant est le taux de reproduction qui est de 2.5, ce qui concrètement veut dire que 100 personnes contaminées vont en infecter environ 250 autres.La recrudescence des cas inquiète aussi au Portugal. Un couvre-feu nocturne est à nouveau d'application dans 45 communes portugaises, dont Porto et Lisbonne. Les cafés et restaurants doivent tirer le volet à 22h30 en semaine et 15h30 le week-end. La mesure vise à contrer le rebond de l'épidémie. Côté vaccination, plus de 50% de la population portugaise a déjà reçu une première injection et 32% est complètement vaccinée, selon les données de la Direction générale de santé (DGS).L'infectiologue et présidente du GEMS, Erika Vlieghe, considère d'ailleurs la situation sanitaire du Portugal tout aussi préoccupante que celle de l'Inde, du Brésil et de l'Afrique du Sud. La bonne nouvelle, c'est que les hospitalisations restent limitées pour l'instant. Si le variant Delta est plus contagieux, il ne semble pas provoquer de forme grave de la maladie et n'exerce pas de pression sur les structures hospitalières."Nous ne verrons pas un pic aussi élevé qu'en octobre ou novembre. Mais dans les pays où les taux d'infection sont en forte hausse, comme le Royaume-Uni et le Portugal, nous constatons désormais un plus grand nombre d'hospitalisations", indique Geert Molenberghs. Le cas du Royaume-Uni rassure quelque peu à ce niveau. Les dernières données indiquent que les contaminations vont continuer à augmenter à mesure que les restrictions sont levées "mais le lien avec les hospitalisations et les décès est affaibli" grâce à la vaccination, a annoncé le gouvernement. Se reposant sur la "responsabilité individuelle" de chacun, le Premier ministre Boris Johnson a annoncé la fin du port du masque et de la distanciation sociale en Angleterre dès le 19 juillet, ainsi que la levée des principales restrictions liées au virus. Des mesures critiquées par certains observateurs vu la situation épidémiologique qui n'est pas stabilisée. En France, les chiffres repartent également à la hausse ces derniers jours. Si bien que le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué qu'une quatrième vague de l'épidémie de coronavirus pourrait frapper le pays dès la fin juillet du fait de la propagation du variant Delta, qui représente désormais un tiers des cas positifs dans l'Hexagone. "La menace du variant Delta est réelle et elle pourrait venir gâcher notre été. Il y a une menace potentielle de reprise de l'épidémie dès cet été", a affirmé le ministre de la Santé.