Ce 1er mai, une deuxième "Boum" est attendue au Bois de la Cambre. Facebook a supprimé jeudi la page, deux jours avant l'évènement. Après discussion avec le parquet de Bruxelles, le réseau social a décidé d'accéder à la demande de la police. "Les autorités locales nous ont informés que cette page événementielle n'était pas conforme aux exigences légales actuelles en matière de Covid-19. ", a précisé le porte-parole de Facebook. Mais la suppression de l'évènement Facebook ne signifie pas l'annulation de l'évènement lui-même. D'autant qu'un nouvel événement Facebook a été créé, avec pour l'instant plus de mille "participants".
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Ce 1er mai, une deuxième "Boum" est attendue au Bois de la Cambre. Facebook a supprimé jeudi la page, deux jours avant l'évènement. Après discussion avec le parquet de Bruxelles, le réseau social a décidé d'accéder à la demande de la police. "Les autorités locales nous ont informés que cette page événementielle n'était pas conforme aux exigences légales actuelles en matière de Covid-19. ", a précisé le porte-parole de Facebook. Mais la suppression de l'évènement Facebook ne signifie pas l'annulation de l'évènement lui-même. D'autant qu'un nouvel événement Facebook a été créé, avec pour l'instant plus de mille "participants".Difficile de dire s'il aura plus ou moins de succès que son prédécesseur. Plus de 28.000 personnes suivaient l'événement, dont 8 à 9.000 avaient déclaré participer. La page Facebook "L'Abîme Team", qui compte un peu plus de 5.600 abonnés, est quant à elle toujours active. Le 1er avril, une première "Boum", considérée alors comme un canular, avait rassemblé au Bois de la Cambre entre 1.500 et 2.000 personnes, selon l'estimation de la police, qui avait fait usage de la force pour disperser les participants. Le collectif L'Abîme a organisé une seconde fête le 2 avril et a repris à son compte le nom "La Boum" pour le 1er mai.Attend-on le même type de participants qu'en avril ? Le porte-parole de L'Abîme ne souhaite pas poser d'étiquette sur les membres de son collectif, créé "pour permettre aux jeunes de renouer avec la fête en extérieur malgré la pandémie amenée à durer". Quant aux participants, il défend qu'il n'y a pas eu de recherche suffisamment poussée pour parler de 'convergence des extrêmes', comme cela a été fait ces derniers jours dans les médias. Il ajoute qu'une source mentionnée dément avoir fait état de la présence d'extrémistes ou autres anciens paracommandos. "Sur base des statistiques Facebook, le public avait plutôt au départ dans les 25 ans et comptait une plus large majorité de femmes. Il a vieilli par la suite en montant au-dessus de 35 ans, avec un peu plus d'hommes. On a des jeunes adultes qui ont besoin de vie sociale. Parler d'extrêmes et de personnes dangereuses, c'est ajouter de la peur à la peur. Cela va dissuader les gens pacifiques de venir, mais aussi attirer des gens violents. Cette image d'affrontements avec la police, donnée à la Boum du 1er avril, a attiré des jeunes casseurs le 2 avril. Mais, bien sûr que je ne peux pas assurer que dans un rassemblement de plusieurs centaines voire quelques milliers de personnes, il n'y aura pas une personne d'extrême droite ou d'extrême gauche", a-t-il fait valoir, appelant la police à encadrer l'événement de samedi, plutôt qu'à le réprimer.Mais selon la ministre de l'Intérieur, le profil des participants à la Boum 2 semble bien changer. "Depuis le lancement de cet appel à la Boum 2, le profil des participants semble évoluer", explique Annelies Verlinden, sans en dire plus. "Les autorités et services de police sont au courant que des rassemblements et mouvements divers risquent d'avoir lieu dans toute la ville", d'autant que le 1er mai est toujours une journée chargée en manifestations à Bruxelles: une dizaine d'événements sont déjà prévus. Annelies Verlinden s'est entretenue avec le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close. L'organisation de la Boum 2 n'a pas fait l'objet d'une demande d'autorisation ni de dérogation aux mesures sanitaires, a précisé la ministre.La Ville de Bruxelles mènera en première ligne une opération de prévention en recourant à ses stewards ainsi qu'à des annonces de dissuasion sur les réseaux sociaux. La police locale épaulée par la police fédérale est prête à intervenir en deuxième ligne le cas échéant. "Le bourgmestre tient à ajouter que Bruxelles est toujours attentive au droit à la liberté d'expression et que la capitale est un lieu de détente. Mais si vous venez à Bruxelles pour semer le chaos et provoquer la police, alors la police interviendra", a précisé sa porte-parole Maïté Van Rampelbergh.La ministre a répété sa désapprobation à l'égard d'un tel événement qu'elle juge "irresponsable" et "irrespectueux" aussi bien de la situation sanitaire que des soignants mobilisés chaque jour dans les hôpitaux et des citoyens qui respectent les mesures sanitaires. "En sommes-nous venus à placer nos plaisirs individualistes au-dessus de l'intérêt général?" a-t-elle ajouté. Interrogé par DH Radio, Thierry Belin, secrétaire national du syndicat policier SNPS, n'est pas confiant : "Nous craignons que ça tourne au massacre comme la dernière fois. (...) Certains casseurs profitent de ce genre d'événements démocratiques pour se joindre à la manifestation et casser du flic."De son côté, le mouvement citoyen "Trace ton cercle", qui mène depuis plusieurs mois des actions pacifiques pour tenter d'attirer l'attention du gouvernement sur la situation des jeunes, appelle les autorités bruxelloise et fédérale "à sortir de leur posture répressive " et à aller "à la rencontre des jeunes là où ils seront"."Il n'y a, dans les déclarations récentes de la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden ou du bourgmestre de Bruxelles Philippe Close, pas beaucoup d'empathie vis-à-vis de la jeunesse. Aucune écoute des frustrations et du mal-être que celle-ci exprime. Or, nous aimerions voir, dans l'État de droit dans lequel nous vivons et votons, un dialogue constructif et une planification réfléchie", écrit le mouvement dans un communiqué. "Nous avons plus l'impression de voir de l'intimidation et un discours répressif. Décider d'une démonstration de force disproportionnée face à des jeunes qui se retrouvent paisiblement est une responsabilité politique", ajoute-t-il. "Il ne s'agit pas ici de contester le bien-fondé des mesures contre la propagation du virus mais de défendre quelque chose de plus important encore: la santé mentale des jeunes, enjeu de santé au moins aussi important à nos yeux que la lutte contre le virus et totalement ignoré pendant plus de six mois", poursuit le collectif. "Il est de votre responsabilité d'encadrer les évènements et d'assurer la sécurité de tous, y compris celle des participants. Pas de canon à eau, pas de cavalerie contre les jeunes qui seront là de manière pacifique et festive, mais un dialogue", conclut le mouvement.