L'initiative lancée en 1995 est à lier au 20 mars, journée internationale de la francophonie. La thématique commune pour 2018 est l'oralité et le bonheur de dire. Parmi les 10 mots choisis en 2018, il y a notamment ohé, jactant et volubile.

"L'objectif n'est pas de s'attacher à la maîtrise du français, mais plutôt aux représentations que nous avons de notre langue", explique Nathalie Marchal, directrice de la direction de la langue française à la Fédération Wallonie-Bruxelles. "On s'attaque à des préjugés tenaces chez le francophone, qui empêcheraient une appropriation du français par tous". Elle cite par exemple l'idée que le français, langue de la culture, ne pourrait pas s'adapter à la modernité alors qu'au contraire elle est l'instrument vivant de ses locuteurs et défend que la langue française appartient autant aux Québécois qu'aux Français et que sa richesse vient de sa diversité. "On profite de cette opération pour mettre en avant un objectif de politique linguistique", continue Nathalie Marchal. "L'objectif d'équité poursuivi en voulant rendre plus visibles les femmes avec l'écriture inclusive entre en conflit avec la question de la lisibilité des textes et l'accessibilité de la langue au plus grand nombre. (...) Le masculin épicène ne doit pas être confondu avec un genre dominant. C'est un mécanisme d'économie de la langue comme elle en a beaucoup d'autres. Quand on dit "la girafe", cela comporte aussi des individus masculins".

Watermael-Boitsfort avait déjà été choisie comme ville des mots en 2003. "La parole peut être chantée, slamée... ", remarque Joëlle Verboomen, coordinatrice de projets pour les bibliothèques et ludothèques de la commune. "On a voulu donner la parole aux habitants. Tous les jours, des activités sont prévues. Laurence Vielle (ancienne poétesse nationale) va circuler dans la commune en caravane pour recueillir la parole des habitants et dire des poèmes. Elle a créé un hymne qui clôturera dimanche la semaine de la langue française en fête".